mardi 20 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de La Réunion |
| Section | Tribunal Administratif de La Réunion |
| N° Dossier | TA101-2100834 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SELARL MILLANCOURT-ANDRE ROBERT & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 1er juillet 2021, Mme B A, représentée par Me Spera, doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) de prononcer la décharge totale ou partielle, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu mises à sa charge au titre des années 2012 à 2016 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'administration ne lui a pas communiqué les bases ou éléments servant au calcul des impositions d'office trente jours au moins avant la mise en recouvrement des impositions, au moyen d'une notification qui précise les modalités de leur détermination ;
- le recours à la procédure d'imposition d'office est irrégulier dès lors qu'elle a bien déposé ses déclarations de revenus dans la boîte aux lettres des services de l'administration fiscale ;
- les bases d'imposition reconstituées par l'administration sont exagérées.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 janvier 2022, le directeur régional des finances publiques de La Réunion conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- les conclusions à fin de décharge des cotisations d'impôt sur le revenu au titre des années 2012 à 2014 sont irrecevables dès lors que la réclamation fiscale s'agissant de ces années d'imposition a été présentée tardivement ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par un courrier du 28 octobre 2022, les parties ont été informées du calendrier prévisionnel d'instruction conformément aux dispositions de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative.
Par une ordonnance du 21 décembre 2022, l'instruction a été clôturée le jour même.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Le Merlus,
- les conclusions de Mme Baizet, rapporteure publique,
- les parties n'étant ni présentes et ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. En l'absence de déclaration de ses revenus de 2012 à 2016 malgré plusieurs mises en demeure retournées au service avec la mention " pli avisé et non réclamé ", Mme B A s'est vu notifier, selon la procédure d'évaluation d'office, des rehaussements en matière de bénéfices non commerciaux le 15 décembre 2015 au titre de l'année 2012 et le 27 juin 2016 au titre des années 2013 et 2014. Les impositions correspondantes ont été mises en recouvrement le 31 octobre 2016. L'administration fiscale lui a également notifié des rehaussements en matière de bénéfices non commerciaux, selon la procédure d'évaluation d'office, le 12 novembre 2018 au titre des années 2015 et 2016. Les impositions correspondantes ont été mises en recouvrement le 31 janvier 2019. Mme A sollicite la décharge des impositions ainsi mises à sa charge.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :
2. Aux termes de l'article R. 196-1 du livre des procédures fiscales : " Pour être recevables, les réclamations relatives aux impôts autres que les impôts directs locaux et les taxes annexes à ces impôts, doivent être présentées à l'administration au plus tard le 31 décembre de la deuxième année suivant celle, selon le cas : / a) De la mise en recouvrement du rôle ou de la notification d'un avis de mise en recouvrement ; / () ".
3. Il résulte de l'instruction que les cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu au titre des années 2012, 2013 et 2014 ont été mises en recouvrement par voie de rôles supplémentaires le 31 octobre 2016. Dès lors, la requérante pouvait introduire sa réclamation préalable jusqu'au 31 décembre de la deuxième année suivant celle de la mise en recouvrement du rôle, soit jusqu'au 31 décembre 2019. La réclamation préalable est donc tardive. Dès lors, il y a lieu d'accueillir la fin de non-recevoir opposée par l'administration fiscale tirée de la tardiveté de la requête. Par suite, les conclusions de Mme A aux fins de décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu mises à sa charge au titre des années 2012 à 2014 sont irrecevables et doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin de décharge des cotisations d'impôt sur le revenu auxquelles Mme A a été assujettie au titre des années 2015 à 2016 :
En ce qui concerne la régularité de la procédure d'imposition :
4. Aux termes de l'article L. 73 du livre des procédures fiscales : " Peuvent être évalués d'office : () 2° Le bénéfice imposable des contribuables qui perçoivent des revenus non commerciaux ou des revenus assimilés lorsque la déclaration annuelle prévue à l'article 97 du code général des impôts n'a pas été déposée dans le délai légal () Les dispositions de l'article L. 68 sont applicables dans les cas d'évaluation d'office prévus aux 1° et 2°. ". Aux termes de l'article L. 68 du livre des procédures fiscales : " La procédure de taxation d'office () n'est applicable que si le contribuable n'a pas régularisé sa situation dans les trente jours de la notification d'une mise en demeure () ".
5. D'une part, il résulte de l'instruction que l'administration a notifié à Mme A, le 12 novembre 2018, des rehaussements, selon la procédure d'évaluation d'office, en matière de bénéfices non commerciaux tirés de son activité d'infirmière libérale au titre des années 2015 et 2016. Cette notification, qui précise les modalités de détermination des bases d'imposition et en arrête le montant, a été adressée au lieu de l'exercice de son activité professionnelle et est revenue au service avec la mention " pli avisé et non réclamé ". En outre, les impositions visées par la notification n'ont été mises en recouvrement que le 31 janvier 2019, soit plus de trente jours après la notification des bases d'imposition. Par suite, le moyen tiré de ce que l'administration ne lui aurait pas communiqué les bases ou éléments servant au calcul des impositions d'office trente jours au moins avant la mise en recouvrement des impositions, au moyen d'une notification qui précise les modalités de leur détermination, doit être écarté.
6. D'autre part, il résulte de l'instruction que Mme A n'a pas déposé les déclarations de résultats qu'elle était tenue de souscrire au titre des deux années en litige dans les délais qui lui étaient impartis, ni n'a, en tout état de cause, répondu dans les délais aux mises en demeure de produire ces déclarations, adressées le 5 octobre 2018 et revenues au service avec le pli " avisé et non réclamé ". Si elle soutient avoir déposé ses déclarations dans la boîte aux lettres des services de l'administration fiscale, elle n'en apporte pas la preuve. En outre, la circonstance qu'elle a joint ces déclarations à sa réclamation contentieuse est sans incidence sur la régularité de la procédure d'évaluation d'office de ses bénéfices non commerciaux. Il s'ensuit que le moyen tiré de l'irrégularité du recours à la procédure d'évaluation d'office doit également être écarté.
En ce qui concerne le bien-fondé de l'imposition :
7. Aux termes de l'article L. 193 du même livre : " Dans tous les cas où une imposition a été établie d'office la charge de la preuve incombe au contribuable qui demande la décharge ou la réduction de l'imposition. ". Aux termes de l'article R. 193-1 du même livre : " Dans le cas prévu à l'article L. 193 le contribuable peut obtenir la décharge ou la réduction de l'imposition mise à sa charge en démontrant son caractère exagéré. ". Il résulte donc de ce qui précède que la preuve du caractère exagéré des impositions supplémentaires ainsi mises à la charge de Mme A incombe à cette dernière.
8. Aux termes de l'article 12 du code général des impôts : " L'impôt est dû chaque année à raison des bénéfices ou revenus que le contribuable réalise ou dont il dispose au cours de la même année. ". Aux termes de l'article 92 du même code : " 1. Sont considérés comme provenant de l'exercice d'une profession non commerciale ou comme revenus assimilés aux bénéfices non commerciaux, les bénéfices des professions libérales, des charges et offices dont les titulaires n'ont pas la qualité de commerçants et de toutes occupations, exploitations lucratives et sources de profits ne se rattachant pas à une autre catégorie de bénéfices ou de revenus. () ".
9. Pour évaluer les bénéfices non commerciaux de Mme A en l'absence de déclarations de revenus, le service a utilisé les montants repris sur les relevés SNIR (Système National Inter Régime) issus de la caisse générale de la sécurité sociale et leur a appliqué une quote-part des charges à hauteur de 30 %. Pour établir le caractère exagéré des impositions mises à sa charge au titre de la période considérée, Mme A se contente de produire des déclarations 2035 non datées. Cependant, ces déclarations qui ne sont accompagnées d'aucun document comptable et d'aucune pièce justificative de nature à étayer le montant des recettes et des charges qui y sont mentionnées ne peuvent être utilement opposées aux estimations de l'administration. Dans ces conditions, la requérante, à qui incombe la charge de la preuve, n'établit pas que la méthode de reconstitution de son chiffre d'affaires appliquée par l'administration serait radicalement viciée dans son principe ou excessivement sommaire. En outre, elle ne se prévaut d'aucune méthode alternative propre à conduire à une évaluation de ses recettes plus précise que celle résultant de la méthode utilisée par le vérificateur et ne présente aucun élément suffisamment précis et probant permettant de démontrer que les bases retenues sont exagérées et ne correspondent pas aux conditions réelles d'exploitation de son activité.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par Mme A à fins de décharge des cotisations d'impôt sur le revenu mises à sa charge au titre des années 2015 et 2016 doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions présentées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au directeur régional des finances publiques de La Réunion.
Délibéré après l'audience du 6 février 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Khater, présidente,
M. Banvillet, premier conseiller.
M. Le Merlus, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe du tribunal le 20 février 2024.
Le rapporteur,
T. LE MERLUS
La présidente,
A. KHATER
La greffière,
E. POINAMBALOM
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique de la France en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026