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AccueilJurisprudence administrativeN° TA101-2200137

Tribunal Administratif de La Réunion — Décision N° TA101-2200137

mercredi 26 juillet 2023

JuridictionTribunal Administratif de La Réunion
SectionTribunal Administratif de La Réunion
N° DossierTA101-2200137
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère chambre bis
Avocat requérantBELLIARD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 6 février et 31 juillet 2022, Mme C A B, représentée par Me Belliard, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 6 février 2022 par laquelle le ministre de l'intérieur lui a refusée l'entrée sur le territoire français ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que la décision méconnaît les articles L. 332-1 et L. 441-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Par un mémoire en défense, enregistré le 27 janvier 2023, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par la partie requérante ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique le rapport de M. Felsenheld, premier conseiller.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C A B, ressortissante comorienne, née le 31 décembre 1984 à Djoumoichongo-Hamdou (Union des Comores), a fait l'objet, le 6 février 2022, à l'aéroport Roland Garros de La Réunion, d'une décision de refus d'entrée sur le territoire français. Par la présente requête, elle demande au tribunal d'annuler cette décision.

2. Aux termes de l'article L. 441-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sans préjudice des dispositions des articles L. 233-1 et L. 233-2, les titres de séjour délivrés par le représentant de l'Etat à Mayotte, à l'exception des titres délivrés en application des dispositions des articles L. 233-5, L. 421-11, L. 421-14, L. 421-22, L. 422-10, L. 422-11, L. 422-12, L. 422-14, L. 424-9, L. 424-11 et L. 426-11 et des dispositions relatives à la carte de résident, n'autorisent le séjour que sur le territoire de Mayotte. / Les ressortissants de pays figurant sur la liste, annexée au règlement (CE) n° 539/2001 du Conseil du 15 mars 2001 fixant la liste des pays tiers dont les ressortissants sont soumis à l'obligation de visa pour franchir les frontières extérieures des Etats membres, qui résident régulièrement à Mayotte sous couvert d'un titre de séjour n'autorisant que le séjour à Mayotte et qui souhaitent se rendre dans un autre département, une collectivité régie par l'article 73 de la Constitution ou à Saint-Pierre-et-Miquelon doivent obtenir une autorisation spéciale prenant la forme d'un visa apposé sur leur document de voyage. Ce visa est délivré, pour une durée et dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat, par le représentant de l'Etat à Mayotte après avis du représentant de l'Etat du département ou de la collectivité régie par l'article 73 de la Constitution ou de Saint-Pierre-et-Miquelon où ils se rendent, en tenant compte notamment du risque de maintien irrégulier des intéressés hors du territoire de Mayotte et des considérations d'ordre public. () Les conjoints, partenaires liés par un pacte civil de solidarité, descendants directs âgés de moins de vingt et un ans ou à charge et ascendants directs à charge des citoyens français bénéficiant des dispositions du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne relatives aux libertés de circulation sont dispensés de l'obligation de solliciter l'autorisation spéciale prenant la forme d'un visa mentionnée au présent article. "

3. Il ressort des pièces du dossier que Mme A B, titulaire d'un titre de séjour mention " vie privée et familiale ", délivré par le préfet de Mayotte, valable du 15 septembre 2021 au 14 septembre 2022, s'est vue refuser l'entrée sur le territoire français, le 6 février 2022, au point de passage de contrôle de l'aéroport Roland Garros à la descente d'un vol en provenance de Mayotte, au motif qu'elle n'était pas détentrice d'un visa ou d'un permis de séjour valable. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que Mme A B est liée par un pacte civil de solidarité avec un ressortissant français depuis le 8 décembre 2020 et était ainsi dispensée de l'obligation de solliciter l'autorisation spéciale prenant la forme d'un visa mentionné par les dispositions précitées. Cependant, il n'est pas contesté qu'elle n'a pas été en mesure de produire, lors du contrôle à la frontière, le document attestant de la conclusion dudit pacte civil de solidarité. En outre, Mme A B n'a pas souhaité bénéficier du délai d'un jour franc prévu par l'article L. 333-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile avant d'être rapatriée à Mayotte, alors que ce délai aurait pu lui permettre de réunir les documents permettant son admission sur le territoire de La Réunion. Par suite, la requérante n'est pas fondée à soutenir que la décision attaquée est entachée d'illégalité.

4. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A B n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision attaquée. Par voie de conséquence, ses conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être également rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A B et au ministre de l'intérieur.

Délibéré après l'audience du 26 juin 2023, à laquelle siégeaient :

- M. Bauzerand, président,

- M. Caille, premier conseiller,

- M. Felsenheld, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 juillet 2023.

Le rapporteur,Le président,

R. FELSENHELDCh. BAUZERAND

Le greffier,

D. CAZANOVE

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

P/La greffière en chef,

Le greffier,

D. CAZANOVE

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