lundi 26 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de La Réunion |
| Section | Tribunal Administratif de La Réunion |
| N° Dossier | TA101-2100573 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre bis |
| Avocat requérant | LOMARI LAURA-EVA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 5 mai 2021, 23 septembre 2022 et 16 novembre 2022, M. C A, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 8 mars 2021 par lequel le maire de la Plaine des Palmistes s'est opposé à sa déclaration préalable tendant à l'installation d'un conteneur maritime sur une parcelle cadastrée 406 AO 200 située au n°37 de la rue Luc Boyer ;
2°) d'enjoindre au maire de faire droit à sa demande.
Il soutient que l'avis de la commission départementale de préservation des espaces naturels, agricoles et forestiers (CDPENAF) sur lequel est fondé l'arrêté est entaché d'une erreur d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 octobre 2022, la commune de la Plaine des Palmistes, représentée par Me Lomari, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge du requérant une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par la partie requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code rural et de la pêche maritime ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Felsenheld, premier conseiller,
- les conclusions de M. Sauvageot, rapporteur public,
- les observations de M. A ;
- et les observations de Me Lomari pour la commune de la Plaine des Palmistes.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 8 mars 2021 le maire de la Plaine des Palmistes s'est opposé à la déclaration préalable présentée par M. A tendant à l'installation d'un conteneur maritime de 14 m2 sur une parcelle cadastrée 406 AO 200 située au n°37 de la rue Luc Boyer au motif que la commission départementale de préservation des espaces naturels, agricoles et forestiers (CDPENAF) avait rendu, le 24 février 2021, un avis défavorable sur le projet. Par la présente requête M. A demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. D'une part, aux termes de l'article L. 181-12 du code rural et de la pêche maritime : " () à La Réunion () tout projet d'opération d'aménagement et d'urbanisme ayant pour conséquence la réduction des surfaces naturelles, des surfaces agricoles et des surfaces forestières dans les communes disposant d'un document d'urbanisme () doit faire l'objet d'un avis favorable de la commission mentionnée à l'article L. 181-10. / () / Dans les délais et conditions définis au code de l'urbanisme, la commission se prononce sur ces projets au regard de l'objectif de préservation des terres agricoles en prenant en compte l'ensemble des critères suivants : / 1° Les objectifs d'intérêt général du projet ; / 2° Les potentialités agronomiques et environnementales des terres agricoles ; / 3° Les réserves de constructibilité existant dans les zones urbaines ou à urbaniser de la commune considérée et des communes limitrophes ; / 4° La possibilité de solutions alternatives. ". Selon l'article L. 181-10 de ce code : " Pour son application () à La Réunion () l'article L. 112-1-1 est ainsi rédigé : / () Il est créé une commission départementale de la préservation des espaces naturels, agricoles et forestiers () ". Il résulte de ces dispositions que, lorsqu'un projet d'opération d'aménagement et d'urbanisme a pour conséquence de réduire les surfaces naturelles, agricoles ou forestières, le maire ne peut en autoriser la réalisation par la délivrance d'un permis de construire qu'après avoir recueilli l'avis favorable de B.
3. D'autre part, aux termes de l'article A.1.2 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune : " A l'exception de ceux visés à l'article A.2.2, sont interdits les constructions, ouvrages et travaux non nécessaires à une exploitation agricole () ". Aux termes de l'article A.2.2 du même document : " Sont admis sous conditions : / () / 5. Les constructions et installations nécessaires à l'exploitation agricole ".
4. En l'espèce, pour émettre un avis défavorable à la demande présentée par M. A B a retenu, le 24 février 2021, que la nécessité pour l'exploitation de l'installation projetée n'était pas démontrée, ainsi que l'aspect pérenne de l'exploitation. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que M. A justifie d'une autorisation d'exploiter, délivrée le 13 octobre 2015 par le préfet de La Réunion, un terrain d'une superficie de 2, 24 hectares. Le requérant exploite actuellement 4 000 m 2 de son terrain pour de l'arboriculture fruitière et souhaite étendre son activité à l'élevage de poulets et à l'implantation d'un verger de goyaviers en agriculture biologique. Il ressort de ces mêmes pièces que si M. A dispose déjà sur sa parcelle d'un local agricole de 113 m2 composé d'un poulailler et d'un espace d'abattage, son exploitation nécessite un espace supplémentaire situé hors de ce local afin de stocker les graines destinées à l'alimentation des poulets. En effet, le requérant justifie de la nécessité, pour des motifs liés à la sécurité sanitaire, de stocker ses graines dans un local séparé de celui abritant les poulets et de l'obligation d'avoir recours à un local fermé et abrité pour protéger les graines des intempéries et des vols. En outre, le requérant démontre l'existence d'un besoin d'avoir recours à un local d'une dimension suffisante pour stocker un important volume de graines en raison des conditions de distribution particulières des graines destinées aux poulets issus de l'agriculture biologique. Par suite, M. A est fondé à soutenir qu'en retenant que l'installation d'un conteneur de 14 m2 n'était pas nécessaire à son exploitation l'avis de B est entaché d'une erreur d'appréciation.
5. Il résulte de tout ce qui précède que M. A est fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 8 mars 2021 du maire de la Plaine des Palmistes.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. Lorsque le juge annule une opposition à une déclaration après avoir censuré l'ensemble des motifs que l'autorité compétente a énoncés dans sa décision conformément aux prescriptions de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme ainsi que, le cas échéant, les motifs qu'elle a pu invoquer en cours d'instance, il doit, s'il est saisi de conclusions à fin d'injonction, ordonner à l'autorité compétente de prendre une décision de non-opposition. Il n'en va autrement que s'il résulte de l'instruction soit que les dispositions en vigueur à la date de la décision annulée, qui, eu égard aux dispositions de l'article L. 600-2 du code de l'urbanisme, demeurent applicables à la demande, interdisent de l'accueillir pour un motif que l'administration n'a pas relevé, ou que, par suite d'un changement de circonstances, la situation de fait existant à la date du jugement y fait obstacle.
7. Il résulte de ce qui précède que l'unique motif opposé à M. A pour rejeter sa demande est illégal. La commune n'invoque pas d'autres motifs à l'instance. Il ne résulte pas de l'instruction qu'un autre motif que l'administration n'a pas relevé ou qu'un changement de circonstances ferait obstacle à ce que le maire prenne une décision de non-opposition à la déclaration préalable présentée par le requérant. Par suite, il est enjoint au maire de prendre une décision de non-opposition à déclaration préalable, dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés à l'instance :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. A, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la commune réclame au titre des frais liés au litige.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 8 mars 2021 par lequel le maire de la Plaine des Palmistes s'est opposé à la déclaration préalable de M. A est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au maire de prendre une décision de non-opposition à déclaration préalable, dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Les conclusions présentées par la commune de la Plaine des Palmistes sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et à la commune de la Plaine des Palmistes.
Délibéré après l'audience du 12 juin 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Bauzerand, président,
- M. Caille, premier conseiller,
- M. Felsenheld, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 juin 2023.
Le rapporteur,Le président,
R. FELSENHELDCh. BAUZERAND
Le greffier,
D. CAZANOVE
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026