lundi 6 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de La Réunion |
| Section | Tribunal Administratif de La Réunion |
| N° Dossier | TA101-2101267 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | HOAREAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire en réplique enregistrés les 29 septembre 2021 et 7 juin 2022, M. B A, représenté par Me Hoareau, avocate, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du maire du Tampon n° 1124 du 28 avril 2021 lui attribuant l'indemnité d'administration et de technicité (IAT) au coefficient 1,68 pour la période du 1er mai 2021 au 31 décembre 2021 ;
2°) d'annuler l'arrêté du maire du Tampon n° 1123 du 28 avril 2021 lui accordant, à titre de régularisation, l'IAT au coefficient 1,68 pour la période du 1er septembre 2015 au 30 avril 2021 ;
3°) d'enjoindre au maire du Tampon de réexaminer sa situation au regard de ses droits à l'IAT ;
4°) d'annuler la décision du maire du Tampon refusant implicitement, suite à sa demande du 29 mai 2021, de lui verser l'indemnité d'exercice de missions des préfectures (IEMP) à compter du 1er septembre 2015 ;
5°) d'enjoindre au maire du Tampon de lui accorder le bénéfice de l'IEMP à compter du 1er septembre 2015 ;
6°) de mettre à la charge de la commune du Tampon une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- exerçant ses fonctions de manière satisfaisante, il est en droit de prétendre à l'IAT et à l'IEMP prévues par la délibération du 27 décembre 2010, lesdites indemnités demeurant applicables dans l'attente de la mise en place du nouveau régime indemnitaire ;
- la fixation de l'IAT au coefficient 1,68, de même que le refus de versement d'une IEMP sont entachés d'erreur manifeste d'appréciation ;
Par un mémoire en défense enregistré le 22 mars 2022, la commune du Tampon, représentée par Me Boissy, avocat, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 200 euros soit mise à la charge de M. A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la prescription quadriennale est opposable à l'égard de l'IEMP réclamée pour 2015 et 2016 ;
- le coefficient retenu pour l'IAT ne révèle aucune erreur manifeste d'appréciation ;
- le non-versement de l'IEMP découle de la suppression de ce régime indemnitaire et ne révèle aucune erreur manifeste d'appréciation ;
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 68-1250 du 31 décembre 1968 ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 91-875 du 6 septembre 1991 ;
- le décret n° 97-1223 du 26 décembre 1997 ;
- le décret n° 2002-61 du 14 janvier 200- le décret n° 2014-513 du 20 mai 2014 ;
- le décret n° 2017-829 du 5 mai 2017 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Aebischer, président ;
- les conclusions de M. Ramin, rapporteur public ;
- les observations de M. A, requérant.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, agent de maîtrise territorial, exerce ses fonctions auprès de la commune du Tampon depuis le 1er septembre 2015. Par jugement du 4 mai 2020, le tribunal a annulé pour erreur manifeste d'appréciation la décision du maire du Tampon ayant implicitement refusé, en 2018, d'attribuer à l'intéressé l'indemnité d'administration et de technicité (IAT) à compter du 1er septembre 2015. Par deux arrêtés en date du 28 avril 2021, le maire a, d'une part, régularisé la situation de M. A en lui accordant l'IAT au coefficient 1,68 pour la période du 1er septembre 2015 au 30 avril 2021 et, d'autre part, attribué l'IAT applicable à la période du 1er mai 2021 au 31 décembre 2021 sur la base de ce même coefficient 1,68. Le recours gracieux formé par l'intéressé contre ces deux arrêtés a été implicitement rejeté le 10 août 2021. Entre-temps, M. A a demandé à son employeur, par lettre du 29 mai 2021, de lui attribuer en outre l'indemnité d'exercice de missions des préfecture (IEMP), avec effet rétroactif au 1er septembre 2015. Cette demande a également fait l'objet d'un rejet implicite. Par la présente requête, M. A demande au tribunal d'annuler les arrêtés du maire du Tampon du 28 avril 2021 relatifs à l'IAT, ainsi que la décision implicite de refus de versement de l'IEMP.
Sur l'IAT :
2. Aux termes de l'article 5 du décret n° 2002-61 du 14 janvier 2002 : " L'attribution individuelle de l'indemnité d'administration et de technicité est modulée pour tenir compte de la manière de servir de l'agent dans l'exercice de ses fonctions ". Par sa délibération du 27 décembre 2010, prise sur le fondement de l'article 88 de la loi du 26 janvier 1984, le conseil municipal du Tampon a rendu applicable aux fonctionnaires de la commune, notamment à ceux relevant de la filière technique, l'IAT instituée par le décret du 14 janvier 2022. Il a en outre précisé les critères d'attribution, à savoir la valeur professionnelle, les responsabilités exercées et la manière de servir, une modulation pouvant ainsi être appliquée selon un coefficient compris entre 0 et 8.
3. Les dispositions de la délibération du 27 décembre 2010 relatives à l'IAT, qui ne sont pas devenues inapplicables du seul fait de l'entrée en vigueur du décret n° 2014-513 du 20 mai 2014 par lequel a été institué au profit des fonctionnaires de l'Etat un nouveau régime indemnitaire dénommé RIFSEEP destiné à se substituer à plusieurs dispositifs existants, ont vocation à s'appliquer, dans l'attente de la mise en œuvre au niveau local de ce nouveau régime indemnitaire, à l'ensemble des agents communaux de catégorie C qui, comme M. A, relèvent de la filière technique.
4. Si la commune du Tampon entend à nouveau, par ses écritures en défense de la présente instance, mettre en doute les qualités professionnelles de M. A, il ressort des pièces du dossier, et notamment des comptes rendus d'entretien professionnel des années 2015 à 2021, que la manière de servir de l'intéressé est perçue par ses supérieurs hiérarchiques comme tout à fait satisfaisante, le niveau " très bon " ou " très satisfaisant " lui étant d'ailleurs appliqué en dernier lieu à l'égard de la majorité des critères. Dès lors, il y a lieu de constater l'erreur manifeste d'appréciation commise par le maire du Tampon en fixant, par ses deux arrêtés du 28 avril 2021, l'IAT au coefficient 1,68 pour l'ensemble des services accomplis par M. A lors de la période du 1er septembre 2015 au 31 décembre 2021.
5. Il résulte de ce qui précède que M. A est fondé à demander l'annulation des deux arrêtés du 28 avril 2021 par lesquels son IAT a été fixée au coefficient 1,68.
Sur l'IEMP :
En ce qui concerne la prescription quadriennale :
6. S'agissant du droit à l'IEMP pour la période du 1er septembre 2015 au 31 décembre 2016, le fait générateur de la créance se situe dans les services accomplis par M. A lors de ladite période. En application des dispositions de la loi du 31 décembre 1968, la créance portant sur cette période était atteinte par la prescription lorsque l'intéressé s'est manifesté auprès de la commune, par sa lettre du 29 mai 2021, pour réclamer un versement d'IEMP au titre de la période antérieure au 1er janvier 2017. Dès lors, il y a lieu d'accueillir l'exception de prescription quadriennale soulevée par la commune.
En ce qui concerne le droit à l'IEMP à compter du 1er janvier 2017 :
7. Aux termes de l'article 2 du décret n° 97-1223 du 26 décembre 1997 portant création d'une indemnité d'exercice de missions des préfectures : " Le montant de l'indemnité () est calculé par application à un montant de référence fixé par arrêté () d'un coefficient multiplicateur d'ajustement compris entre 0,8 et 3 ". Par sa délibération du 27 décembre 2010 prise sur le fondement de l'article 88 de la loi du 26 janvier 1984, le conseil municipal de Tampon a rendu applicable aux fonctionnaires de la commune, notamment à ceux relevant de la filière technique, l'IEMP instituée par le décret du 26 décembre 1997. Il a en outre précisé que cette indemnité était modulable selon un coefficient de 0 à 3 prenant en compte les responsabilités exercées et la manière de servir.
8. Les dispositions de la délibération du 27 décembre 2010 relatives à l'IEMP, qui ne sont pas devenues inapplicables en conséquence de l'entrée en vigueur du décret n° 2014-513 du 20 mai 2014 par lequel a été institué au profit des fonctionnaires de l'Etat un nouveau régime indemnitaire dénommé RIFSEEP destiné à se substituer à plusieurs dispositifs existants, ni du fait de l'abrogation du décret du 26 décembre 1997 par le décret n° 2017-829 du 5 mai 2017, ont vocation à s'appliquer, dans l'attente de la mise en œuvre au niveau local de ce nouveau régime indemnitaire, à l'ensemble des agents communaux de catégorie C qui, comme M. A, relèvent de la filière technique.
9. Ainsi qu'il a été dit ci-dessus au point 4, il ressort des pièces du dossier, et notamment des comptes rendus d'entretien professionnel successifs, que la manière de servir de l'intéressé est perçue par ses supérieurs hiérarchiques comme tout à fait satisfaisante pour l'ensemble de la période litigieuse. Dès lors, il y a lieu de constater l'erreur manifeste d'appréciation commise par le maire du Tampon en refusant d'attribuer l'IEMP à M. A depuis l'année 2017.
10. Il résulte de ce qui précède que la décision implicite de refus de versement de l'IEMP à compter du 1er janvier 2017 doit être annulée.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
11. Compte tenu de ses motifs, le présent jugement implique que la commune du Tampon procède à un réexamen de la situation de M. A à l'égard des versements d'IAT qui lui sont dus à compter du 1er septembre 2015 et des versements d'IEMP auxquels il peut prétendre à compter du 1er septembre 2017. Il y a lieu d'enjoindre à la commune de procéder à ce réexamen dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement.
Sur les frais liés au litige :
12. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice et de mettre à la charge de la commune du Tampon une somme de 1 000 euros au titre des frais qui ont été exposés par M. A pour sa requête.
13. Partie perdante dans la présente instance, la commune du Tampon ne peut qu'être déboutée de sa demande présentée à l'encontre du requérant sur ce même fondement.
DECIDE :
Article 1er : Les arrêtés du maire du Tampon du 28 avril 2021 portant attribution de l'IAT à M. A pour la période du 1er septembre 2015 au 30 avril 2021 et pour la période du 1er mai 2021 au 31 décembre 2021 sont annulés.
Article 2 : La décision du maire du Tampon refusant implicitement de verser l'IEMP à M. A est annulée.
Article 3 : Il est enjoint à la commune du Tampon de réexaminer la situation de M. A à l'égard des versements d'IAT qui lui sont dus à compter du 1er septembre 2015 et des versements d'IEMP auxquels il peut prétendre à compter du 1er janvier 2017.
Article 4 : La commune du Tampon versera à M. A la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 6 : Les conclusions présentées par la commune du Tampon au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 7 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la commune du Tampon.
Copie en sera adressée au préfet de La Réunion.
Délibéré après l'audience du 21 septembre 2023 à laquelle siégeaient :
- M. Aebischer, président ;
- M. Monlaü, premier conseiller ;
- Mme Tomi, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 novembre 2023
L'assesseur le plus ancien,
X. MONLAÜ
Le président-rapporteur,
M.-A. AEBISCHER
Le greffier,
D. CAZANOVE
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026