mardi 16 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de La Réunion |
| Section | Tribunal Administratif de La Réunion |
| N° Dossier | TA101-2101689 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | R222-13 (JU 2) |
| Avocat requérant | LOMARI LAURA-EVA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoires enregistrés le 31 décembre 2021 et 4 avril 2022, M. A B, assisté par l'UDAF, en qualité de curateur, représenté par Me Lomari, avocate, demande au tribunal :
1°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 23 303,42 euros en réparation du préjudice subi par l'illégalité fautive de la décision du 31 décembre 2018 par laquelle le directeur régional des finances publiques de La Réunion a refusé de faire droit à sa demande de versement de l'indemnité temporaire de retraite (ITR).
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser au conseil de M. B en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que la décision du 31 décembre 2018 par laquelle le directeur régional des finances publiques de La Réunion a refusé de faire droit à sa demande de versement de l'indemnité temporaire de retraite (ITR) est entachée d'erreur de droit dès lors qu'il remplit les conditions pour en bénéficier.
Par deux mémoires, enregistrés le 3 mars et 30 septembre 2022, la direction régionale des finances publiques de La Réunion, conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
-la requête est irrecevable dès lors qu'elle est tardive puisque déposée au-delà du délai raisonnable d'un an ;
- le moyen d'erreur de droit n'est pas fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
M. B a été admis à l'aide juridictionnelle partielle par une décision du 24 juin 2020.
Vu :
- la loi n° 2008-1443 du 30 décembre 2008 ;
- le décret n° 2009-114 du 30 janvier 2009 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Monlaü, premier conseiller, pour statuer sur les litiges mentionnés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Monlaü, premier conseiller,
- les conclusions de M. Ramin, rapporteur public.
- les parties n'étant ni présentes, ni représentées ;
Considérant ce qui suit :
1. M. B, fonctionnaire à la retraite depuis 2005, a perçu, compte tenu de sa résidence à La Réunion, une indemnité temporaire de retraite jusqu'en 2007, année à partir de laquelle il a demandé à ne plus percevoir l'ITR du fait de son départ de La Réunion pour la métropole. Revenu en 2015 à La Réunion, il a, par le biais de son curateur formulé une demande de rétablissement du versement de l'ITR par un courrier du 26 décembre 2018, laquelle a été rejetée par le directeur régional des finances publiques de La Réunion le 31 décembre 2018. Par la présente requête, M. B demande la condamnation de l'Etat à lui verser une somme de 23 303,42 euros en réparation du préjudice subi par l'illégalité fautive de la décision du 31 décembre 2018 par laquelle le directeur régional des finances publiques de La Réunion a refusé de faire droit à sa demande de versement de l'indemnité temporaire de retraite (ITR).
2. Aux termes de l'article 137 de la loi du 30 décembre 2008 de finances rectificative pour 2008 : " I. () L'indemnité temporaire est accordée aux pensionnés qui justifient d'une résidence effective dans les collectivités suivantes : La Réunion, Mayotte, Saint-Pierre-et-Miquelon, la Nouvelle-Calédonie, Wallis-et-Futuna et la Polynésie française. / () II. A compter du 1er janvier 2009, l'attribution de nouvelles indemnités temporaires est réservée aux pensionnés ayants droit remplissant, à la date d'effet de leur pension, en sus de l'effectivité de la résidence, les conditions suivantes : () Ces nouveaux bénéficiaires doivent, en outre, avoir été radiés des cadres depuis moins de cinq ans. / () VI. L'indemnité temporaire cesse d'être versée dès lors que la personne attributaire cesse de remplir les conditions d'effectivité de la résidence précisées par décret. " Aux termes de l'article 6 du décret du 30 janvier 2009 relatif à l'indemnité temporaire accordée aux personnels retraités relevant du code des pensions civiles et militaires de retraite : " La résidence est réputée effective dès lors que le pensionné a résidé plus de 183 jours de manière continue à compter de la date de son arrivée sur le territoire. () " Aux termes de l'article 8 du même décret : " Le pensionné souscrit chaque année une déclaration de résidence auprès du comptable compétent pour le versement de l'indemnité à une date fixée par ce dernier. Il déclare à cette occasion ses absences sur la période écoulée. / Le comptable peut exiger toute pièce lui permettant de vérifier les conditions de résidence, notamment les documents de voyage du pensionné. ". Aux termes de l'article 9 du même décret : " L'indemnité temporaire cesse d'être due lorsque le bénéficiaire quitte définitivement le territoire. Le versement de l'indemnité temporaire cesse à compter de la date du départ du territoire. / Lorsque le total des absences du territoire est inférieur à trois mois au cours de l'année civile, le versement de l'indemnité est maintenu. () / Pour les absences dont la durée cumulée est supérieure à trois mois, le paiement de l'indemnité temporaire est suspendu et reprend sans effet rétroactif à compter du premier jour du quatrième mois suivant le mois du retour. ".
3. M. B qui bénéficie d'une pension de retraite depuis 2015 se borne à soutenir qu'il remplit les conditions pour obtenir l'indemnité temporaire de retraite (ITR) et que l'administration a commis une erreur de droit, en rejetant sa demande de versement de l'indemnité temporaire de retraite dès lors qu'elle avait été présentée plus de cinq ans après sa radiation des cadres. Toutefois, il résulte de l'instruction, qu'à la suite de son départ de La Réunion en 2007, le requérant a demandé la cessation du versement de l'ITR et qu'il n'a pas au cours de son changement de résidence qui a duré près de 8 ans, déclaré une période d'absence de La Réunion, ni par ailleurs fait état du maintien d'une résidence sur le territoire insulaire. Dans ces conditions, M. B n'est pas fondé à soutenir que l'administration aurait commis une erreur de droit en constatant que sa nouvelle demande tendant au bénéfice de cette indemnité, consécutive à sa réinstallation à La Réunion en 2015, devait être examinée au regard des dispositions du II de l'article 137 de la loi du 30 décembre 2008 de finances rectificative pour 2008. Il s'ensuit que cette demande pouvait être rejetée sur le fondement de ces dispositions dès lors qu'elle avait été présentée plus de cinq ans après sa radiation des cadres. Par suite le moyen tiré de l'erreur de droit à lui avoir refuser le bénéfice de l'ITR à compter de son retour à La Réunion en 2015 doit être écarté.
4. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, les conclusions indemnitaires de la requête de M. B doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
5. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ". Aux termes du second alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 : " L'avocat du bénéficiaire de l'aide juridictionnelle peut demander au juge de condamner, dans les conditions prévues à l'article 75, la partie tenue aux dépens ou qui perd son procès et non bénéficiaire de l'aide juridictionnelle, à une somme au titre des frais que le bénéficiaire de l'aide aurait exposés s'il n'avait pas eu cette aide. Il peut, en cas de condamnation, renoncer à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat et poursuivre le recouvrement à son profit de la somme allouée par le juge ".
6. Les dispositions des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas partie perdante dans la présente instance, les sommes que le conseil de M. B, demande au titre de ces dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à l'UDAF et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.
Copie en sera adressée à la direction régionale des finances publiques de La Réunion.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 avril 2024.
Le rapporteur, Le greffier
X.MONLAU F. IDMONT
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026