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AccueilJurisprudence administrativeN° TA101-2101066

Tribunal Administratif de La Réunion — Décision N° TA101-2101066

jeudi 30 novembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de La Réunion
SectionTribunal Administratif de La Réunion
N° DossierTA101-2101066
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère chambre bis
Avocat requérantCHARREL ET ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires enregistrés les 19 août et 19 novembre 2021 et 17 janvier 2022, Mme B A, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 14 avril 2021 par lequel le maire de la commune de Saint-Paul a refusé de lui délivrer un permis de construire.

Elle soutient que :

- l'arrêté est entaché d'une erreur de fait dès lors que la construction peut être raccordée au réseau des eaux usées ;

- il méconnaît l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 19 octobre et 23 décembre 2021, la commune de Saint-Paul, représentée par Me Gaspar, conclut, dans le dernier état de ses écritures, au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la requérante une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que les moyens soulevés par la partie requérante ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme,

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Felsenheld, premier conseiller,

- les conclusions de M. Sauvageot, rapporteur public,

- les observations de Mme A ;

- et les observations de Me Garnier, substituant Me Gaspar, représentant la commune de Saint-Paul.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B A a déposé une demande de permis de construire le 24 février 2021 pour la construction d'une maison individuelle sur une parcelle cadastrée BW 1850, située sur le chemin Tour des Roches au lieu-dit " Grande Fontaine " sur la commune de Saint-Paul. Par un arrêté du 14 avril 2021, le maire de Saint-Paul a refusé de lui délivrer l'autorisation demandée. Par la présente requête, Mme A demande au tribunal l'annulation de cet arrêté.

2. Aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations.". L'arrêté préfectoral du 12 janvier 2000 relatif au prélèvement d'eau souterraine à partir du " Puits Bouillon ", annexé au plan local d'urbanisme de la commune de Saint-Paul, prévoit que dans le périmètre de protection rapprochée du captage d'eau est interdit " toute construction nouvelle, à l'exclusion des constructions existant à la date du présent arrêté dont la réhabilitation est programmée dans le cadre de la Résorption d'Habitation Insalubre ".

3. Pour refuser le permis de construire sollicité par la requérante, le maire de Saint-Paul s'est fondé sur les dispositions précitées du code de l'urbanisme et sur la situation du projet qui se trouve dans le périmètre de protection rapproché du captage d'eau " Puits Bouillon " au sein duquel toute nouvelle construction est interdite. Il ressort en effet des pièces du dossier que le terrain d'assiette du projet, constitué de la parcelle BW 1850 issue de la division de la parcelle BW 533, fait partie du périmètre de protection rapproché du captage d'eau " Puits Bouillon ". Le projet, qui vise à la réalisation d'une construction nouvelle, est donc contraire à l'interdiction fixée par l'arrêté préfectoral du 12 janvier 2000 et, par suite, présente un risque pour la salubrité publique. Compte tenu de l'interdiction de réaliser des constructions nouvelles dans le périmètre de protection rapproché du " Puits Bouillon ", aucune prescription spéciale ne peut permettre de rendre conforme le projet à l'article R. 111-2 code de l'urbanisme. Ainsi, si la requérante se prévaut de l'avis de la régie communautaire d'eau et d'assainissement La Créole du 30 mars 2021 qui précise qu'un raccordement au réseau des eaux usées est possible, cette circonstance est sans influence sur la légalité de la décision. En outre, la circonstance qu'un permis de construire ait été accordé sur des parcelles limitrophes et relevant en partie du périmètre de protection rapproché est sans incidence sur la légalité de la décision et ce, d'autant plus que ce projet ne prévoit la création d'aucune construction dans le champ du périmètre de protection rapproché. Enfin, la circonstance qu'un permis de construire ait été délivré sur cette même parcelle en 2010 est également sans influence sur la légalité de la décision litigieuse. Il suit de là que la décision du maire de la commune de Saint-Paul n'est ni entachée d'erreur de fait ni d'erreur de droit.

4. Il résulte de tout ce qui précède que la requérante n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 14 avril 2021.

5. Il n'y a pas lieu dans les circonstances de l'espèce de mettre à la charge de la requérante la somme que la commune de Saint-Paul demande au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Les conclusions de la commune de Saint-Paul présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la commune de Saint-Paul.

Délibéré après l'audience du 30 octobre 2023, à laquelle siégeaient :

- M. Bauzerand, président,

- M. Felsenheld, premier conseiller,

- Mme Beddeleem, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 novembre 2023.

Le rapporteur,Le président,

R. FELSENHELDCh. BAUZERAND

Le greffier,

D. CAZANOVE

La République mande et ordonne au préfet de La Réunion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

P/La greffière en chef,

Le greffier,

D. CAZANOVE

N°2101066

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