vendredi 26 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de La Réunion |
| Section | Tribunal Administratif de La Réunion |
| N° Dossier | TA101-2101580 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | SARL CAZIN MARCEAU AVOCATS ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 3 décembre 2021, la société civile de construction vente (SCCV) Leonidas, représentée par Me Cazin, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 7 octobre 2021 par lequel le maire de L'Etang-Salé lui a refusé la délivrance d'un permis de construire relatif à la démolition d'un logement et à la construction d'une résidence comprenant douze logements, sur la parcelle cadastrée BA 175 située 7 rue Cité pétrole sur le territoire communal ;
2°) d'enjoindre au maire de L'Etang-Salé de lui délivrer le permis de construire demandé, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune de L'Etang-Salé la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que le motif de refus du permis de construire est entaché d'une erreur d'appréciation au regard de l'article UB 2.6.1 et des dispositions de la zone UB du règlement du plan local d'urbanisme, dès lors que le projet respecte l'intégralité des dispositions du règlement de la zone UB, qu'un tel refus revient à neutraliser l'objectif de densification assigné au règlement de la zone UB, que le projet s'insère bien dans son environnement et que la commune a autorisé à 600 mètres du projet la construction d'un immeuble de quatre étages.
La requête a été communiquée le 15 décembre 2021 à la commune de L'Etang-Salé, qui, par un courrier du 6 septembre 2022, a été mise en demeure de produire un mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Beddeleem, conseillère,
- les conclusions de M. Sauvageot, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Par une demande en date du 21 septembre 2021, la société civile de construction vente (SCCV) Leonidas a sollicité la délivrance d'un permis de construire portant sur la démolition d'un logement et sur la construction d'une résidence comprenant douze logements, sur la parcelle cadastrée BA 175 située 7 rue Cité pétrole à L'Etang-Salé. Par un arrêté du 7 octobre 2021, le maire de L'Etang-Salé a refusé de lui délivrer le permis de construire sollicité. Par la présente requête, la SCCV Leonidas demande au tribunal l'annulation de l'arrêté du 7 octobre 2021.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article UB 2.6.1 du règlement du plan local d'urbanisme : " Tout projet, dans son ensemble comme dans chacune de ses composantes (traitement du terrain, les clôtures, le jardin, les plantations, les terrassements et les matériaux au sol), doit garantir une parfaite insertion dans l'espace environnant dans lequel il s'inscrit (site naturel, site construit, ..) notamment par une homogénéité de traitement ou par son harmonie avec le caractère, la volumétrie, les rythmes, les proportions, les matériaux et les couleurs qui constituent cet espace environnant. ".
3. Pour refuser le permis litigieux, le maire de la commune de L'Etang-Salé a retenu que le bâtiment projeté, qui comportait quatre niveaux alors que les constructions avoisinantes étaient constituées de deux niveaux, ne respectait pas les dispositions de l'article UB 2.6.1. Toutefois, la SCCV fait valoir, sans être contredite, que la commune de L'Etang-Salé a autorisé la construction d'un immeuble d'habitation de niveau R+3 en zone UB, à 600 mètres du projet litigieux. En outre, la zone UB dans laquelle le projet litigieux a vocation à être implanté est définie par le plan local d'urbanisme comme un " espace majeur pour la mise en œuvre de la densification urbaine ". Enfin, il ressort du dossier de demande de permis de construire que le projet prévoit notamment que le niveau R+3 sera en recul de la façade, que celle-ci sera pourvue d'une toiture terrasse végétalisée et que les façades sur rue seront doublées de haies vives et d'une rangée d'arbres. Dans ces conditions, il ne ressort pas des pièces du dossier que le projet ne garantirait pas une parfaite insertion dans l'espace environnant. Par suite, la SSCV Leonidas est fondée à soutenir que l'unique motif de refus du permis, fondé sur la méconnaissance des règles de l'article UB 2.6.1 du règlement du plan local d'urbanisme, est entaché d'une erreur d'appréciation.
4. Il résulte de ce qui précède que la SSCV Leonidas est fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 7 octobre 2021 par lequel le maire de la commune de L'Etang-Salé lui a refusé la délivrance d'un permis de construire.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
5. Lorsque le juge annule un refus d'autorisation d'urbanisme, y compris une décision de sursis à statuer, ou une opposition à une déclaration, après avoir censuré l'ensemble des motifs que l'autorité compétente a énoncés dans sa décision conformément à l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme ainsi que, le cas échéant, les motifs qu'elle a pu invoquer en cours d'instance, il doit, s'il est saisi de conclusions à fin d'injonction, ordonner à l'autorité compétente de délivrer l'autorisation ou de prendre une décision de non-opposition, sur le fondement de l'article L. 911-1 du code de justice administrative. Il n'en va autrement que s'il résulte de l'instruction soit que les dispositions en vigueur à la date de la décision annulée, qui eu égard à l'article L 600-2 du code de l'urbanisme demeurent applicables à la demande, interdisent de l'accueillir pour un motif que l'administration n'a pas relevé, ou que par suite d'un changement de circonstances, la situation de fait existant à la date du jugement y fait obstacle.
6. Il ne résulte pas de l'instruction qu'une disposition en vigueur à la date de la décision annulée ferait obstacle à ce qu'il soit fait injonction au maire de la commune de L'Etang-Salé de délivrer l'autorisation sollicitée. Il ne résulte pas davantage de l'instruction que la situation de fait à la date du jugement s'y opposerait. Par suite, il y a lieu d'enjoindre au maire de la commune de L'Etang-Salé de délivrer à la SCCV Leonidas l'autorisation de construire sollicitée dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, sans qu'il soit besoin d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés à l'instance :
7. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la commune de L'Etang-Salé le versement d'une somme de 1 500 euros à la SCCV Leonidas au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du maire de L'Etang-Salé du 7 octobre 2021 est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au maire de L'Etang-Salé de délivrer à la SCCV Leonidas le permis de construire sollicité dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : La commune de L'Etang-Salé versera à la SCCV Leonidas la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à la SCCV Leonidas et à la commune de L'Etang-Salé.
Délibéré après l'audience du 26 mars 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Bauzerand, président,
- M. Felsenheld, premier conseiller,
- Mme Beddeleem, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 avril 2024.
La rapporteure,
J. BEDDELEEM
Le président,
Ch. BAUZERAND
Le greffier,
D. CAZANOVE
La République mande et ordonne au préfet de La Réunion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026