mercredi 31 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de La Réunion |
| Section | Tribunal Administratif de La Réunion |
| N° Dossier | TA101-2200232 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | RAYSSAC |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 22 février 2022, la société Transports C. Joseph, représentée par Me Rayssac, avocat, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions du 18 février 2022 par lesquelles la communauté d'agglomération du territoire de la côte Ouest (TCO) a résilié les lots 14 et 16 du marché de transports scolaires n° 2021DMT034 ;
2°) d'ordonner la reprise des relations contractuelles ;
3°) de condamner le TCO à lui verser la somme de 3 806 976 euros en réparation du préjudice financier et la somme de 1 657 000 euros au titre du préjudice moral ;
4°) de mettre à la charge du TCO une somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les décisions de résiliation à ses frais et risques sont irrégulières et ne sont pas fondées ;
- la reprise des relations contractuelles ne porte pas atteinte à l'intérêt général ;
- les décisions lui causent un préjudice tant financier que moral justifiant sa demande indemnitaire.
Par un mémoire en défense enregistré le 22 avril 2022, le TCO représenté par Me Charrel, avocat, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 4 000 euros soit mise à la charge de la société Transports C. Joseph.
Il fait valoir que les moyens soulevés par la société requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la commande publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Tomi, première conseillère,
- les conclusions de M.Ramin, rapporteur public,
- les observations de Me Garnier substituant Me Charrel, pour le TCO.
Considérant ce qui suit :
1. Par acte d'engagement notifié le 28 septembre 2021, la société Transports C. Joseph s'est vu confier par le TCO le lot 14 du marché de transport scolaire n° 2021DMT034, conclu pour une durée de 6 ans et un montant de 6 595 933,95 euros. Le 21 septembre 2021 elle avait été attributaire du lot 15 de ce marché pour un montant de 4 365 536,91 euros. Par acte d'engagement du 3 novembre 2021 elle s'est vu attribuer le lot 16 du même marché pour un montant de 4 743 400,01 euros. La mise en service des circuits a débuté le 25 octobre 2021. Dès les premières semaines, le TCO appelait l'attention de l'entreprise sur les dysfonctionnements constatés. Le 4 novembre 2021, une décision de résiliation était prise, à la demande de l'entreprise, à l'égard du lot 15. Le 29 novembre 2021 le TCO la mettait en demeure d'exécuter ses obligations contractuelles, à peine de résiliation pour faute, au titre des lots 14 et 16. Le 7 décembre 2021, la société Transports C. Joseph était placée en redressement judiciaire. La persistance des dysfonctionnements conduisait le TCO à lui adresser, le 21 janvier 2022, une deuxième mise en demeure de se conformer à ses obligations contractuelles, après un contrôle ayant permis de déceler la non-conformité de six véhicules. En dernier lieu, le TCO mettait en demeure l'entreprise, le 10 février 2022, de se " positionner sur la poursuite des contrats " et l'informait, par un courrier du 18 février 2022 adressé à l'administrateur judiciaire, de la résiliation des lots 14 et 16 avec effet au 19 février 2022. Par la présente requête, la société Transports C. Joseph, désormais représentée par son mandataire liquidateur suite au jugement du 5 avril 2022 prononçant sa liquidation judiciaire, demande au tribunal d'annuler les décisions de résiliation concernant les lots 14 et 16, d'ordonner la reprise des relations contractuelles et de condamner le TCO à réparer les préjudices qu'elle estime avoir subis à raison de ces résiliations.
2. D'une part, aux termes de l'article L. 2195-3 du code de la commande publique : " Lorsque le marché est un contrat administratif, l'acheteur peut le résilier : /
1° En cas de faute d'une gravité suffisante du cocontractant ; /
2° Pour un motif d'intérêt général () ". D'autre part, l'article 7.1 du CCAP applicable en l'espèce stipule que : " Le pouvoir adjudicateur peut résilier le marché pour faute () La résiliation du présent marché pourra être prononcée aux frais et risques du titulaire après mise en demeure restée sans effet () L'AO se réserve le droit de résilier le marché pour faute du titulaire ( ) en cas de manquements graves et répétés du titulaire à ses obligations contractuelles() ou d'une mauvaise exécution du service (notamment retard () affectation de véhicules non conformes, etc ou pouvant mettre en cause la sécurité des personnes transportées) ". Enfin, aux termes de l'article 4.3 du CCAP se rapportant aux pénalités : " Les manquements peuvent être constatés par le pouvoir adjudicateur () notamment à l'occasion de contrôles sur le terrain (). De plus, les manquements peuvent également être constatés par le TCO sur la base d'un faisceau d'indices suffisamment consistant et/ou sur la base de remontées d'informations concordantes et tangibles, de la part des usagers, de conducteurs, d'accompagnateurs, etc () ".
3. Pour soutenir que les décisions de résiliation seraient irrégulières, la société Transports C. Joseph se prévaut notamment de la valeur relative des constatations concernant la sécurité des véhicules de son parc, en l'absence de constat d'huissier. Il résulte toutefois de l'instruction que le TCO lui a adressé deux courriers de mise en demeure les 29 novembre 2021 et 21 janvier 2022 par lesquels il lui rappelait, sur la base de rapports circonstanciés établis par ses agents, la nécessité de mettre les véhicules en conformité, une méconnaissance de la limite d'âge ayant été mise en évidence, pour six d'entre eux, à la suite d'un contrôle opéré le 20 janvier 2022. En l'espèce, l'existence des dysfonctionnements litigieux n'est pas sérieusement contestée par la requérante qui, par les réponses adressées aux signalements récurrents effectués au cours de la courte période d'exécution de 4 mois, avait admis les anomalies constatées et avait exprimé son souci d'y apporter des solutions. A cet égard, il est établi, par les pièces versées au dossier, que pas moins de 120 incidents avaient été dénombrés au cours de la période de référence, relatifs " au non-respect des horaires, à la carence partielle ou totale de desserte, à la méconnaissance des règles de sécurité ou sanitaires ", la réalité de ces incidents encore attestée par les nombreuses réclamations reçues par le TCO en provenance des parents des enfants transportés, exposés aux risques générés par les dysfonctionnements dénoncés. Dans ces conditions, au regard du degré de gravité et du caractère répété des manquements constatés, les décisions de résiliation des lots 14 et 16, qui ne sont pas intervenues irrégulièrement au regard des stipulations précitées du CCAP, ne présentent pas un caractère disproportionné.
4. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées, de même que, par voie de conséquence, les conclusions à fin de reprise des relations contractuelles, les conclusions indemnitaires et les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit à la demande du TCO présentée sur ce même fondement.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société Transports C. Joseph est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par le TCO au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié au mandataire liquidateur de la société Transports C. Joseph et au TCO.
Copie en sera adressée au préfet de La Réunion.
Délibéré après l'audience du 13 juin 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Aebischer, président,
- M. Monlaü, premier conseiller,
- Mme Tomi, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 juillet 2024.
La rapporteure,
N. TOMI
Le président,
M.-A. AEBISCHERLe greffier,
F.IDMONT
La République mande et ordonne au préfet de La Réunion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026