lundi 20 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de La Réunion |
| Section | Tribunal Administratif de La Réunion |
| N° Dossier | TA101-2101523 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | BOISSY AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 23 novembre 2021 et 23 juin 2022, M. B A, représenté par Me Richard, avocat, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du maire de Salazie du 22 septembre 2021 portant radiation des cadres pour abandon de poste ;
2°) d'enjoindre au maire de procéder à sa réintégration et de régulariser sa situation financière " tant au regard de sa situation d'accident de travail qu'au regard de l'absence d'abandon de poste " ;
3°) de condamner la commune de Salazie à lui verser la somme de 5 000 euros en réparation de son préjudice moral ;
4°) de mettre à la charge de la commune de Salazie une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la procédure est entachée d'irrégularité dans la mesure où la mise en demeure du 19 aout 2021 n'indique pas de délai pour la reprise de ses fonctions ;
- l'arrêté s'analyse comme une sanction déguisée intervenue en méconnaissance des garanties accordées en matière disciplinaire ;
- la mesure de radiation est entachée d'erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'en raison de son état de santé, il n'était pas en mesure d'apprécier la portée des mises en demeure qui lui ont été adressées ;
- l'arrête constitue une faute de nature à engager la responsabilité de la commune ; son préjudice moral s'élève à une somme de 15 000 euros, sur la période de 2012 à 2021.
Par un mémoire en défense enregistré le 17 mai 2022, la commune de Salazie, représentée par Me Boissy, avocat, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. A une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les conclusions indemnitaires sont irrecevables ;
- les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le code de justice administrative
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Monlaü, premier conseiller,
- les conclusions de M. Ramin, rapporteur public,
- et les observations de Me Benoiton substituant Me Boissy, avocat de la commune de Salazie.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, adjoint technique de la commune de Salazie, exerçait ses fonctions au sein du garage de la commune. Par une note du 16 septembre 2020, le maire l'a affecté au service des espaces verts. Par un courrier du 24 mars 2021, le maire lui a indiqué qu'il s'exposait, en raison de son absence injustifiée depuis le 15 mars 2021, à une mesure de radiation des cadres puis, par un courrier du 19 aout 2021, l'a mis en demeure de rejoindre son poste sans délai en lui précisant qu'à défaut, il serait procédé à sa radiation pour abandon de poste. Une seconde mise en demeure a été adressée à l'intéressé le 13 septembre 2021, l'invitant à reprendre son poste au plus tard le 21 septembre 2021. Par l'arrêté attaqué en date du 22 décembre 2021, le maire a prononcé sa radiation pour abandon de poste.
2. Une mesure de radiation des cadres pour abandon de poste ne peut être régulièrement prononcée que si l'agent concerné a, préalablement à cette décision, été mis en demeure de rejoindre son poste ou de reprendre son service dans un délai approprié, qu'il appartient à l'administration de fixer. Une telle mise en demeure doit prendre la forme d'un document écrit, notifié à l'intéressé, l'informant du risque qu'il encourt d'une radiation des cadres sans procédure disciplinaire préalable. Lorsque l'agent ne s'est pas présenté et n'a fait connaître à l'administration aucune intention avant l'expiration du délai fixé par la mise en demeure, et en l'absence de toute justification d'ordre matériel ou médical présentée par l'agent, de nature à expliquer le retard qu'il aurait eu à manifester un lien avec le service, cette administration est en droit d'estimer que le lien avec le service a été rompu du fait de l'intéressé.
3. En premier lieu, M. A soutient que la procédure est entachée d'irrégularité dans la mesure où la mise en demeure du 19 aout 2021 ne fixait pas de délai pour la reprise de ses fonctions. Toutefois, par son second courrier de mise en demeure en date du 13 septembre 2021, remis en mains propres à l'intéressé le jour même, le maire a réitéré l'injonction en indiquant que la reprise devait être effective au plus tard le 21 septembre 2021, un délai suffisant étant ainsi laissé à M. A. Le moyen tiré du vice de procédure n'est dès lors pas fondé.
4. En deuxième lieu, M. A soutient qu'en raison de son état de santé, et plus particulièrement du syndrome anxio-dépressif dont il était atteint en 2021, il n'était pas en mesure d'apprécier la portée des mises en demeure qui lui ont été adressées. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que, suite au second courrier de mise en demeure du 13 septembre 2021, l'intéressé a persisté dans son attitude de refus de reprise du travail sans produire auprès de son employeur des justificatifs de nature à démontrer l'impossibilité d'une telle reprise. A cet égard, ni le certificat médical du 16 octobre 2020, au demeurant largement antérieur à la mise en demeure, ni celui du 8 novembre 2021, qui se borne à indiquer que " M. A présente depuis le 17 septembre 2020 un état anxio-dépressif réactionnel à un problème dans son travail, aggravé par la suite par le décès de son père ", ne font apparaître que l'état de santé de l'intéressé serait altéré de telle manière que celui-ci aurait été dans l'incapacité de comprendre les conséquences attachées à la mise en demeure de reprise du travail. Par suite, M. A doit être regardé comme ayant rompu le lien qui l'unissait à la commune et c'est à bon droit qu'a été prononcée la radiation des cadres pour abandon de poste.
5. En dernier lieu, M. A, dont l'attitude d'abandon de poste a été à juste titre constatée, ne peut utilement faire valoir que l'arrêté du 22 septembre 2021 constituerait une sanction déguisée qui serait intervenue dans le contexte d'une diminution de ses responsabilités et d'un refus de la commune de reconnaître l'existence d'un accident au service survenu le 26 février 2021.
6. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée par la commune, que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction, ses conclusions indemnitaires et ses conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
7. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du requérant la somme demandée par la commune de Salazie sur le fondement de ces mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Salazie présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la commune de Salazie.
Copie en sera adressée au préfet de La Réunion.
Délibéré après l'audience du 6 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Aebischer, président,
M. Monlaü, premier conseiller,
Mme Tomi, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 novembre 2023.
Le rapporteur,
X. MONLAÜ
Le président,
M.-A. AEBISCHERLa greffière,
S. BALOUKJY
La République mande et ordonne au préfet de La Réunion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026