jeudi 12 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de La Réunion |
| Section | Tribunal Administratif de La Réunion |
| N° Dossier | TA101-2101621 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | MAUJEUL |
Vu la procédure suivante :
§I. Par une requête, enregistrée le 13 décembre 2021, sous le n°2101621, la société de restauration du Port, représentée par Me Maujeul, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 12 octobre 2021 par laquelle le directeur régional des finances publiques de la Réunion a rejeté sa demande d'aide exceptionnelle pour le mois de mars 2021 à hauteur d'une somme de 49 070 euros au titre du fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19 ;
2°) d'annuler la décision du 12 octobre 2021 par laquelle le directeur régional des finances publiques de la Réunion a rejeté sa demande d'aide exceptionnelle pour le mois d'avril 2021 à hauteur d'une somme de 65 427 euros au titre du fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19 ;
3°) d'annuler la décision du 12 octobre 2021 par laquelle le directeur régional des finances publiques de la Réunion a rejeté sa demande d'aide exceptionnelle pour le mois de mai 2021 à hauteur d'une somme de 65 427 euros au titre du fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19 ;
4°) d'annuler la décision du 18 octobre 2021 par laquelle le directeur régional des finances publiques de la Réunion a rejeté sa demande d'aide exceptionnelle pour le mois de septembre 2021 à hauteur d'une somme de 65 427 euros au titre du fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19 ;
5°) d'annuler la décision du 16 septembre 2021 par laquelle le directeur régional des finances publiques de la Réunion a rejeté sa demande d'aide exceptionnelle pour le mois d'août 2021 à hauteur d'une somme de 65 427 euros au titre du fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19 ;
6°) d'annuler la décision du 17 août 2021 par laquelle le directeur régional des finances publiques de la Réunion a rejeté sa demande d'aide exceptionnelle pour le mois de juillet 2021 à hauteur d'une somme de 19 508 euros au titre du fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19 ;
7°) d'annuler la décision du 2 août 2021 par laquelle le directeur régional des finances publiques de la Réunion a rejeté sa demande d'aide exceptionnelle pour le mois de juin 2021 à hauteur d'une somme de 65 427 euros au titre du fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19 ;
8°) d'annuler la décision du 13 juillet 2021 par laquelle le directeur régional des finances publiques de la Réunion a rejeté sa demande d'aide exceptionnelle pour le mois de mai 2021 à hauteur d'une somme de 65 427 euros au titre du fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19 ;
9°) d'annuler la décision du 27 mai 2021 par laquelle le directeur régional des finances publiques de la Réunion a rejeté sa demande d'aide exceptionnelle pour le mois d'avril 2021 à hauteur d'une somme de 65 427 euros au titre du fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19 ;
10°) d'annuler la décision du 21 avril 2021 par laquelle le directeur régional des finances publiques de la Réunion a rejeté sa demande d'aide exceptionnelle pour le mois de mars 2021 à hauteur d'une somme de 49 070 euros au titre du fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19 ;
11°) d'enjoindre au directeur régional des finances publiques de la Réunion de réétudier les demandes d'aide exceptionnelle qu'elle a formulé pour les mois de mars à septembre 2021 au titre du fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous une astreinte de 50 euros par jour de retard ;
12°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 5 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les décisions attaquées ne comportent ni la signature ni le nom de leur auteur, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elles sont entachées d'un défaut de motivation dès lors qu'elles ne comportent pas les considérations de droit qui les fondent ;
- la décision du 21 avril 2021 rejetant sa demande d'aide financière qu'elle a présentée au titre du mois de mars 2021 est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors que la société requérante a transmis à l'administration le 26 avril 2021 les pièces lui permettant de justifier son chiffre d'affaires ;
- les décisions du 12 octobre 2021 rejetant les demandes d'aide financières qu'elle a présentées au titre des mois de mars, avril et mai 2021 méconnaissent les dispositions du 9° de l'article 1er du décret n°2020-371 du 30 mars 2021 et sont entachées d'erreurs d'appréciation dès lors que les sociétés exerçant leur activité sous l'enseigne 3 BRASSEURS ou L'ETE INDIEN ne constituent pas un groupe au sens des dispositions de l'article L. 233 du code du commerce ;
- les décisions du 27 mai et du 13 juillet 2021 rejetant les demandes d'aide financière qu'elle a respectivement présentées au titre des mois d'avril et mai 2021 sont entachées d'erreurs d'appréciation dès lors que, contrairement à ce qui y est indiqué, le restaurant L'ETE INDIEN a été fermé par arrêté préfectoral n°2021-626 du 2 avril 2021 ;
- la décision des 2, 17 août, 16 septembre et 18 octobre 2021 rejetant les demandes d'aide financière qu'elle a respectivement présentées au titre des mois de juin, juillet, août et septembre 2021 sont entachées d'erreur de droit dès lors, d'une part, qu'en rejetant ses demande au motif de ce qu'elle n'avait pas bénéficié de l'aide financière au titre des mois d'avril ou mai 2021, l'administration a rajouté une condition non prévue par les textes dès lors que ce motif n'était pas prévu par l'ordonnance n°2020-317 du 25 mars 2020 et, d'autre part, que le décret n°2021-1336 du 14 octobre 2021 a modifié rétroactivement le régime applicable au titre des pertes des mois de juin, juillet et août 2021 et remplace la condition tirée du bénéfice de l'aide au titre des mois d'avril ou mai 2021 ;
- les décisions des 2, 17 août, 16 septembre et 18 octobre 2021 sont entachées d'erreurs d'appréciation dès lors qu'elle était fondée à bénéficier de l'aide financière au titre des mois de mars à août 2021 ;
- le rejet de sa demande d'aide financière au titre des mois de juin, juillet, août et septembre 2021 présente un caractère anormal et inéquitable dès lors que l'établissement était fermé de nombreux mois en raison de l'épidémie de covid-19.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 décembre 2023, le directeur régional des finances publiques de La Réunion conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
§II. Par une requête et un mémoire, enregistrés les 16 janvier 2022 et 18 février 2024, sous le n° 2200037, la société de restauration du Port, représentée par Me Maujeul, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 18 octobre 2021 par laquelle le directeur régional des finances publiques de la Réunion a rejeté sa demande d'aide exceptionnelle pour le mois de septembre 2021 à hauteur d'une somme de 65 427 euros au titre du fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19 ;
2°) d'enjoindre au directeur régional des finances publiques de la Réunion de réétudier les demandes d'aide exceptionnelle qu'elle a formulées pour les mois de mars à septembre 2021 au titre du fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous une astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 5 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée ne comporte ni la signature ni le nom de son auteur, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation dès lors qu'elle ne comporte pas les considérations de droit qui la fondent ;
- elle est entachée d'erreurs de droit dès lors, d'une part, qu'en rejetant sa demande au motif de ce qu'elle n'avait pas bénéficié de l'aide financière au titre des mois d'avril ou mai 2021, l'administration a rajouté une condition non prévue par les textes dès lors que ce motif n'était pas prévu par l'ordonnance n°2020-317 du 25 mars 2020 et, d'autre part, que le décret n°2021-1336 du 14 octobre 2021 a modifié rétroactivement le régime applicable au titre des pertes des mois de juin, juillet et août 2021 et remplace la condition tirée du bénéfice de l'aide au titre des mois d'avril ou mai 2021 ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors qu'elle était fondée à bénéficier de l'aide financière au titre des mois de mars à août 2021 ;
- le rejet de sa demande d'aide financière présente un caractère anormal et inéquitable dès lors que l'établissement était fermé de nombreux mois en raison de l'épidémie de covid-19.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 avril 2022, le directeur régional des finances publiques de La Réunion conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
§III. Par une requête et un mémoire, enregistrés les 16 janvier 2022 et 18 février 2024, sous le n° 2200038, la société de restauration du Port, représentée par Me Maujeul, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 12 octobre 2021 par laquelle le directeur régional des finances publiques de la Réunion a rejeté sa demande d'aide exceptionnelle pour le mois de mai 2021 à hauteur d'une somme de 65 427 euros au titre du fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19 ;
2°) d'enjoindre au directeur régional des finances publiques de la Réunion de réétudier les demandes d'aide exceptionnelle qu'elle a formulées pour les mois de mars à septembre 2021 au titre du fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous une astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 5 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée ne comporte ni la signature ni le nom de son auteur, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation dès lors qu'elle ne comporte pas les considérations de droit qui la fondent ;
- elle méconnait les dispositions du 9° de l'article 1er du décret n°2020-371 du 30 mars 2021 et est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors que les sociétés exerçant leur activité sous l'enseigne 3 BRASSEURS ou L'ETE INDIEN ne constituent pas un groupe au sens des dispositions de l'article L. 233 du code du commerce.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 avril 2022, le directeur régional des finances publiques de La Réunion conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
§IV. Par une requête et un mémoire, enregistrés les 16 janvier 2022 et 18 février 2024, sous le n° 2200039, la société de restauration du Port, représentée par Me Maujeul, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 12 octobre 2021 par laquelle le directeur régional des finances publiques de la Réunion a rejeté sa demande d'aide exceptionnelle pour le mois d'avril 2021 à hauteur d'une somme de 65 427 euros au titre du fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19 ;
2°) d'enjoindre au directeur régional des finances publiques de la Réunion de réétudier les demandes d'aide exceptionnelle qu'elle a formulées pour les mois de mars à septembre 2021 au titre du fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous une astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 5 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée ne comporte ni la signature ni le nom de son auteur, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation dès lors qu'elle ne comporte pas les considérations de droit qui la fondent ;
- elle méconnait les dispositions du 9° de l'article 1er du décret n°2020-371 du 30 mars 2021 et est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors que les sociétés exerçant leur activité sous l'enseigne 3 BRASSEURS ou L'ETE INDIEN ne constituent pas un groupe au sens des dispositions de l'article L. 233 du code du commerce.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 avril 2022, le directeur régional des finances publiques de La Réunion conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
§V. Par une requête et un mémoire, enregistrés les 16 janvier 2022 et 18 février 2024, sous le n° 2200040, la société de restauration du Port, représentée par Me Maujeul, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 12 octobre 2021 par laquelle le directeur régional des finances publiques de la Réunion a rejeté sa demande d'aide exceptionnelle pour le mois de mars 2021 à hauteur d'une somme de 49 070 euros au titre du fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19 ;
2°) d'enjoindre au directeur régional des finances publiques de la Réunion de réétudier les demandes d'aide exceptionnelle qu'elle a formulées pour les mois de mars à septembre 2021 au titre du fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous une astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 5 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée ne comporte ni la signature ni le nom de son auteur, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation dès lors qu'elle ne comporte pas les considérations de droit qui la fondent ;
- elle méconnait les dispositions du 9° de l'article 1er du décret n°2020-371 du 30 mars 2021 et est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors que les sociétés exerçant leur activité sous l'enseigne 3 BRASSEURS ou L'ETE INDIEN ne constituent pas un groupe au sens des dispositions de l'article L. 233 du code du commerce.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 avril 2022, le directeur régional des finances publiques de La Réunion conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
§VI. Par une requête et un mémoire, enregistrés les 16 janvier 2022 et 18 février 2024, sous le n° 2200041, la société de restauration du Port, représentée par Me Maujeul, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 16 septembre 2021 par laquelle le directeur régional des finances publiques de la Réunion a rejeté sa demande d'aide exceptionnelle pour le mois d'août 2021 à hauteur d'une somme de 65 427 euros au titre du fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19 ;
2°) d'enjoindre au directeur régional des finances publiques de la Réunion de réétudier les demandes d'aide exceptionnelle qu'elle a formulées pour les mois de mars à septembre 2021 au titre du fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous une astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 5 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée ne comporte ni la signature ni le nom de son auteur, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation dès lors qu'elle ne comporte pas les considérations de droit qui la fondent ;
- elle est entachée d'erreurs de droit dès lors, d'une part, qu'en rejetant sa demande au motif de ce qu'elle n'avait pas bénéficié de l'aide financière au titre des mois d'avril ou mai 2021, l'administration a rajouté une condition non prévue par les textes dès lors que ce motif n'était pas prévu par l'ordonnance n°2020-317 du 25 mars 2020 et, d'autre part, que le décret n°2021-1336 du 14 octobre 2021 a modifié rétroactivement le régime applicable au titre des pertes des mois de juin, juillet et août 2021 et remplace la condition tirée du bénéfice de l'aide au titre des mois d'avril ou mai 2021 ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors qu'elle était fondée à bénéficier de l'aide financière au titre des mois de mars à août 2021 ;
- le rejet de sa demande d'aide financière présente un caractère anormal et équitable dès lors que l'établissement était fermé de nombreux mois en raison de l'épidémie de covid-19.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 avril 2022, le directeur régional des finances publiques de La Réunion conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
§VII. Par une requête et un mémoire, enregistrés les 16 janvier 2022 et 18 février 2024, sous le n° 2200042, la société de restauration du Port, représentée par Me Maujeul, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 17 août 2021 par laquelle le directeur régional des finances publiques de la Réunion a rejeté sa demande d'aide exceptionnelle pour le mois de juillet 2021 à hauteur d'une somme de 19 508 euros au titre du fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19 ;
2°) d'enjoindre au directeur régional des finances publiques de la Réunion de réétudier les demandes d'aide exceptionnelle qu'elle a formulées pour les mois de mars à septembre 2021 au titre du fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous une astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 5 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée ne comporte ni la signature ni le nom de son auteur, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation dès lors qu'elle ne comporte pas les considérations de droit qui la fondent ;
- elle est entachée d'erreurs de droit dès lors, d'une part, qu'en rejetant sa demande au motif de ce qu'elle n'avait pas bénéficié de l'aide financière au titre des mois d'avril ou mai 2021, l'administration a rajouté une condition non prévue par les textes dès lors que ce motif n'était pas prévu par l'ordonnance n°2020-317 du 25 mars 2020 et, d'autre part, que le décret n°2021-1336 du 14 octobre 2021 a modifié rétroactivement le régime applicable au titre des pertes des mois de juin, juillet et août 2021 et remplace la condition tirée du bénéfice de l'aide au titre des mois d'avril ou mai 2021 ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors qu'elle était fondée à bénéficier de l'aide financière au titre des mois de mars à août 2021 ;
- le rejet de sa demande d'aide financière présente un caractère anormal et équitable dès lors que l'établissement était fermé de nombreux mois en raison de l'épidémie de covid-19.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 avril 2022, le directeur régional des finances publiques de La Réunion conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
§VIII. Par une requête et un mémoire, enregistrés les 16 janvier 2022 et 18 février 2024, sous le n° 2200043, la société de restauration du Port, représentée par Me Maujeul, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 2 août 2021 par laquelle le directeur régional des finances publiques de la Réunion a rejeté sa demande d'aide exceptionnelle pour le mois de juin 2021 à hauteur d'une somme de 65 427 euros au titre du fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19 ;
2°) d'enjoindre au directeur régional des finances publiques de la Réunion de réétudier les demandes d'aide exceptionnelle qu'elle a formulées pour les mois de mars à septembre 2021 au titre du fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous une astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 5 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée ne comporte ni la signature ni le nom de son auteur, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation dès lors qu'elle ne comporte pas les considérations de droit qui la fondent ;
- elle est entachée d'erreurs de droit dès lors, d'une part, qu'en rejetant sa demande au motif de ce qu'elle n'avait pas bénéficié de l'aide financière au titre des mois d'avril ou mai 2021, l'administration a rajouté une condition non prévue par les textes dès lors que ce motif n'était pas prévu par l'ordonnance n°2020-317 du 25 mars 2020 et, d'autre part, que le décret n°2021-1336 du 14 octobre 2021 a modifié rétroactivement le régime applicable au titre des pertes des mois de juin, juillet et août 2021 et remplace la condition tirée du bénéfice de l'aide au titre des mois d'avril ou mai 2021 ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors qu'elle était fondée à bénéficier de l'aide financière au titre des mois de mars à août 2021 ;
- le rejet de sa demande d'aide financière présente un caractère anormal et équitable dès lors que l'établissement était fermé de nombreux mois en raison de l'épidémie de covid-19.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 avril 2022, le directeur régional des finances publiques de La Réunion conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
IX. Par une requête et un mémoire, enregistrés les 16 janvier 2022 et 18 février 2024, sous le n° 2200044, la société de restauration du Port, représentée par Me Maujeul, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 13 juillet 2021 par laquelle le directeur régional des finances publiques de la Réunion a rejeté sa demande d'aide exceptionnelle pour le mois de mai 2021 à hauteur d'une somme de 65 427 euros au titre du fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19 ;
2°) d'enjoindre au directeur régional des finances publiques de la Réunion de réétudier les demandes d'aide exceptionnelle qu'elle a formulées pour les mois de mars à septembre 2021 au titre du fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous une astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 5 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée ne comporte ni la signature ni le nom de son auteur, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation dès lors qu'elle ne comporte pas les considérations de droit qui la fondent ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors que, contrairement à ce qui y est indiqué, le restaurant L'ETE INDIEN a été fermé par arrêté préfectoral n°2021-874 du 7 mai 2021.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 avril 2022, le directeur régional des finances publiques de La Réunion conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
X. Par une requête et un mémoire, enregistrés les 16 janvier 2022 et 18 février 2024, sous le n° 2200045, la société de restauration du Port, représentée par Me Maujeul, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 27 mai 2021 par laquelle le directeur régional des finances publiques de la Réunion a rejeté sa demande d'aide exceptionnelle pour le mois d'avril 2021 à hauteur d'une somme de 65 427 euros au titre du fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19 ;
2°) d'enjoindre au directeur régional des finances publiques de la Réunion de réétudier les demandes d'aide exceptionnelle qu'elle a formulé pour les mois de mars à septembre 2021 au titre du fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous une astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 5 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée ne comporte ni la signature ni le nom de son auteur, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation dès lors qu'elle ne comporte pas les considérations de droit qui la fondent ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors que, contrairement à ce qui y est indiqué, le restaurant L'ETE INDIEN a été fermé par arrêté préfectoral n°2021-626 du 2 avril 2021.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 avril 2022, le directeur régional des finances publiques de La Réunion conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
XI. Par une requête et un mémoire, enregistrés les 16 janvier 2022 et 18 février 2024, sous le n° 2200046, la société de restauration du Port, représentée par Me Maujeul, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 21 avril 2021 par laquelle le directeur régional des finances publiques de la Réunion a rejeté sa demande d'aide exceptionnelle pour le mois de mars 2021 à hauteur d'une somme de 49 070 euros au titre du fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19 ;
2°) d'enjoindre au directeur régional des finances publiques de la Réunion de réétudier les demandes d'aide exceptionnelle qu'elle a formulées pour les mois de mars à septembre 2021 au titre du fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous une astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 5 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée ne comporte ni la signature ni le nom de son auteur, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation dès lors qu'elle ne comporte pas les considérations de droit qui la fondent ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors que la société requérante a transmis à l'administration le 26 avril 2021 les pièces lui permettant de justifier son chiffre d'affaires.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 avril 2022, le directeur régional des finances publiques de La Réunion conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code du commerce ;
- l'ordonnance n° 2020-317 du 25 mars 2020 ;
- le décret n° 2020-371 du 30 mars 2020, modifié ;
- le décret n° 2020-1310 du 29 octobre 2020 ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Le Merlus,
- et les conclusions de M. Felsenheld, rapporteur public,
- aucune des parties n'étant présente ou représentée.
Considérant ce qui suit :
1. Par les présentes requêtes, la société de restauration du Port, qui exerce une activité de restauration traditionnelle, demande au tribunal d'annuler les décisions par lesquelles le directeur régional des finances publiques de La Réunion a rejeté ses demandes d'aide exceptionnelle pour les mois de mars, avril, mai, juin, juillet, août et septembre 2021 au titre du fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19.
Sur la jonction :
2. Les requêtes n°2101621, 2200037, 2200038, 2200039, 2200040, 2200041, 2200042, 2200043, 2200044, 2200045, 2200046, présentées par la société de restauration du Port présentent à juger les mêmes questions. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
3. Indépendamment des actions indemnitaires qui peuvent être engagées contre la personne publique, les recours relatifs au refus d'octroi de l'aide accordée dans le cadre du fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19, qui relève de la catégorie des subventions, ne peuvent être portés que devant le juge de l'excès de pouvoir. Il ne s'agit donc pas de recours de plein contentieux, contrairement à ce que soutient l'administration fiscale.
En ce qui concerne la décision du 21 avril 2021 rejetant la demande d'aide financière présentée par la société de restauration du Port au titre du mois de mars 2021 :
4. Aux termes de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci ". Et aux termes de l'article L. 212-2 du même code : " Sont dispensés de la signature de leur auteur, dès lors qu'ils comportent ses prénom, nom et qualité ainsi que la mention du service auquel celui-ci appartient, les actes suivants : / 1° Les décisions administratives qui sont notifiées au public par l'intermédiaire d'un téléservice conforme à l'article L. 112-9 et aux articles 9 à 12 de l'ordonnance n° 2005-1516 du 8 décembre 2005 relative aux échanges électroniques entre les usagers et les autorités administratives et entre les autorités administratives ainsi que les actes préparatoires à ces décisions. / () ".
5. Si la décision attaquée est dispensée de la signature de son auteur par les dispositions précitées de l'article L. 212-2 du code des relations entre le public et l'administration dès lors qu'elle a été notifiée par l'intermédiaire d'un téléservice, il ressort des pièces des dossiers qu'elle comporte uniquement la mention " Direction générale des finances publiques ". Cette mention n'est pas de nature à permettre l'identification de son auteur, de sa qualité et du service auquel il appartient, en méconnaissance des dispositions précitées.
6. Par suite, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête dirigée contre la décision du 21 avril 2021, la société requérante est fondée à demander l'annulation de la décision rejetant sa demande d'aide financière présentée au titre du mois de mars 2021.
En ce qui concerne la décision du 12 octobre 2021 rejetant la demande d'aide financière présentée par la société de restauration du Port au titre du mois de mars 2021 :
7. D'une part, aux termes de l'article 1er du décret du 30 mars 2020 relatif au fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19 et des mesures prises pour limiter cette propagation : " I.- Le fonds mentionné par l'ordonnance du 25 mars 2020 susvisée bénéficie aux personnes physiques et personnes morales de droit privé résidentes fiscales françaises exerçant une activité économique, ci-après désignées par le mot : entreprises, remplissant les conditions suivantes : () / Au sens du présent décret, un groupe est soit une entreprise n'étant ni contrôlée par une autre, ni ne contrôlant une autre entreprise dans les conditions prévues à l'article L. 233-3 du code du commerce, soit un ensemble de sociétés et d'entreprises en nom propre liées entre elles dans les conditions prévues à l'article L. 233-3 précité. ". Aux termes de l'article 3-24 du même décret : " I.- A.- Les entreprises mentionnées à l'article 1er du présent décret, n'ayant pas fait l'objet d'un arrêté pris par le préfet de département ordonnant la fermeture de l'entreprise () bénéficient d'aides financières prenant la forme de subventions destinées à compenser la perte de chiffre d'affaires subie au cours du mois de mars 2021, lorsqu'elles remplissent les conditions suivantes : () III.- L'aide versée est limitée à un plafond de 200 000 euros au niveau du groupe ".
8. D'autre part, aux termes de l'article L. 233-3 du code du commerce : " I.- Toute personne, physique ou morale, est considérée, pour l'application des sections 2 et 4 du présent chapitre, comme en contrôlant une autre : / 1° Lorsqu'elle détient directement ou indirectement une fraction du capital lui conférant la majorité des droits de vote dans les assemblées générales de cette société ; / 2° lorsqu'elle dispose seule de la majorité des droits de vote dans cette société en vertu d'un accord conclu avec d'autres associés ou actionnaires et qui n'est pas contraire à l'intérêt de la société ; / 3° lorsqu'elle détermine en fait, par les droits de vote dont elle dispose, les décisions dans les assemblées générales de cette société ; / 4° lorsqu'elle est associée ou actionnaire de cette société et dispose du pouvoir de nommer ou de révoquer la majorité des membres des organes d'administration, de direction ou de surveillance de cette société. / II - Elle est présumée exercer ce contrôle lorsqu'elle dispose directement ou indirectement d'une fraction des droits de vote supérieure à 40 % et qu'aucun autre associé ou actionnaire ne détient directement ou indirectement une fraction supérieure à la sienne / III.- Pour l'application des mêmes sections du présent chapitre, deux ou plusieurs personnes agissant de concert sont considérées comme en contrôlant conjointement une autre lorsqu'elles déterminent en fait les décisions prises en assemblée générale ".
9. Pour refuser le bénéfice de l'aide sollicitée par la société de restauration du Port au titre du mois mars 2021, l'administration s'est fondée sur la circonstance qu'elle fait partie d'un groupe au sens des dispositions précitées de l'article L. 233-3 du code du commerce et que le versement de cette aide aurait eu pour conséquence le dépassement du plafond de 200 000 euros au niveau du groupe fixé par les dispositions précitées de l'article 3-24 du décret du 30 mars 2020. Il est constant que la société de restauration du Port est détenue à 50 % par la société Fonteneau, lui conférant la majorité des droits de vote, à 25 % par la société Salama et à 25 % par la société Mystic Falls. L'administration fiscale soutient que les associés de la société de restauration du Port détiennent des participations dans d'autres sociétés, qui ont déjà bénéficié de l'aide sollicitée au titre du mois de mars 2021, de sorte que le plafond de 200 00 euros au niveau du groupe a été dépassé.
10. En l'occurrence, la société Fonteneau, qui est considérée comme contrôlant la société de restauration du Port, ainsi qu'il a été vu au point précédent, est présumée contrôler seule les sociétés Brasserie de la Mare, Restauration de L'Etang-Salé et Lille de la Réunion, qui ont bénéficié de l'aide sollicitée, dès lors qu'elle dispose d'une fraction des droits de vote égale à 50 % et qu'aucun autre associé ne détient une fraction supérieure à la sienne. La société requérante fait donc partie d'un groupe avec ces trois dernières sociétés, les sociétés Brasserie de la Mare, Restauration de L'Etang-Salé et Lille de la Réunion.
11. En revanche, la société de restauration du Port ne peut être considérée comme contrôlant seule la société des brasseries réunionnaises et la société des brasseries Savanna, détenues à 25 % par elle, à 25 % par la société Salama et 25 % par la société Mystic Falls, ni les sociétés Bros 400, Bros 438 et Chicken Bros, détenues à 33 % par la société Salama et à 32 % par elle. L'administration soutient qu'il peut légitimement être considéré que les sociétés Fonteneau, Salama et Mystic Fallls, qui détiennent l'intégralité du capital social de la société requérante, agissent de concert et doivent donc être considérées comme contrôlant conjointement les sociétés susmentionnées - lesquelles ont déjà bénéficié de l'aide sollicitée au titre du mois de mars 2021 - dans la mesure où elles détiennent la majorité, voire la totalité des droits de vote de ces entités. Toutefois, elle ne produit aucun élément permettant de considérer que les actionnaires de ces sociétés exercent une action de concert pour déterminer " en fait les décisions prises en assemblée générale " au sens du III de l'article L. 233-3 du code du commerce. A l'inverse, la société requérante fait valoir, sans être utilement contredite, qu'aucune convention de vote ni pacte d'associés n'a été conclu entre les différents associés de ces sociétés. Dans ces conditions, la société de restauration du Port ne peut être considérée comme constituant un groupe avec la société des brasseries réunionnaises, la société des brasseries Savanna, la société Mystic Falls et les sociétés Bros 400, Bros 438 et Chicken Bros.
12. Dès lors qu'il ressort des pièces du dossier que, pour le mois concerné, une somme cumulée de 139 811 euros a été versée aux sociétés Brasserie de la Mare, Restauration de L'Etang-Salé et Lille de la Réunion, lesquelles appartiennent au même groupe au sens des dispositions précitées du code du commerce, le versement de l'aide sollicitée par la société de restauration du Port, d'un montant de 49 070 euros, n'a pas conduit, pour le mois concerné, à dépasser, au niveau du groupe, le plafond de 200 000 euros fixé par les dispositions précitées de l'article 3-24 du décret du 30 mars 2024. Par suite, en rejetant la demande d'aide financière sollicitée par la société requérante en raison du dépassement du plafond de 200 000 euros au niveau du groupe, l'administration fiscale a méconnu les dispositions précitées du III. de l'article 3-24 du décret du 30 mars 2020.
13. Il résulte de ce qui a été dit aux points 7 à 12 du présent jugement, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens des requêtes, que la société requérante est fondée à demander l'annulation de la décision du 12 octobre 2021 rejetant sa demande d'aide financière présentée au titre du mois de mars 2021.
En ce qui concerne la décision du 12 octobre 2021 rejetant la demande d'aide financière présentée par la société de restauration du Port au titre du mois d'avril 2021 :
14. Pour refuser le bénéfice de l'aide sollicitée par la société requérante au titre du mois d'avril 2021, l'administration s'est fondée sur la circonstance qu'elle fait partie d'un groupe au sens des dispositions précitées de l'article L. 233-3 du code du commerce et que le versement de cette aide aurait eu pour conséquence le dépassement du plafond de 200 000 euros au niveau du groupe fixé par les dispositions précitées de l'article 3-24 du décret du 30 mars 2020.
15. Pour les mêmes raisons qu'exposées aux points 10 à 12 du présent jugement, la société requérante doit être regardée comme faisant partie d'un groupe avec les seules sociétés Brasserie de la Mare, Restauration de L'Etang-Salé et Lille de la Réunion.
16. Dès lors qu'il ressort des pièces du dossier que, pour le mois concerné, une somme cumulée de 155 333 euros a été versée aux sociétés Brasserie de la Mare, Restauration de L'Etang-Salé et Lille de la Réunion, lesquelles appartiennent au même groupe au sens des dispositions précitées du code du commerce, le plafond de 200 000 euros fixé par les dispositions précitées de l'article 3-24 du décret du 30 mars 2024 n'a pas été dépassé. Par suite, en rejetant la demande d'aide financière sollicitée par la société requérante en raison du dépassement du plafond de 200 000 euros au niveau du groupe, l'administration fiscale a méconnu les dispositions précitées du III. de l'article 3-24 du décret du 30 mars 2020.
17. Par suite, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens des requêtes, la société requérante est fondée à demander l'annulation de la décision du 12 octobre 2021 rejetant sa demande d'aide financière présentée au titre du mois d'avril 2021.
En ce qui concerne la décision du 27 mai 2021 rejetant la demande d'aide financière présentée par la société de restauration du Port au titre du mois d'avril 2021 :
18. Aux termes de l'article 40 du décret du 29 octobre 2020 prescrivant les mesures générales nécessaires pour faire face à l'épidémie de covid-19 dans le cadre de l'état d'urgence sanitaire dans sa rédaction applicable au litige : " I. - Les établissements relevant des catégories mentionnées par le règlement pris en application de l'article R. 123-12 du code de la construction et de l'habitation figurant ci-après ne peuvent accueillir du public : 1° Etablissements de type N : Restaurants et débits de boisson () ". Aux termes de l'article 3-26 du décret du 30 mars 2020, dans sa version applicable au litige : " I. -A.- Les entreprises mentionnées à l'article 1er du présent décret, n'ayant pas fait l'objet d'un arrêté pris par le préfet de département ordonnant la fermeture de l'entreprise en application du troisième alinéa de l'article 29 du décret du 16 octobre 2020 précité ou du troisième alinéa de l'article 29 du décret du 29 octobre 2020 précité, bénéficient d'aides financières prenant la forme de subventions destinées à compenser la perte de chiffre d'affaires subie au cours du mois d'avril 2021, lorsqu'elles remplissent les conditions suivantes :/ 1° Elles ont fait l'objet : / a) D'une interdiction d'accueil du public sans interruption du 1er avril 2021 au 30 avril 2021 et ont subi une perte de chiffre d'affaires, y compris le chiffre d'affaires réalisé sur les activités de vente à distance, avec retrait en magasin ou livraison, ou sur les activités de vente à emporter, d'au moins 20 % durant la période comprise entre le 1er avril 2021 et le 30 avril 2021 ; / b) D'une interdiction d'accueil du public entre le 1er avril 2021 et le 30 avril 2021 et ont subi une perte de chiffre d'affaires, y compris le chiffre d'affaires réalisé sur les activités de vente à distance, avec retrait en magasin ou livraison, ou sur les activités de vente à emporter, d'au moins 20 % durant la période comprise entre le 1er avril 2021 et le 30 avril 2021. / () ".
19. En l'occurrence, il ressort des pièces du dossier que l'établissement géré par la société de restauration du Port, qui constitue un établissement de type N au sens des dispositions précitées de l'article 40 du décret du 29 octobre 2020, a fait l'objet d'une interdiction d'accueil du public du 6 au 20 avril 2021. En outre, il n'est pas contesté que la société a subi une perte de chiffre d'affaires supérieure à 20 % pour le mois d'avril 2021 par rapport au chiffre d'affaires de référence. Dans ces conditions, elle pouvait bénéficier de l'aide financière sur le fondement des dispositions précitées du b) du 1° du A du I. de l'article 3-26 du décret du 30 mars 2021. Dès lors, en rejetant la demande par la société requérante au motif qu'elle n'a pas fait l'objet d'une interdiction d'accueil du public intervenue sur la totalité du mois d'avril 2021, l'administration fiscale a entaché sa décision d'une erreur d'appréciation.
20. Toutefois, l'administration peut, en première instance comme en appel, faire valoir devant le juge de l'excès de pouvoir que la décision dont l'annulation est demandée est légalement justifiée par un motif, de droit ou de fait, autre que celui initialement indiqué, mais également fondé sur la situation existant à la date de cette décision. Il appartient alors au juge, après avoir mis à même l'auteur du recours de présenter ses observations sur la substitution ainsi sollicitée, de rechercher si un tel motif est de nature à fonder légalement la décision, puis d'apprécier s'il résulte de l'instruction que l'administration aurait pris la même décision si elle s'était fondée initialement sur ce motif. Dans l'affirmative il peut procéder à la substitution demandée, sous réserve toutefois qu'elle ne prive pas le requérant d'une garantie procédurale liée au motif substitué.
21. Dans ses écritures en défense, l'administration demande au tribunal de substituer le motif illégal retenu dans la décision du 27 mai 2021 le nouveau motif tiré de ce qu'elle pouvait se fonder sur les dispositions précitées du III. de l'article 3-24 du décret du 30 mars 2020 pour rejeter la demande d'aide financière sollicitée par la société requérante en raison du dépassement du plafond de 200 000 euros au niveau du groupe au mois d'avril 2021. Cependant, ainsi qu'il a été vu aux points 14 à 17 du présent jugement, un tel motif ne pouvait légalement justifier le refus de l'administration dès lors que le plafond n'avait pas été atteint au titre du mois concerné.
22. Par suite, la décision du 27 mai 2021 rejetant la demande d'aide financière présentée par la société de restauration du Port au titre du mois d'avril 2021 doit également être annulée, sans qu'il y ait lieu de faire droit à la substitution de motifs demandée par l'administration.
En ce qui concerne la décision du 12 octobre 2021 rejetant la demande d'aide financière présentée par la société de restauration du Port au titre du mois de mai 2021 :
23. Pour refuser le bénéfice de l'aide sollicitée par la société requérante au titre du mois de mai 2021, l'administration s'est fondée sur la circonstance qu'elle fait partie d'un groupe au sens des dispositions précitées de l'article L. 233-3 du code du commerce et que le versement de cette aide aurait eu pour conséquence le dépassement du plafond de 200 000 euros au niveau du groupe fixé par les dispositions précitées de l'article 3-24 du décret du 30 mars 2020.
24. Pour les mêmes raisons qu'exposées aux points 10 à 12 du présent jugement, la société requérante doit être regardée comme faisant partie d'un groupe avec les seules sociétés Brasserie de la Mare, Restauration de L'Etang-Salé et Lille de la Réunion.
25. Dès lors qu'il ressort des pièces du dossier que, pour le mois concerné, une somme cumulée de 167 296 euros a été versée aux sociétés Brasserie de la Mare, Restauration de L'Etang-Salé et Lille de la Réunion, lesquelles appartiennent au même groupe au sens des dispositions précitées du code du commerce, le plafond de 200 000 euros fixé par les dispositions précitées de l'article 3-24 du décret du 30 mars 2024 n'a pas été dépassé. Par suite, en rejetant la demande d'aide financière sollicitée par la société requérante en raison du dépassement du plafond de 200 000 euros au niveau du groupe, l'administration fiscale a méconnu les dispositions précitées du III. de l'article 3-24 du décret du 30 mars 2020.
26. Par suite, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens des requêtes, la société requérante est fondée à demander l'annulation de la décision du 12 octobre 2021 rejetant sa demande d'aide financière présentée au titre du mois de mai 2021.
En ce qui concerne la décision du 13 juillet 2021 rejetant la demande d'aide financière présentée par la société de restauration du Port au titre du mois de mai 2021 :
27. Aux termes de l'article 3-26 du décret du 30 mars 2020, dans sa version applicable au litige : " I. -A.- Les entreprises mentionnées à l'article 1er du présent décret, n'ayant pas fait l'objet d'un arrêté pris par le préfet de département ordonnant la fermeture de l'entreprise en application du troisième alinéa de l'article 29 du décret du 16 octobre 2020 précité ou du troisième alinéa de l'article 29 du décret du 29 octobre 2020 précité, bénéficient d'aides financières prenant la forme de subventions destinées à compenser la perte de chiffre d'affaires subie au cours du mois d'avril 2021, lorsqu'elles remplissent les conditions suivantes :/ 1° Elles ont fait l'objet : / a) D'une interdiction d'accueil du public sans interruption du 1er avril 2021 au 30 avril 2021 et ont subi une perte de chiffre d'affaires, y compris le chiffre d'affaires réalisé sur les activités de vente à distance, avec retrait en magasin ou livraison, ou sur les activités de vente à emporter, d'au moins 20 % durant la période comprise entre le 1er avril 2021 et le 30 avril 2021 ; / b) D'une interdiction d'accueil du public entre le 1er avril 2021 et le 30 avril 2021 et ont subi une perte de chiffre d'affaires, y compris le chiffre d'affaires réalisé sur les activités de vente à distance, avec retrait en magasin ou livraison, ou sur les activités de vente à emporter, d'au moins 20 % durant la période comprise entre le 1er avril 2021 et le 30 avril 2021. / () ".
28. En l'occurrence, il ressort des pièces du dossier que l'établissement géré par la société de restauration du Port, qui constitue un établissement de type N au sens des dispositions précitées de l'article 40 du décret du 29 octobre 2020, a fait l'objet d'une interdiction d'accueil du public du 8 au 18 mai 2021. En outre, il n'est pas contesté que la société a subi une perte de chiffre d'affaires supérieure à 20 % pour le mois de mai 2021 par rapport au chiffre d'affaires de référence. Dans ces conditions, elle pouvait bénéficier de l'aide financière sur le fondement des dispositions précitées du b) du 1° du A du I. de l'article 3-26 du décret du 30 mars 2021. Dès lors, en rejetant la demande par la société requérante au motif qu'elle n'a pas fait l'objet d'une interdiction d'accueil du public intervenue sur la totalité du mois de mai 2021, l'administration fiscale a entaché sa décision d'une erreur d'appréciation.
29. Toutefois, l'administration peut, en première instance comme en appel, faire valoir devant le juge de l'excès de pouvoir que la décision dont l'annulation est demandée est légalement justifiée par un motif, de droit ou de fait, autre que celui initialement indiqué, mais également fondé sur la situation existant à la date de cette décision. Il appartient alors au juge, après avoir mis à même l'auteur du recours de présenter ses observations sur la substitution ainsi sollicitée, de rechercher si un tel motif est de nature à fonder légalement la décision, puis d'apprécier s'il résulte de l'instruction que l'administration aurait pris la même décision si elle s'était fondée initialement sur ce motif. Dans l'affirmative il peut procéder à la substitution demandée, sous réserve toutefois qu'elle ne prive pas le requérant d'une garantie procédurale liée au motif substitué.
30. Dans ses écritures en défense, l'administration demande au tribunal de substituer le motif illégal retenu dans la décision du 13 juillet 2021 le nouveau motif tiré de ce qu'elle pouvait se fonder sur les dispositions précitées du III. de l'article 3-24 du décret du 30 mars 2020 pour rejeter la demande d'aide financière sollicitée par la société requérante en raison du dépassement du plafond de 200 000 euros au niveau du groupe au mois de mai 2021. Cependant, ainsi qu'il a été vu aux points 23 à 26 du présent jugement, un tel motif ne pouvait légalement justifier le refus de l'administration dès lors que le plafond n'avait pas été atteint au titre du mois concerné.
31. Par suite, la décision du 13 juillet 2021 rejetant la demande d'aide financière présentée par la société de restauration du Port au titre du mois de mai 2021 doit également être annulée, sans qu'il y ait lieu de faire droit à la substitution de motifs demandée par l'administration.
En ce qui concerne la décision du 2 août 2021 rejetant la demande d'aide financière présentée par la société de restauration du Port au titre du mois de juin 2021 :
32. Aux termes de l'article 3-28, dans sa version applicable au litige : " I.- A.- Les entreprises mentionnées à l'article 1er du présent décret, n'ayant pas fait l'objet d'un arrêté pris par le préfet de département ordonnant la fermeture de l'entreprise en application du troisième alinéa de l'article 29 du décret du 1er juin 2021 susvisé, du troisième alinéa de l'article 29 du décret du 29 octobre 2020 susvisé ou du troisième alinéa de l'article 29 du décret du 16 octobre 2020 susvisé, bénéficient d'aides financières prenant la forme de subventions destinées à compenser la perte de chiffre d'affaires subie au cours de chaque période mensuelle comprise entre le 1er juin 2021 et le 31 juillet 2021, dite période mensuelle considérée, lorsqu'elles remplissent les conditions suivantes : / 1° Elles ont bénéficié d'une aide versée au titre des articles 3-26 ou 3-27 du présent décret (). ". Il résulte de ces dispositions que, pour être éligibles à l'aide financière au titre des mois de juin et juillet 2021, les entreprises domiciliées à La Réunion devaient en avoir préalablement bénéficié au titre du mois d'avril ou de mai 2021.
33. Ainsi qu'il a été dit aux points 4 à 31 du présent jugement, la société de restauration du Port était fondée à bénéficier du fonds de solidarité au titre des mois d'avril et mai 2021, prévu par les dispositions précitées de l'article 3-24 du décret du 30 mars 2020. Dans ces conditions, la société requérante était éligible à l'aide financière sollicitée au titre du mois de juin 2021. Dès lors, en rejetant la demande d'aide financière sollicitée par la société requérante au motif qu'elle n'a pas bénéficié du fonds de solidarité au titre du mois d'avril ou de mai 2021, l'administration fiscale a entaché sa décision d'une erreur d'appréciation des dispositions précitées de l'article 3-28 du décret du 30 mars 2020.
34. Par suite, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, la société requérante est fondée à demander l'annulation de la décision du 2 août 2021 rejetant sa demande d'aide financière présentée au titre du mois de juin 2021.
En ce qui concerne la décision du 17 août 2021 rejetant la demande d'aide financière présentée par la société de restauration du Port au titre du mois de juillet 2021 :
35. Pour les mêmes raisons que celles explicitées aux points précédents du présent jugement, la société de restauration du Port était éligible à l'aide financière sollicitée au titre du mois de juillet 2021. Dès lors, en rejetant la demande d'aide financière sollicitée par la société requérante au motif qu'elle n'a pas bénéficié du fonds de solidarité au titre du mois d'avril ou de mai 2021, l'administration fiscale a entaché sa décision d'une erreur d'appréciation des dispositions précitées de l'article 3-28 du décret du 30 mars 2020.
36. Par suite, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, la société requérante est fondée à demander l'annulation de la décision du 17 août 2021 rejetant sa demande d'aide financière présentée au titre du mois de juillet 2021.
En ce qui concerne la décision du 16 septembre 2021 rejetant la demande d'aide financière présentée par la société de restauration du Port au titre du mois d'août 2021 :
37. Aux termes de l'article 3-28 du décret du 30 mars 2020, dans sa version applicable au litige : " I.- A.- Les entreprises mentionnées à l'article 1er du présent décret, n'ayant pas fait l'objet d'un arrêté pris par le préfet de département ordonnant la fermeture de l'entreprise en application du troisième alinéa de l'article 29 du décret du 1er juin 2021 susvisé, du troisième alinéa de l'article 29 du décret du 29 octobre 2020 susvisé ou du troisième alinéa de l'article 29 du décret du 16 octobre 2020 susvisé, bénéficient d'aides financières prenant la forme de subventions destinées à compenser la perte de chiffre d'affaires subie au cours de chaque période mensuelle comprise entre le 1er juin 2021 et le 30 septembre 2021, dite période mensuelle considérée, lorsqu'elles remplissent les conditions suivantes : / () / 3° Ou, au cours de la période mensuelle considérée, elles ont subi une perte de chiffre d'affaires d'au moins 10 %, elles ont bénéficié d'une aide versée au titre des articles 3-26 ou 3-27 du présent décret et pour la seule période du mois de septembre 2021, elles justifient avoir réalisé au moins 15 % du chiffre d'affaires de référence et elles appartiennent à l'une des trois catégories suivantes : / a) elles exercent leur activité principale dans un secteur mentionné à l'annexe 1 dans sa rédaction en vigueur au 11 mars 2021 (). " Il résulte de ces dispositions que, pour être éligibles à l'aide financière au titre des mois de juin, juillet, août et septembre 2021, les entreprises domiciliées à La Réunion devaient en avoir préalablement bénéficié au titre du mois d'avril ou de mai 2021.
38. En se fondant, pour rejeter la demande de subvention présentée par la société requérante au titre du mois d'août 2021, sur les dispositions de l'article 3-28 du décret du 30 mars 2020 dans sa version modifiée par le décret n°2021-1336 du 14 octobre 2021 prévoyant que pour être éligibles à l'aide financière, les entreprises domiciliées à La Réunion devaient en avoir préalablement bénéficié au titre du mois de janvier, février, mars, avril ou mai 2021, alors qu'elle aurait dû se fonder sur les dispositions de cet article dans sa version modifiée par le décret n°2021-1180 du 14 septembre 2021 citées au point précédent, l'administration a entaché sa décision d'une erreur de droit.
39. Dans ses écritures en défense, l'administration demande au tribunal de substituer le motif illégal retenu dans la décision du 16 septembre 2021 le nouveau motif tiré de ce qu'il pouvait se fonder sur les dispositions précitées du 3° du A. du I. de l'article 3-28 du décret du 30 mars 2020 dans sa version modifiée par le décret n°2021-1180 du 14 septembre 2021 pour rejeter la demande d'aide financière sollicitée par la société requérante au motif qu'elle n'en avait pas bénéficié au titre du mois d'avril ou de mai 2021. Cependant, ainsi qu'il a été dit aux points 4 à 31 du présent jugement, la société de restauration du Port était fondée à bénéficier du fonds de solidarité au titre des mois d'avril et de mai 2021, prévue par les dispositions précitées de l'article 3-24 du décret du 30 mars 2020. En outre, il n'est pas contesté, d'une part, qu'au mois d'août 2021, elle a subi une perte de chiffre d'affaires supérieure à 10 % et justifie avoir réalisé au moins 15 % du chiffres d'affaires de référence et, d'autre part, qu'elle exerce son activité principale dans la restauration traditionnelle, qui constitue l'un des secteurs mentionnés à l'annexe 1 du décret dans sa version en vigueur au 11 mars 2021. Dans ces conditions, la société requérante était éligible à l'aide financière sollicitée au titre du mois d'août 2021. Ainsi, le motif dont l'administration demande la substitution ne pouvait légalement justifier le refus d'aide financière.
40. Par suite, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, la société requérante est fondée à demander l'annulation de la décision du 16 septembre 2021 rejetant sa demande d'aide financière présentée au titre du mois d'août 2021.
En ce qui concerne la décision du 18 octobre 2021 rejetant la demande d'aide financière présentée par la société de restauration du Port au titre du mois de septembre 2021 :
41. Aux termes de l'article 3-28 du décret du 30 mars 2020, dans sa version applicable au litige : " I.- A.- Les entreprises mentionnées à l'article 1er du présent décret, n'ayant pas fait l'objet d'un arrêté pris par le préfet de département ordonnant la fermeture de l'entreprise en application du troisième alinéa de l'article 29 du décret du 1er juin 2021 susvisé, du troisième alinéa de l'article 29 du décret du 29 octobre 2020 susvisé ou du troisième alinéa de l'article 29 du décret du 16 octobre 2020 susvisé, bénéficient d'aides financières prenant la forme de subventions destinées à compenser la perte de chiffre d'affaires subie au cours de chaque période mensuelle comprise entre le 1er juin 2021 et le 30 septembre 2021, dite période mensuelle considérée, lorsqu'elles remplissent les conditions suivantes : / () / 3° Ou, au cours de la période mensuelle considérée, elles ont subi une perte de chiffre d'affaires d'au moins 10 %, elles ont bénéficié d'une aide versée au titre des articles 3-26 ou 3-27 du présent décret ou par dérogation d'une aide versée au titre des articles 3-19,3-22,3-23,3-24,3-25,3-26, ou 3-27 pour les entreprises domiciliées en Guadeloupe, en Guyane, à La Réunion, en Martinique, à Mayotte, à Saint-Martin, Saint-Barthélemy, à Saint-Pierre-et-Miquelon, en Nouvelle-Calédonie, en Polynésie française et à Wallis-et-Futuna, et pour la seule période du mois de septembre 2021, elles justifient avoir réalisé au moins 15 % du chiffre d'affaires de référence, et elles appartiennent à l'une des trois catégories suivantes : / a) elles exercent leur activité principale dans un secteur mentionné à l'annexe 1 dans sa rédaction en vigueur au 11 mars 2021 (). ". Il résulte de ces dispositions que, pour être éligibles à l'aide financière au titre des mois de juin, juillet, août et septembre 2021, les entreprises domiciliées à La Réunion devaient en avoir préalablement bénéficié au titre du mois de janvier, février, mars, avril ou mai 2021.
42. Ainsi qu'il a été dit aux points 4 à 13 du présent jugement, la société de restauration du Port était fondée à bénéficier du fonds de solidarité au titre du mois de mars 2021, prévu par les dispositions précitées de l'article 3-24 du décret du 30 mars 2020. En outre, il n'est pas contesté, d'une part, qu'au mois de septembre 2021, elle a subi une perte de chiffre d'affaires supérieure à 10 % et justifie avoir réalisé au moins 15 % du chiffres d'affaires de références et, d'autre part, qu'elle exerce son activité principale dans la restauration traditionnelle, qui constitue l'un des secteurs mentionnés à l'annexe 1 du décret dans sa version en vigueur au 11 mars 2021. Dans ces conditions, la société requérante était éligible à l'aide financière sollicitée au titre du mois de septembre 2021. Par suite, en rejetant la demande d'aide financière sollicitée par la société requérante au motif qu'elle n'a pas bénéficié du fonds de solidarité au titre d'un des mois de l'année 2021 particulièrement touchés par la crise sanitaire, l'administration fiscale a entaché sa décision d'une erreur d'appréciation des dispositions précitées de l'article 3-28 du décret du 30 mars 2020.
43. Il résulte de ce qui a été dit aux points 41 et 42 du présent jugement, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que la société requérante est fondée à demander l'annulation de la décision du 18 octobre 2021 rejetant sa demande d'aide financière présentée au titre du mois de septembre 2021.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
44. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. ".
45. L'exécution du présent jugement implique d'enjoindre au directeur régional des finances publiques de la Réunion de réétudier les demandes d'aide exceptionnelle présentées par la société requérante pour les mois de mars, avril, mai, juin, juillet, août et septembre 2021 au titre du fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19, dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les conclusions relatives aux frais d'instance :
46. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros à verser à la société de restauration du Port en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 21 avril 2021 par laquelle le directeur régional des finances publiques de la Réunion a rejeté la demande d'aide exceptionnelle présentée par la société de restauration du Port pour le mois de mars 2021 à hauteur d'une somme de 49 070 euros au titre du fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19 est annulée.
Article 2 : La décision du 12 octobre 2021 par laquelle le directeur régional des finances publiques de la Réunion a rejeté la demande d'aide exceptionnelle présentée par la société de restauration du Port pour le mois de mars 2021 à hauteur d'une somme de 49 070 euros au titre du fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19 est annulée.
Article 3 : La décision du 27 mai 2021 par laquelle le directeur régional des finances publiques de la Réunion a rejeté la demande d'aide exceptionnelle présentée par la société de restauration du Port pour le mois d'avril 2021 à hauteur d'une somme de 65 427 euros au titre du fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19 est annulée.
Article 4 : La décision du 12 octobre 2021 par laquelle le directeur régional des finances publiques de la Réunion a rejeté la demande d'aide exceptionnelle présentée par la société de restauration du Port pour le mois d'avril 2021 à hauteur d'une somme de 65 427 euros au titre du fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19 est annulée.
Article 5 : La décision du 13 juillet 2021 par laquelle le directeur régional des finances publiques de la Réunion a rejeté la demande d'aide exceptionnelle présentée par la société de restauration du Port pour le mois de mai 2021 à hauteur d'une somme de 65 427 euros au titre du fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19 est annulée.
Article 6 : La décision du 12 octobre 2021 par laquelle le directeur régional des finances publiques de la Réunion a rejeté la demande d'aide exceptionnelle présentée par la société de restauration du Port pour le mois de mai 2021 à hauteur d'une somme de 65 427 euros au titre du fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19 est annulée.
Article 7 : La décision du 2 août 2021 par laquelle le directeur régional des finances publiques de la Réunion a rejeté la demande d'aide exceptionnelle présentée par la société de restauration du Port pour le mois de juin 2021 à hauteur d'une somme de 65 427 euros au titre du fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19 est annulée.
Article 8 : La décision du 17 août 2021 par laquelle le directeur régional des finances publiques de la Réunion a rejeté la demande d'aide exceptionnelle présentée par la société de restauration du Port pour le mois de juillet 2021 à hauteur d'une somme de 19 508 euros au titre du fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19 est annulée.
Article 9 : La décision du 16 septembre 2021 par laquelle le directeur régional des finances publiques de la Réunion a rejeté la demande d'aide exceptionnelle présentée par la société de restauration du Port pour le mois d'août 2021 à hauteur d'une somme de 65 427 euros au titre du fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19 est annulée.
Article 10 : La décision du 18 octobre 2021 par laquelle le directeur régional des finances publiques de la Réunion a rejeté sa demande d'aide exceptionnelle présentée par la société de restauration du Port pour le mois de septembre 2021 à hauteur d'une somme de 65 427 euros au titre du fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19 est annulée.
Article 11 : Il est enjoint au directeur régional des finances publiques de la Réunion de réétudier les demandes d'aide exceptionnelle présentées par la société requérante pour les mois de mars, avril, mai, juin, juillet, août et septembre 2021 au titre du fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19, dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 12 : L'Etat versera à la société de restauration du Port une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 13 : Le présent jugement sera notifié à la société de restauration du Port, M. A et au directeur régional des finances publiques de La Réunion.
Délibéré après l'audience du 29 août 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Khater, présidente,
M. Le Merlus, conseiller.
Mme Lebon, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe du tribunal le 12 septembre 2024.
Le rapporteur,
T. LE MERLUS
La présidente,
A. KHATER
La greffière,
E. POINAMBALOM
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique de la France en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°s 2101621
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026