mardi 16 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de La Réunion |
| Section | Tribunal Administratif de La Réunion |
| N° Dossier | TA101-2101360 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | DODAT AKHOUN ASMA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 17 octobre 2021, M. H B, représenté par Me Dodat-Akhoun, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 21 décembre 2020 du président du conseil départemental de La Réunion " portant demande de remboursement ", la décision du 22 février 2021 rejetant son recours gracieux et l'avis des sommes à payer émis le 18 août 2021 par le département de La Réunion pour un montant de 7 321,95 euros correspondant aux demi-traitements perçus entre le 1er janvier 2020 et le 11 juin 2020 ;
2°) de mettre à la charge du département de La Réunion la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision du 21 décembre 2020 a été édictée au terme d'une procédure irrégulière, dès lors qu'il n'a pas reçu les avis du comité médical et qu'il n'a été informé ni de la tenue du comité médical supérieur ni de la teneur de l'avis rendu ;
- le titre de perception a été émis par une autorité incompétente ;
- il n'indique pas suffisamment les bases de liquidation de la créance ;
- il n'indique pas avec suffisamment de précision les voies et délais de recours ;
- la décision du 21 décembre 2020 est entachée d'erreur d'appréciation et, par voie de conséquence, la créance qui lui est réclamée est infondée.
Par un mémoire en défense enregistré le 28 mars 2022, le département de La Réunion conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi nº 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Le Merlus, rapporteur,
- les conclusions de Mme Baizet, rapporteure publique,
- les observations de Me Dodat-Akhoun, représentant M. B,
- et les observations de Mme J, représentant le département de La Réunion,
Considérant ce qui suit :
1. M. B, technicien paramédical territorial de classe normale au département de La Réunion, a bénéficié, par arrêté du 12 octobre 2017, d'une reconnaissance de maladie professionnelle imputable au service en raison d'une épicondylite du coude droit. Placé en congé maladie à ce titre, il a subi, le 3 avril 2019, une lobectomie pulmonaire et est suivi depuis lors par le pôle cancérologie du service des maladies respiratoires du centre hospitalier universitaire Félix Guyon. Le 24 septembre 2019, M. B a demandé le bénéfice d'un congé de longue maladie pour la période du 1er octobre 2019 au 31 décembre 2020. Le comité médical a rendu un avis défavorable le 21 novembre 2019. Le 22 décembre 2019, M. B a présenté une nouvelle demande de congé de longue maladie pour la période du 1er octobre 2019 au 31 mars 2020, qui a de nouveau fait l'objet d'un avis défavorable du comité médical en date du 11 juin 2020. Dans le cadre de l'examen du recours formé par M. B contre cet avis, le comité médical supérieur a rendu, le 20 octobre 2020, un avis défavorable à la demande d'octroi d'un congé de longue maladie en faveur de l'intéressé. Par un courrier du 21 décembre 2020 du président du conseil départemental de La Réunion à l'encontre duquel M. B a formé un recours gracieux rejeté par décision du 22 février 2021, celui-ci a été informé de la régularisation de ses congés de maladie à demi-traitement pour la période du 1er janvier 2020 au 11 juin 2020 et qu'il était donc redevable de la somme de 7 321,95 euros correspondant aux salaires qu'il a perçus indument pendant cette période. Par un titre de recettes émis le 18 août 2021 et notifié sous la forme d'un avis des sommes à payer, le département de La Réunion a ordonné le reversement par l'intéressé de la somme de 7 321,95 euros. Par la présente requête, M. B demande l'annulation de la décision du 21 décembre 2020 et de la décision du 22 février 2021 rejetant son recours gracieux et du titre de recettes émis le 18 août 2021.
2. Aux termes de l'article 57 de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 : " Le fonctionnaire en activité a droit : () / 3° A des congés de longue maladie d'une durée maximale de trois ans dans les cas où il est constaté que la maladie met l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions, rend nécessaires un traitement et des soins prolongés et présente un caractère invalidant et de gravité confirmée. Le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement pendant un an ; le traitement est réduit de moitié pendant les deux années qui suivent. L'intéressé conserve, en outre, ses droits à la totalité du supplément familial de traitement et de l'indemnité de résidence. () ".
3. M. B soutient que le titre de recette litigieux, qui a été pris en considération du refus de congé de longue maladie à compter du 1er octobre 2019, est entaché d'erreur d'appréciation, dès lors que son état de santé était incompatible avec la reprise de ses fonctions. Il résulte de l'instruction que M. B a subi, en raison d'une tumeur carcinoïde, une lobectomie pulmonaire et a été admis du 6 décembre 2019 au 31 janvier 2020 au service de réadaptation et de réhabilitation cardio-vasculaire et respiratoire du centre de rééducation de Sainte-Clotilde. Il résulte également de l'instruction, notamment du rapport d'expertise médicale du 18 décembre 2019 du docteur F C, des avis des 9 juillet 2020 du docteur I, 10 juillet 2020 du docteur A, 27 juillet 2020 du docteur E mais également de rapport du 9 juillet 2020 de Mme D, ergothérapeute, que l'état de santé du requérant, dont la gravité et le caractère invalidant de la maladie dont il est atteint sont démontrés, est incompatible avec la reprise de ses fonctions. A cet égard, le rapport d'expertise médicale du 11 mars 2020 du docteur G, bien que contenant des incohérences quant à son objet et concluant en " l'absence de pathologie évolutive " à la reprise du travail, précise qu'il existe des " séquelles très modérées de l'intervention chirurgicale ". Si le département de La Réunion soutient que les demandes de congé de longue maladie sollicitées par le requérant ne permettent pas de déterminer les motifs d'une telle demande, il ressort toutefois du dossier de saisine du comité médical que M. B a présenté sa demande au titre de l'attribution d'un congé longue maladie eu égard à son état de santé actuel et qu'il y avait joint de nombreux avis médicaux faisant état du cancer dont il était atteint et de son caractère de maladie invalidante qui est incompatible avec la reprise du travail. En outre, contrairement à ce que soutient le département de La Réunion, les demandes de congé longue maladie sollicitées par le requérant et notamment le dossier de saisine du comité médical ne permettent pas de considérer que l'objet de sa demande était imprécis et qu'elle devait être regardée comme une demande de poursuite de son congé maladie octroyé au titre de sa maladie professionnelle reconnue imputable au service et non comme une demande d'attribution d'un congé longue maladie au titre du cancer dont il était atteint. Dans ces conditions, la décision refusant au requérant le bénéfice d'un congé de longue maladie du 31 octobre 2019 au 31 mars 2020 est entachée d'erreur d'appréciation. Par suite, M. B est fondé à demander l'annulation du titre de recettes litigieux.
4. La créance litigieuse étant dépourvue de fondement, il y a lieu d'annuler par voie de conséquence le titre de recettes émis le 18 août 2020.
5. Il y a lieu de mettre à la charge du département de La Réunion la somme de 1 500 euros à verser à M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 21 décembre 2020 est annulée.
Article 2 : Le titre exécutoire du 18 août 2020 est annulé.
Article 3 : Le département de La Réunion versera à M. B la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B et au département de La Réunion.
Copie en sera adressée au préfet de La Réunion et au directeur régional des finances publiques de La Réunion.
Délibéré après l'audience du 2 avril 2024, à laquelle siégeaient :
- Mme Khater, présidente,
- M. Le Merlus, conseiller,
- Mme Lebon, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 avril 2024.
Le rapporteur,
T. LE MERLUS
La présidente,
A. KHATER
La greffière,
J. BELENFANT
La République mande et ordonne au préfet de La Réunion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.jb
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026