mercredi 27 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de La Réunion |
| Section | Tribunal Administratif de La Réunion |
| N° Dossier | TA101-2101387 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre bis |
| Avocat requérant | DUGOUJON & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 19 octobre 2021, le 6 décembre 2021, le 13 décembre 2021 et le 19 avril 2022, Mme F A épouse B, représentée par Me Hoarau, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 22 juin 2021 par lequel le maire de la commune de Saint-Pierre a accordé à M. C et à Mme D un permis les autorisant à construire une maison individuelle, sur la parcelle cadastrée HN 1676 située au n°3 bis du chemin des Châtaigniers sur le territoire communal ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Pierre la somme de 3 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le projet litigieux porte atteinte à sa jouissance de vue et à sa vie privée ;
- le dossier de permis de construire ne précisait pas l'importance du déblai et du remblai nécessités par la construction litigieuse ;
- le dossier de permis de construire ne mentionnait pas les travaux de fouille d'1,5 mètre effectués dans la veine rocheuse ;
- la construction litigieuse n'est pas implantée à 3 mètres de la limite séparative, en méconnaissance de l'article L. 111-19 du code de l'urbanisme ;
- la construction litigieuse nécessite l'implantation d'une dalle de béton située à 1,5 mètre en-dessous du terrain naturel ;
- le permis litigieux méconnaît l'article U3 4.3 du règlement du plan local d'urbanisme, dès lors qu'il ne comporte aucune gestion des eaux pluviales et qu'une érosion est à constater à l'arrière du terrain.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 17 mars 2022 et le 20 mai 2022, la commune de Saint-Pierre, représentée par Me Doulouma, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de Mme B la somme de 3 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requérante ne justifie pas d'un intérêt à agir ;
- les moyens soulevés par la requérante sont irrecevables, dès lors qu'ils ne sont pas assortis des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé ;
- les moyens soulevés par la requérante ne sont, en tout état de cause, pas fondés.
La requête a été communiquée à M. E C qui n'a pas présenté de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Beddeleem, conseillère,
- les conclusions de M. Sauvageot, rapporteur public,
- les observations de Me Issé, représentant Mme A,
- et les observations de Me Perraud, représentant la commune de Saint-Pierre.
Une pièce présentée pour Mme A a été enregistrée le 27 novembre 2023 et n'a pas été communiquée.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 22 juin 2021, le maire de la commune de Saint-Pierre a accordé à M. C et à Mme D un permis les autorisant à construire une maison individuelle sur la parcelle cadastrée HN 1676, située 3 bis chemin des Châtaigniers dans le secteur de la Ravine des Cabris sur le territoire communal. Par la présente requête, Mme A demande au tribunal l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, le permis, qui est délivré sous réserve des droits des tiers, a pour seul objet d'assurer la conformité des travaux qu'il autorise avec la réglementation d'urbanisme. Par suite, la circonstance que le permis litigieux porterait atteinte à la vue et à la vie privée de la requérante, à la supposer établie, est sans incidence sur sa légalité.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 431-4 du code de l'urbanisme : " La demande de permis de construire comprend : / a) Les informations mentionnées aux articles R. 431-5 à R. 431-12 ; / b) Les pièces complémentaires mentionnées aux articles R. 431-13 à R. 431-33-1 ; / c) Les informations prévues aux articles R. 431-34 et R. 431-34-1. / () / Aucune autre information ou pièce ne peut être exigée par l'autorité compétente. ". Aux termes de l'article R. 431-7 du même code : " Sont joints à la demande de permis de construire : / a) Un plan permettant de connaître la situation du terrain à l'intérieur de la commune ; / b) Le projet architectural défini par l'article L. 431-2 et comprenant les pièces mentionnées aux articles R. 431-8 à R. 431-12. ". Aux termes de l'article R. 431-10 dudit code : " Le projet architectural comprend également : / () / b) Un plan en coupe précisant l'implantation de la construction par rapport au profil du terrain ; lorsque les travaux ont pour effet de modifier le profil du terrain, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur ; / () ".
4. Il ressort des pièces du dossier que le plan de coupe PCMI 3 et le plan des façades PCMI 5, versés au dossier de demande du permis de construire, indiquent que la construction litigieuse nécessite un remblai et un déblai. Dès lors qu'un permis de construire n'a d'autre objet que d'autoriser la construction d'immeubles conformes aux plans et indications fournis par le pétitionnaire, la circonstance que ce déblai et ce remblai soient en réalité supérieurs à ceux indiqués dans le dossier de permis de construire est sans incidence sur la légalité dudit permis. Par suite, le moyen tiré de ce que le dossier de permis de construire ne précisait pas l'importance du déblai et du remblai nécessités par la construction litigieuse doit être écarté.
5. En troisième lieu, en se bornant à soutenir que le dossier de permis de construire ne mentionne pas les travaux de fouille d'1,5 mètre effectués dans la veine rocheuse, Mme A ne se prévaut d'aucun texte instituant une telle obligation d'information. Par suite, le moyen n'est pas assorti des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé et doit être écarté.
6. En quatrième lieu, si la requérante soutient que le projet litigieux méconnaît l'article L. 111-19 du code de l'urbanisme, dès lors que la construction n'est pas implantée à plus de trois mètres de la limite séparative, cet article ne contient aucune règle de distance. En tout état de cause, il ressort du plan de masse PCMI 2 et du plan des façades nord-sud PCMI 5.2 que le projet prévoit une distance de trois mètres entre la façade nord et la limite séparant le terrain d'assiette du projet de la parcelle de la requérante. Par suite, même à le supposer opérant, le moyen tiré du non-respect de la distance de trois mètres entre la construction et la limite séparative doit être écarté.
7. En cinquième lieu, en se bornant à soutenir que la construction litigieuse nécessite l'implantation d'une dalle de béton située à 1,5 mètre en-dessous du terrain naturel, Mme B n'assortit pas le moyen soulevé des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé.
8. En sixième lieu, aux termes de l'article U3 4.3 du règlement du plan local d'urbanisme de Saint-Pierre : " Les aménagements réalisés sur le terrain d'assiette doivent garantir l'écoulement des eaux pluviales vers l'exutoire ou le réseau les collectant. Les conditions et les modalités de rejet des eaux pluviales doivent être conformes aux dispositions en vigueur. / Pour les secteurs de la Ravine des Cabris et de Bois d'Olives, localisés sur les documents graphiques n°3 et 4, les aménagements doivent favoriser l'infiltration des eaux pluviales plutôt que leur canalisation. ".
9. Il ressort des pièces du dossier, en particulier du plan de masse PCMI 2, que le terrain d'assiette du projet présente une surface perméable de 364 m2, représentant 65,8% de la surface du terrain. Dès lors que la perméabilité du terrain permet de favoriser l'infiltration des eaux de pluie, conformément à ce que prescrit l'article U3 4.3 pour les terrains situés dans le secteur de la Ravine des Cabris, la requérante n'est pas fondée à soutenir que la perméabilité du terrain ne constituerait pas un critère probant. Par ailleurs, le permis de construire ayant pour seul objet d'assurer la conformité des travaux qu'il autorise avec la réglementation d'urbanisme, la circonstance, à la supposer établie, que l'arrière du terrain présente une érosion est sans incidence sur la légalité du permis litigieux. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article U3 4.3 du règlement du plan local d'urbanisme doit être écarté.
10. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir, les conclusions à fin d'annulation formulées par Mme B doivent être rejetées.
Sur les frais liés à l'instance :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la somme demandée par Mme A au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens soit mise à la charge de la commune de Saint-Pierre, qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme A le versement de la somme de 1 500 euros à la commune de Saint-Pierre au titre des mêmes frais.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Mme A versera la somme de 1 500 euros à la commune de Saint-Pierre au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme F A épouse B, à M. E C et à la commune de Saint-Pierre.
Délibéré après l'audience du 27 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Bauzerand, président,
- M. Felsenheld, premier conseiller,
- Mme Beddeleem, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 décembre 2023.
La rapporteure,
J. BEDDELEEM
Le président,
Ch. BAUZERAND
Le greffier,
D. CAZANOVE
La République mande et ordonne au préfet de La Réunion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026