mercredi 17 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de La Réunion |
| Section | Tribunal Administratif de La Réunion |
| N° Dossier | TA101-2100943 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | LE PORT - AWEN AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 23 juillet 2021, 7 juillet et 4 octobre 2022, Mme C F, Mme E B et Mme A D demandent au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le maire de Saint-Paul a refusé de dresser des procès-verbaux d'infractions au code de l'urbanisme pour défaut de permis de construire à l'encontre des sociétés Hélilagon et Corail Hélicoptères ;
2°) d'enjoindre au maire de la commune de dresser des procès-verbaux dans un délai de trente jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elles soutiennent que :
- la décision méconnaît les dispositions de l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elle méconnaît les articles L. 480-1, L. 480-5 et L. 610-1 du code de l'urbanisme qui font obligation à l'autorité administrative compétente de constater les infractions au code de l'urbanisme et au plan local d'urbanisme de la commune.
Par des mémoires en intervention enregistrés les 14 janvier, 6 juillet et 6 octobre 2022, l'association de défense des résidents du département de La Réunion - Kolair 974, représentée par son président M. G H, demande au tribunal de faire droit aux conclusions de la requête et de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par des mémoires en défense enregistrés les 2 juin et 9 septembre 2022, la commune de Saint-Paul, représentée par Me Gaspar, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge des requérantes et de M. G H une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir, dans le dernier état de ses écritures, que :
- les requérantes ne justifient pas d'un intérêt à agir au regard de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme ;
- l'association de défense des résidents du département de La Réunion - Kolair 974 n'a pas intérêt à intervenir, dès lors qu'elle a été créée après l'introduction de la requête et dans le seul but d'obtenir l'annulation de la décision litigieuse ;
- les conclusions en tant qu'elles sont dirigées contre le refus de dresser un procès-verbal de constat à l'encontre de la société Corail Hélicoptères sont irrecevables, dès lors qu'un procès-verbal a été dressé le 7 juin 2018 par les services du préfet ;
- en tout état de cause, les moyens soulevés par la partie requérante ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 septembre 2022, la société par actions simplifiée (SAS) Hélilagon, représentée par Me Le Port, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 500 euros soit mise à la charge des requérantes et de l'association intervenante.
Elle fait valoir que :
- les requérantes ne justifient pas d'un intérêt à agir suffisamment direct, dès lors que les nuisances dont elles se plaignent ne sont pas en lien direct avec l'irrégularité alléguée des constructions ;
- en tout état de cause, les moyens ne sont pas fondés.
La procédure a été communiquée à la société Corail Hélicoptères et au préfet de La Réunion qui n'ont pas produit d'observations.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Felsenheld, premier conseiller,
- les conclusions de M. Sauvageot, rapporteur public,
- les observations de Me Garnier substituant Me Gaspar, représentant la commune de Saint-Paul ;
- et les observations de Me Cloix, représentant la société Corail Hélicoptères.
Considérant ce qui suit :
1. Par un courrier, reçu le 6 avril 2021, Mme C F, Mme E B et Mme A D ont demandé au maire de Saint-Paul de dresser des procès-verbaux constatant la présence de constructions irrégulières édifiées, d'une part, sur l'emprise de l'hélistation de l'Ermitage exploitée par la société Corail Hélicoptères située en zone agricole à proximité de la route des Tamarins au niveau de l'échangeur de Villèle (parcelles cadastrées DK 586 et 587) et, d'autre part, sur celle de l'hélistation exploitée par la société Hélilagon située en zone naturelle en bordure de la savane du Cap Lahoussaye à proximité du quartier de l'Eperon (parcelles cadastrées CW 167 et 700). Par la présente requête, les requérantes demandent au tribunal d'annuler la décision implicite de rejet née du silence gardé par le maire sur cette demande.
Sur la fin de non-recevoir opposée par la société Hélilagon en défense :
2. Aux termes de l'article L. 480-1 du code de l'urbanisme : " () / Lorsque l'autorité administrative et, au cas où il est compétent pour délivrer les autorisations, le maire ou le président de l'établissement public de coopération intercommunale compétent ont connaissance d'une infraction de la nature de celles que prévoient les articles L. 480-4 et L. 610-1, ils sont tenus d'en faire dresser procès-verbal. / () ". Aux termes de l'article R. 421-3 du même code : " Sont dispensés de toute formalité au titre du présent code, en raison de leur nature, sauf lorsqu'ils sont implantés dans le périmètre d'un site patrimonial remarquable ou dans les abords des monuments historiques : / () / b) Tous les ouvrages d'infrastructure terrestre, maritime, fluviale, portuaire ou aéroportuaire ainsi que les outillages, les équipements ou les installations techniques directement liés à leur fonctionnement, à leur exploitation ou au maintien de la sécurité de la circulation maritime, fluviale, ferroviaire, routière ou aérienne. "
3. Il ressort des pièces du dossier que les requérantes qui habitent à plusieurs kilomètres des deux hélistations en cause, mais qui se plaignent des nuisances sonores liées aux trajets empruntés quotidiennement par des hélicoptères, contestent le refus du maire de Saint-Paul de constater l'illégalité des constructions de superstructure (bureaux, hangars et réservoirs) présentes sur les emprises des hélistations concernées, c'est-à-dire les constructions situées au-dessus du sol, dont les pistes de décollage et d'atterrissage ne font pas partie. Toutefois, l'intérêt invoqué par les requérantes, à savoir les troubles liés au bruit des appareils, ne présente pas de lien suffisamment direct avec l'illégalité alléguée de ces constructions au regard de la règlementation de l'urbanisme. Par suite, la société Hélilagon est fondée à soutenir que les requérantes ne justifient pas d'un intérêt à agir, celui-ci ne pouvant pas, par ailleurs, résulter de la seule circonstance qu'elles ont présentées une demande non satisfaite par l'autorité administrative.
4. Il résulte de ce qui précède que la requête est irrecevable et doit être rejetée, ainsi que par voie de conséquence l'intervention de l'association de défense des résidents du département de La Réunion - Kolair 974 dont la recevabilité est subordonnée à celle de la requête.
Sur les frais liés à l'instance :
5. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge des requérantes le versement des sommes demandées par la commune de Saint-Paul et la société Hélilagon au titre des frais de justice.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme F et autres est rejetée.
Article 2 : L'intervention de l'association de défense des résidents du département de La Réunion - Kolair 974 est rejetée.
Article 3 : Les conclusions de la commune de Saint-Paul et de la société Hélilagon présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme C F, première dénommée de la requête, à l'association de défense des résidents du département de La Réunion - Kolair 974, à la commune de Saint-Paul, à la SAS Hélilagon, à la SAS Corail Hélicoptères et au préfet de La Réunion.
Délibéré après l'audience du 17 juin 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Bauzerand, président,
- M. Felsenheld, premier conseiller,
- Mme Beddeleem, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 juillet 2024.
Le rapporteur,Le président,
R. FELSENHELDCh. BAUZERAND
Le greffier,
D. CAZANOVE
La République mande et ordonne au préfet de La Réunion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026