mercredi 17 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de La Réunion |
| Section | Tribunal Administratif de La Réunion |
| N° Dossier | TA101-2101031 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 6 août 2021, le 15 mai 2022, le 14 décembre 2023 et le 26 janvier 2024, l'exploitation agricole à responsabilité limitée (EARL) Domaine de La Saline, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté n°2021-AE-642 du 8 juin 2021 par lequel le préfet de La Réunion a refusé de lui accorder une autorisation d'exploiter sur la moitié des parcelles 15ES0001, 15ES0002, 15ES00026, 15EL0002, 15EL0005, 15EM0039, 15ET0585, 15EL0441, 15EK0040, 15EK0453 et 15ER0220, situées à Saint-Paul ;
2°) d'enjoindre au préfet de La Réunion, à titre principal, de lui accorder une autorisation d'exploiter exclusive sur les parcelles visées dans la décision contestée, à titre subsidiaire une autorisation d'exploiter sur les parcelles visées par la même décision ou, à défaut, de réexaminer sa demande dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté litigieux a été pris par une autorité incompétente ;
- il est insuffisamment motivé ;
- il a été pris en méconnaissance de la procédure contradictoire devant le comité d'orientation stratégique et de développement agricole, dès lors qu'elle n'a pas été informée que sa demande serait examinée à l'aune de la viabilité d'une exploitation existante ou qu'un refus était envisagé ;
- il est entaché d'un vice de procédure, dès lors que le comité d'orientation stratégique et de développement agricole était irrégulièrement composé ;
- il est dépourvu de base légale, dès lors que le préfet de La Réunion ne verse pas au débat les éléments de fait ou de droit permettant au juge d'exercer son contrôle ;
- il est entaché d'une erreur de droit, dès lors qu'il n'y a aucun preneur en place sur les parcelles litigieuses ;
- il est entaché d'une erreur de droit, dès lors que l'exploitation en place n'est pas viable.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 14 avril 2022 et le 18 janvier 2024, le préfet de la Réunion conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code rural et de la pêche maritime ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Beddeleem, conseillère,
- les conclusions de M. Sauvageot, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté n°2021-AE-642 du 8 juin 2021, le préfet de La Réunion a refusé d'accorder à l'exploitation agricole à responsabilité limitée (EARL) Domaine de La Saline une autorisation d'exploiter portant sur la moitié des parcelles 15ES0001, 15ES0002, 15ES00026, 15EL0002, 15EL0005, 15EM0039, 15ET0585, 15EL0441, 15EK0040, 15EK0453 et 15ER0220, situées à Saint-Paul. Par la présente requête, l'EARL Domaine de La Saline demande au tribunal l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 331-3 du code rural et de la pêche maritime : " L'autorité administrative () vérifie, compte tenu des motifs de refus prévus à l'article L. 331-3-1, si les conditions de l'opération permettent de délivrer l'autorisation mentionnée à l'article L. 331-2 et se prononce sur la demande d'autorisation par une décision motivée. ". Aux termes de l'article L. 331-3-1 du code rural et de la pêche maritime : " I.- L'autorisation mentionnée à l'article L. 331-2 peut être refusée : / () / 2° Lorsque l'opération compromet la viabilité de l'exploitation du preneur en place ; / () ". Le schéma directeur régional des exploitations agricoles de La Réunion définit le preneur en place comme un " exploitant agricole individuel mettant en valeur, à titre exclusif ou non, une exploitation agricole en qualité de titulaire de tout bail rural sur les terres de ladite exploitation. () ".
3. Il ressort des pièces du dossier que les parcelles litigieuses sont en indivision entre M. C D, M. A D et M. B D. Le refus d'autorisation d'exploiter opposé à l'EARL Domaine de La Saline a été pris au motif que l'opération compromet la viabilité de l'exploitation du preneur en place, qui serait M. C D. La société requérante soutient que M. C D n'est pas titulaire d'un bail rural et ne peut, dès lors, être qualifié de preneur en place. Si le préfet produit des attestations indiquant que M. C D dispose d'une autorisation d'exploiter pour les parcelles litigieuses, il ne ressort pas des pièces du dossier, et n'est pas allégué, que ce dernier serait titulaire d'un bail rural conclu avec les autres coindivisaires. Dans ces conditions, M. C D ne peut être qualifié de preneur en place au sens des dispositions précitées. Par suite, en le qualifiant de preneur en place et en refusant l'autorisation d'exploiter pour ce motif, le préfet a commis une erreur de droit.
4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que l'EARL Domaine de La Saline est fondée à demander l'annulation de l'arrêté n°2021-AE-642 du 8 juin 2021.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
5. L'exécution du présent jugement n'implique pas nécessairement que le préfet de La Réunion délivre l'autorisation sollicitée à l'EARL Domaine de La Saline. En revanche, il y a lieu d'enjoindre au préfet de réexaminer sa demande dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés à l'instance :
6. Dès lors que la requérante n'a pas eu recours à un conseil et n'établit pas l'existence de frais liés à la présente requête, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme demandée au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté n° 2021-AE-642 du 8 juin 2021 du préfet de La Réunion est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de La Réunion de réexaminer la demande de l'EARL Domaine de La Saline dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à l'exploitation agricole à responsabilité (EARL) Domaine de La Saline et au préfet de La Réunion.
Délibéré après l'audience du 17 juin 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Bauzerand, président,
- M. Felsenheld, premier conseiller,
- Mme Beddeleem, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 juillet 2024.
La rapporteure,
J. BEDDELEEM
Le président,
Ch. BAUZERAND
Le greffier,
D. CAZANOVE
La République mande et ordonne au préfet de La Réunion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026