jeudi 6 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de La Réunion |
| Section | Tribunal Administratif de La Réunion |
| N° Dossier | TA101-2101590 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre bis |
| Avocat requérant | DUGOUJON & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires complémentaires, enregistrés les 7 décembre 2021, 10 janvier 2022 et 16 mars 2022, M. B A demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 25 octobre 2021 par laquelle le maire de La Plaine des Palmistes a refusé de l'intégrer dans la fonction publique à l'issue de son contrat à durée déterminée (CDD) à échéance du 31 décembre 2021 ;
2°) d'enjoindre à la commune de La Plaine des Palmistes de procéder à sa réintégration et à sa titularisation au grade d'adjoint technique territorial à compter du 1er janvier 2022 ;
3°) de condamner la commune de La Plaine des Palmistes à lui verser la somme de 15 000 euros au titre du préjudice subi, avec intérêts au taux légal à compter du 21 décembre 2021 et capitalisation des intérêts ;
4°) de mettre à la charge de la commune de La Plaine des Palmistes la somme de 500 euros en application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
-la décision méconnaît les dispositions de l'article 6 de la loi du 13 juillet 1983, de l'article 38 de la loi du 26 janvier 1984 et de l'article 8 du décret du 10 décembre 1996 ;
-l'illégalité de cette décision constitue une faute grave susceptible d'engager la responsabilité de la commune du fait du préjudice moral et des troubles dans les conditions d'existence qu'il a subis ;
-le nouveau contrat à durée déterminée conclu le 30 décembre 2021 n'est pas pris sur le même fondement que les précédents et viole sa qualité et ses droits de travailleur handicapé.
Par une ordonnance du 28 décembre 2021, le juge des référés a, sur la requête n° 2101591, suspendu la décision attaquée et enjoint à la commune de La Plaine des Palmistes de procéder au réexamen de sa situation.
Par un mémoire en défense enregistré le 2 février 2022, la commune de La Plaine des Palmistes, représentée par Me Dugoujon, conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions à fin d'annulation, d'injonction et d'indemnisation et au rejet des conclusions présentées en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient qu'il n'y a pas lieu de statuer sur le litige dont l'intérêt a disparu en cours d'instance, le nouveau CDD conclu le 30 décembre 2021 avec M. A rapportant la décision attaquée du 25 octobre 2021.
Par une ordonnance du 17 février 2022, le juge des référés a rejeté la requête n° 2200018 présentée par M. A, considérant que l'ordonnance du 28 décembre 2021 avait fait l'objet d'une exécution.
Par une ordonnance du 9 mai 2022, le président du tribunal a prononcé la clôture de l'instruction au 9 juin 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 96-1087 du 10 décembre 1996 ;
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Legrand, première conseillère,
- les conclusions de M. Sauvageot, rapporteur public,
- et les observations de Me Dugoujon, représentant la commune de La Plaine des Palmistes.
La commune de la Plaine des Palmistes, représentée par Me Dugoujon, a présenté une note en délibéré enregistrée le 9 mars 2023.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, reconnu travailleur handicapé par décision de la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées du 26 août 2019, a été engagé par la commune de La Plaine des Palmistes par contrat à durée déterminée (CDD) d'un an le 16 décembre 2019 sur le fondement des dispositions spécifiques de la loi du 26 janvier 1984 relatives à l'emploi des travailleurs handicapés. Ce contrat a été renouvelé sur le même fondement le 5 janvier 2021, avec une date de fin au 31 décembre 2021. Par une décision du 25 octobre 2021, le maire de La Plaine des Palmistes l'a informé de la date de fin de son contrat, le 31 décembre 2021. M. A a alors adressé une demande indemnitaire préalable reçue par la commune le 21 décembre 2021. A la suite de l'ordonnance du 28 décembre 2021 suspendant l'exécution de la décision du 25 octobre 2021, la commune a conclu le 30 décembre 2021 un nouveau contrat avec M. A, sous la forme d'un CDD, sans référence à son statut de travailleur handicapé. Par la présente requête, M. A demande au tribunal l'annulation de la décision du 25 octobre 2021 qui doit s'analyser, compte tenu des dispositions applicables mentionnées ci-dessous, en un refus de prononcer son intégration et sa titularisation dans la fonction publique territoriale. Il présente, en outre, des conclusions à fin d'injonction et de condamnation.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 38 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale : " () Les personnes mentionnées aux 1°, 2°, 3°, 4°, 9°, 10° et 11° de l'article L. 5212-13 du code du travail peuvent être recrutées en qualité d'agent contractuel dans les emplois de catégories A, B et C pendant une période correspondant à la durée de stage prévue par le statut particulier du cadre d'emplois dans lequel elles ont vocation à être titularisées. (). Le contrat est renouvelable, pour une durée qui ne peut excéder la durée initiale du contrat. A l'issue de cette période, les intéressés sont titularisés sous réserve qu'ils remplissent les conditions d'aptitude pour l'exercice de la fonction () ". Aux termes de l'article L. 5212-13 du code du travail : " Bénéficient de l'obligation d'emploi instituée par l'article L. 5212-2 : 1° Les travailleurs reconnus handicapés par la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées mentionnée à l'article L. 146-9 du code de l'action sociale et des familles () ". Aux termes de l'article 8 du décret du 10 décembre 1996 relatif au recrutement des travailleurs handicapés dans la fonction publique pris pour l'application de l'article 38 de la loi du 26 janvier 1984 : " A l'issue du contrat, l'appréciation de l'aptitude professionnelle de l'agent par l'autorité territoriale est effectuée au vu du dossier de l'intéressé et après un entretien de celui-ci. /I. - Si l'agent est déclaré apte à exercer les fonctions, l'autorité territoriale procède à sa titularisation. /Lors de la titularisation, la période accomplie en tant qu'agent contractuel est prise en compte dans les conditions prévues pour une période équivalente de stage par le statut particulier. /Lors de la titularisation, l'agent est affecté dans l'emploi pour lequel il a été recruté comme agent non titulaire. /II. - Si l'agent, sans s'être révélé inapte à exercer ses fonctions, n'a pas fait la preuve de capacités professionnelles suffisantes, l'autorité territoriale prononce le renouvellement du contrat pour la même durée que le contrat initial, après avis de la commission administrative paritaire compétente pour le cadre d'emplois au sein duquel l'agent a vocation à être titularisé. /Une évaluation des compétences de l'intéressé est effectuée de façon à favoriser son intégration professionnelle. /Si l'appréciation de l'aptitude de l'agent ne permet pas d'envisager qu'il puisse faire preuve de capacités professionnelles suffisantes dans le cadre d'emplois dans lequel il a vocation à être titularisé, le renouvellement du contrat peut être prononcé, après avis de la commission administrative paritaire compétente, en vue d'une titularisation éventuelle dans un cadre d'emplois de niveau hiérarchique inférieur. /III. - Si l'appréciation de l'aptitude de l'agent ne permet pas d'envisager qu'il puisse faire preuve de capacités professionnelles suffisantes, le contrat n'est pas renouvelé, après avis de la commission administrative paritaire compétente pour le cadre d'emplois concerné. L'intéressé peut bénéficier des allocations d'assurance chômage en application de l'article L. 351-12 du code du travail ".
3. Il résulte de l'application combinée de ces dispositions qu'à l'issue du contrat de recrutement d'un travailleur handicapé ou du renouvellement de ce contrat, la collectivité doit évaluer ses compétences professionnelles, au vu de son dossier et après un entretien avec lui, et, si l'agent est déclaré apte à exercer ses fonctions, prononcer son intégration dans la fonction publique et sa titularisation. Elle ne peut, sans méconnaître ces dispositions, se borner à lui proposer un nouveau CDD à l'issue du renouvellement de son contrat.
4. En l'espèce, à l'issue du contrat conclu et renouvelé avec M. A sur le fondement des dispositions spécifiques à l'emploi des travailleurs handicapés précitées, la commune de La Plaine des Palmistes l'a d'abord informé, par décision du 25 octobre 2021, de la fin de son contrat au 31 décembre 2021, valant implicitement refus de l'intégrer dans la fonction publique, puis a conclu un nouveau contrat à durée déterminée avec lui, après que le juge des référés a suspendu la décision du 25 octobre 2021. Dans la mesure où la conclusion ce nouveau contrat n'est pas conforme aux dispositions précitées et confère à M. A une situation moins favorable que s'il avait été intégré et titularisé dans la fonction publique, les conclusions à fin d'annulation dirigées contre la décision du 25 octobre 2021 ne sont pas devenues sans objet. L'exception de non-lieu à statuer opposée par la commune doit donc être rejetée.
5. En ne proposant pas à M. A, à l'issue de son second contrat conclu sur le fondement des dispositions protectrices relatives aux travailleurs handicapés, son intégration dans la fonction publique et sa titularisation, sans lui opposer pour autant son inaptitude professionnelle, la commune de La Plaine des Palmistes a méconnu les dispositions de l'article 38 de la loi du 26 janvier 1984 et de l'article 8 du décret du 10 décembre 1996. Il y a lieu, dès lors, de prononcer l'annulation de la décision du 25 octobre 2021 pour erreur de droit.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. Dans les circonstances de l'espèce, d'une part, les deux contrats d'une durée d'un an conclus par la commune avec M. A les 5 janvier et 30 décembre 2021 relèvent qu'il remplit les conditions générales de recrutement et que son aptitude physique a été attestée par certificat médical, d'autre part, la commune affirme dans son mémoire en défense qu'un entretien a été réalisé avec l'intéressé le 29 décembre 2021, en outre, ses responsables hiérarchiques ont émis le 28 octobre 2020 des avis favorables à son maintien en poste, indiquant notamment qu'il était un " élément essentiel en cuisine ", enfin, le poste sur lequel il a été recruté par contrat du 30 décembre 2021 est identique à celui qu'il occupait précédemment. Il y a donc lieu de considérer que l'appréciation de son aptitude professionnelle a été effectuée par l'autorité territoriale et que M. A a été déclaré apte à exercer les fonctions d'agent de restauration. Dans ces conditions, il y a lieu d'enjoindre à la commune de La Plaine des Palmistes d'intégrer M. A et de le titulariser au grade d'adjoint technique territorial à compter du 1er janvier 2022, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les conclusions à fin de condamnation :
7. La décision du 29 décembre 2021 de réengager M. A en CDD ne correspondant pas à un des cas prévus par les dispositions précitées de règlement de la situation d'un travailleur handicapé engagé par CDD renouvelé une fois, elle est entachée d'erreur de droit. Les décisions illégales du 25 octobre 2021 et du 29 décembre 2021 constituent des fautes de nature à engager la responsabilité de la commune de La Plaine des Palmistes. Il sera fait une juste appréciation du préjudice moral subi par M. A en condamnant la commune de la Plaine des Palmistes à lui verser la somme de 2 000 euros à ce titre, avec intérêts au taux légal à compter du 21 décembre 2021, date de réception de sa demande indemnitaire préalable. Ces intérêts seront eux-mêmes capitalisés au 21 décembre 2022. En revanche, le requérant ne justifiant pas des troubles distincts subis dans ses conditions d'existence, sa demande d'indemnisation de ce chef doit être rejetée.
Sur les frais liés au litige :
8. M. A n'ayant pas eu recours aux services d'un avocat et ne justifiant pas des frais engagés à l'instance, ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 25 octobre 2021 par laquelle la commune de La Plaine des Palmistes a refusé d'intégrer et de titulariser M. A dans la fonction publique territoriale est annulée.
Article 2 : Il est enjoint à la commune de La Plaine des Palmistes d'intégrer M. A et de le titulariser au grade d'adjoint technique territorial à compter du 1er janvier 2022, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : La commune de La Plaine des Palmistes versera une indemnité de 2 000 euros à M. A, avec intérêts au taux légal à compter du 21 décembre 2021 et capitalisation des intérêts au 21 décembre 2022.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la commune de La Plaine des Palmistes.
Délibéré après l'audience du 6 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Bauzerand, président,
Mme Legrand, première conseillère,
M. Caille, premier conseiller.
Rendu public par mise au disposition au greffe le 6 avril 2023.
La rapporteure,
I. LEGRAND
Le président,
C. BAUZERAND Le greffier,
D. CAZANOVE
La République mande et ordonne au préfet de La Réunion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
P/La greffière en chef,
Le greffier,
D. CAZANOVE
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026