mardi 9 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de La Réunion |
| Section | Tribunal Administratif de La Réunion |
| N° Dossier | TA101-2101681 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | CAUCHEPIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 30 décembre 2021, M. D B A, représenté par Me Cauchepin, avocate, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 2 novembre 2021, notifié le 10 novembre suivant, par lequel le président du conseil d'administration de l'école supérieure d'art (ESA) de La Réunion a prononcé son exclusion temporaire de fonctions d'un mois dont deux semaines avec sursis à titre de sanction disciplinaire ;
2°) de condamner l'ESA de La Réunion à lui verser la somme de 3 000 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision n'est pas suffisamment motivée ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article 89 du code de la fonction publique, dans la mesure où l'exclusion temporaire de quinze jours qui lui a été infligée effectivement ne relève pas du troisième groupe mais du deuxième groupe de sanctions ;
- la matérialité de certains faits n'est pas établie ;
- la décision est entachée d'erreur d'appréciation quant au caractère fautif des faits et à la proportionnalité de la sanction.
Par un mémoire en défense enregistré le 22 mars 2022, l'école supérieure d'art (ESA) de La Réunion, représentée par Me Benguigui, avocate, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 500 euros soit mise à la charge de M. C au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens invoqués par le requérant ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 7 février 2023, le président du tribunal a prononcé la clôture de l'instruction au 21 février 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le décret n°88-145 du 15 février 1988 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Legrand, première conseillère,
- les conclusions de Mme Baizet, rapporteure publique,
- et les observations de Me Cauchepin, représentant M. B A.
Considérant ce qui suit :
1. M. D B A, professeur contractuel d'enseignement artistique au sein de l'établissement public de coopération culturelle Ecole supérieure d'art (ESA) de La Réunion, demande l'annulation de l'arrêté du 2 novembre 2021 par lequel le président du conseil d'administration de cette école a prononcé son exclusion temporaire de fonctions d'un mois, dont deux semaines avec sursis, à titre de sanction disciplinaire.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L.211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () 2° Infligent une sanction () ; ". Aux termes de l'article 36-1 du décret du 15 février 1988 relatif aux agents contractuels de la fonction publique territoriale, dans sa version alors applicable : " () La décision prononçant une sanction disciplinaire doit être motivée. ". Ces dispositions imposent à l'autorité qui prononce la sanction de préciser elle-même, dans sa décision, les griefs qu'elle entend retenir à l'encontre de l'agent concerné, de telle sorte que ce dernier puisse, à la seule lecture de cette décision, connaître les motifs de la sanction qui le frappe.
3. L'arrêté de sanction attaqué, qui vise les textes applicables et la procédure suivie, ne se borne pas à reprendre l'ensemble des motifs qui avaient été retenus par le conseil de discipline pour rendre son avis sur la sanction proposée mais énonce de manière précise les motifs de fait sur lesquels l'école se fonde pour prononcer la sanction infligée à M. B A. Il fait notamment état des circonstances dans lesquelles l'intéressé a proféré des propos outranciers à l'égard de sa directrice, a refusé d'accomplir une mission de coordination, a incité les étudiants à boire des boissons alcoolisées avant leur soutenance de mémoire et a fait usage de stupéfiants au sein de l'établissement avec des étudiants. L'arrêté en litige expose ainsi les griefs retenus à l'encontre de M. B A de manière suffisamment circonstanciée pour lui permettre de contester utilement les faits que l'autorité disciplinaire lui reproche et qu'elle considère comme fautifs, sans être toutefois tenue de motiver distinctement la raison pour laquelle elle a infligé une sanction plus sévère que celle proposée par le conseil de discipline. Par suite, M. B A n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté qu'il conteste serait insuffisamment motivé.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article 89 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale : " Les sanctions disciplinaires sont réparties en quatre groupes : () Deuxième groupe : () l'exclusion temporaire de fonctions pour une durée de quatre à quinze jours ; Troisième groupe : () l'exclusion temporaire de fonctions pour une durée de seize jours à deux ans ; () ". Aux termes de l'article 36-1 du décret du 15 février 1988 : " Les sanctions disciplinaires susceptibles d'être appliquées aux agents contractuels sont les suivantes : 1° L'avertissement ; /2° Le blâme ; /3° L'exclusion temporaire des fonctions avec retenue de traitement pour une durée maximale de six mois pour les agents recrutés pour une durée déterminée et d'un an pour les agents sous contrat à durée indéterminée ; /4° Le licenciement, sans préavis ni indemnité de licenciement. ".
5. M. B A, ayant été recruté en contrat à durée indéterminée, ne relève pas du " code de la fonction publique ", inexistant, ni des dispositions de l'article 89 de la loi du 26 janvier 1984, mais des dispositions précitées de l'article 36-1 du décret du 15 février 1988. La circonstance que l'arrêté attaqué mentionne l'infliction d'une sanction du troisième groupe alors que ces dispositions ne classent pas les sanctions infligées à un agent contractuel par groupe est, en tout état de cause, sans incidence sur sa légalité.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article 36 du décret du 15 février 1988 : " Tout manquement au respect des obligations auxquelles sont assujettis les agents publics, commis par un agent contractuel dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions est constitutif d'une faute l'exposant à une sanction disciplinaire, sans préjudice, le cas échéant, des peines prévues par le code pénal. /Aucune procédure disciplinaire ne peut être engagée au-delà d'un délai de trois ans à compter du jour où l'administration a eu une connaissance effective de la réalité, de la nature et de l'ampleur des faits passibles de sanction () ". Il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi de moyens en ce sens, de rechercher si les faits reprochés à un agent public ayant fait l'objet d'une sanction disciplinaire constituent des fautes de nature à justifier une sanction et si la sanction retenue est proportionnée à la gravité de ces fautes.
7. S'il est reproché à M. B A d'avoir refusé d'assumer la coordination des étudiants de cinquième année, il ne ressort clairement ni de son contrat ni de sa fiche de poste que cette mission serait induite par ses fonctions d'enseignant chercheur, même si celles-ci comprennent des fonctions de suivi et d'orientation des étudiants et des missions transversales. En revanche, le courriel qu'il a adressé le 4 février 2020 à la directrice de l'ESA est empreint de propos irrespectueux et injurieux, que ne peut autoriser son désaccord avec les méthodes de gestion de cette dernière. En outre, M. B A ne conteste pas avoir proposé aux étudiants de boire de l'alcool avant la soutenance de leur mémoire de fin d'études, ni avoir consommé avec eux des produits stupéfiants notamment au sein de l'établissement, faits d'ailleurs constitutifs de délits pénaux. Même si le requérant indique avoir cessé ces pratiques respectivement en 2019 et en 2017, les faits n'étaient pas prescrits au regard des dispositions précitées de l'article 36 du décret du 15 février 1988, dès lors que leur réalité et leur ampleur n'ont été révélées qu'en 2021, à l'issue d'un rapport d'audit. Par suite, en estimant que les faits reprochés au requérant, à l'exception du premier, constituaient des fautes de nature à justifier une sanction, l'autorité investie du pouvoir disciplinaire ne les a pas inexactement qualifiés et n'a pas commis d'erreur d'appréciation.
8. En outre, eu égard à la nature de ces faits, à leur cumul, à leur gravité, à la méconnaissance qu'ils traduisent, de la part du requérant, des responsabilités qui étaient les siennes et de ses obligations de réserve et d'exemplarité, et compte tenu, enfin, de ce qu'ils ont porté atteinte à la dignité de la fonction exercée, l'autorité disciplinaire n'a pas, en l'espèce, pris une sanction disproportionnée en décidant de lui infliger une exclusion temporaire d'un mois, assorti d'un sursis de quinze jours.
9. Il résulte de ce qui précède que M. B A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 2 novembre 2021 par lequel le président du conseil d'administration de l'ESA de La Réunion a prononcé son exclusion temporaire de fonctions d'un mois, dont deux semaines avec sursis, à titre de sanction disciplinaire.
Sur les frais liés au litige :
10. Partie perdante dans l'instance, M. B A ne peut voir accueillies ses conclusions présentées au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative. Il y a, en revanche, lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à sa charge la somme de 1 500 euros à verser à l'ESA au titre des mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B A est rejetée.
Article 2 : M. B A versera à l'école supérieure d'art de La Réunion la somme de 1 500 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D B A et à l'école supérieure d'art de La Réunion.
Délibéré après l'audience du 25 avril 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Khater, présidente,
Mme Legrand, première conseillère,
M. Ramin, premier conseiller.
Rendu public par mise au disposition au greffe le 9 mai 2023.
La rapporteure,
I. LEGRAND
La présidente,
A. KHATERLa greffière
E. POINAMBALOM
La République mande et ordonne au préfet de La Réunion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
P/la greffière en chef
La greffière,
J. BELENFANT
ep
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026