lundi 6 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de La Réunion |
| Section | Tribunal Administratif de La Réunion |
| N° Dossier | TA101-2200254 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | ALAIN BENSOUSSAN SELAS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 25 février, 24 mai et 19 juillet 2022, Mme A B, représentée par Me Fayette, avocate, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite du 31 décembre 2021 par laquelle le directeur du centre hospitalier Ouest Réunion (CHOR) lui a refusé le bénéfice de l'indemnité de fin de contrat prévue à l'article L 1243-8 du code du travail ;
2°) de condamner le CHOR à lui verser la somme de 18 522,72 euros au titre de cette indemnité ;
3°) de mettre à la charge du CHOR une somme de 3000 euros au titre de l'article 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'indemnité de précarité lui est due pour les quatre premières périodes contractuelles, ayant pris fin le 31 octobre 2019, le 30 avril 2020, le 31 octobre 2020 et le 30 avril 2021 ;
- sa nomination en qualité de praticien hospitalier au 1er juin 2021, lors de la cinquième période contractuelle, est sans incidence sur le droit à l'indemnité pour les périodes antérieures ;
- le refus qui lui est opposé par le CHOR porte atteinte au principe d'égalité.
Par des mémoires en défense enregistrés les 22 avril et 1er juillet 2022, le CHOR représenté par Me Bensoussan, avocat, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de Mme B une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- le renouvellement du contrat à durée déterminée (CDD) par voie d'avenants n'est pas assimilable à une succession de CDD ;
- l'engagement par CDD s'étant prolongé dans le cadre d'une nomination en qualité de praticien hospitalier, Mme B ne peut prétendre à l'indemnité de précarité.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu le code de la santé publique ;
Vu le code du travail ;
Vu le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience ;
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Tomi, première conseillère,
- les conclusions de M. Ramin, rapporteur public ;
- et les observations de Me Bijoux substituant Me Bensoussan, avocat du CHOR.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B a été recrutée en qualité de praticien contractuel par le CHOR en mai 2019. Son CDD, conclu pour la période du 2 mai 2019 au 31 octobre 2019, a été renouvelé par voie d'avenants, d'abord pour la période du 1er novembre 2019 au 30 avril 2020, puis pour la période du 1er mai 2020 au 31 octobre 2020, puis pour la période du 1er novembre 2020 au 30 avril 2021, enfin pour la période du 1er mai 2021 au 31 octobre 2021. Le 1er juin 2021, elle a été nommée en qualité de praticien hospitalier. Le 30 octobre 2021, elle a demandé au directeur du CHOR de lui accorder le bénéfice de l'indemnité de fin de contrat, ou indemnité de précarité, prévue à l'article L. 1243-8 du code du travail et mentionnée à l'article 5 de son contrat, en indiquant que sa demande portait sur les cinq périodes contractuelles. Cette demande ayant été implicitement rejetée, elle a saisi le tribunal pour demander l'annulation de la décision de rejet et la condamnation du CHOR à lui verser l'indemnité de fin de contrat. Ses écritures doivent être interprétées, nonobstant l'ambiguïté de certaines formules des mémoires en réplique selon lesquelles l'indemnité réclamée porterait sur une période s'étendant jusqu'au 31 octobre 2021, comme invoquant un droit à l'indemnité de fin de contrat pour les quatre premières périodes contractuelles, couvrant la période du 2 mai 2019 au 30 avril 2021, la dernière période lors de laquelle est intervenue la nomination sur un emploi permanent de praticien hospitalier n'étant pas concernée par la demande soumise au tribunal.
2. Aux termes de l'article L. 1243-8 du code du travail, rendu applicable aux praticiens contractuels par l'article R. 6152-418 du code de la santé publique : " Lorsque, à l'issue d'un contrat de travail à durée déterminée, les relations contractuelles de travail ne se poursuivent pas par un contrat à durée indéterminée, le salarié a droit, à titre de complément de salaire, à une indemnité de fin de contrat destinée à compenser la précarité de sa situation. / Cette indemnité est égale à 10 % de la rémunération totale brute versée au salarié. / () Elle est versée à l'issue du contrat en même temps que le dernier salaire () ".
3. Il résulte de ces dispositions que lorsqu'au terme d'un CDD la relation de travail n'est pas poursuivie par un CDI, ou dans des conditions assimilées, le praticien contractuel a droit, à titre de complément de rémunération, à une indemnité de fin de contrat destinée à compenser la précarité de sa situation. La circonstance qu'un CDD soit suivi d'un autre contrat de même nature est sans incidence sur l'exigibilité de cette indemnité. Cette dernière est alors assise, pour chaque contrat, sur la rémunération totale brute versée du début jusqu'à la fin de ce contrat.
4. Ainsi qu'il a été dit ci-dessus, Mme B a été recrutée par le CHOR au titre d'un CDD conclu pour la période du 2 mai 2019 au 31 octobre 2019 et cet engagement s'est poursuivi par voie d'avenants sur la période du 1er novembre 2019 au 30 avril 2020, puis sur la période du 1er mai 2020 au 31 octobre 2020, puis sur la période du 1er novembre 2020 au 30 avril 2021. Contrairement à ce que soutient le CHOR, chacune des périodes couvertes par ces avenants doit être regardée, pour l'application des dispositions précitées, comme une période d'engagement au titre d'un CDD distinct de celui initialement conclu. Si Mme B a bénéficié le 1er juin 2021, au cours de sa cinquième période d'engagement à durée déterminée, qui allait du 1er mai 2021 au 31 octobre 2021, d'une nomination en qualité de praticien hospitalier statutaire assimilable à un engagement par CDI, cette circonstance ne fait pas obstacle au versement de l'indemnité prévue à l'article L. 1243-8 du code du travail pour chacune des quatre premières périodes d'engagement à durée déterminée, lesquelles n'ont pas été immédiatement suivies d'un engagement, ou d'une proposition d'engagement, au titre d'un CDI ou d'une nomination dans des conditions assimilées. Par suite, Mme B est fondée à soutenir que le droit à l'indemnité de précarité doit lui être reconnu pour ses quatre premières périodes contractuelles, correspondant à l'ensemble de la période du 2 mai 2019 au 30 avril 2021. Dès lors, la décision implicite de refus doit être annulée.
5. Par ailleurs, il y a lieu de condamner le CHOR à verser à Mme B la somme qui lui est due au titre de l'indemnité de précarité due pour la période du 2 mai 2019 au 30 avril 2021. Dans la mesure notamment où le dossier soumis au tribunal ne comporte pas l'intégralité des bulletins de paie de cette période, il y a lieu de renvoyer l'intéressée devant l'établissement pour qu'il soit procédé à la liquidation de sa créance, laquelle correspond à 10 % de la rémunération brute perçue au titre de la période du 2 mai 2019 au 30 avril 2021.
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du CHOR une somme de 1 500 euros à verser à Mme B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Les conclusions présentées sur le même fondement par le CHOR, partie perdante, à l'encontre de la requérante ne peuvent qu'être rejetées.
DECIDE :
Article 1er : La décision du directeur du CHOR rejetant implicitement la demande de Mme B du 30 octobre 2021 tendant au versement de l'indemnité de précarité est annulée.
Article 2 : Le CHOR est condamné à verser à Mme B la somme due au titre de l'indemnité de précarité pour la période du 2 mai 2019 au 30 avril 2021, l'intéressé étant renvoyée devant l'établissement pour liquidation de sa créance.
Article 3 : Le CHOR versera à Mme B la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au centre hospitalier Ouest Réunion (CHOR).
Délibéré après l'audience du 21 septembre 2023 à laquelle siégeaient :
- M. Aebischer, président ;
- M. Monlaü, premier conseiller ;
- Mme Tomi, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition du greffe le 6 novembre 2023.
La rapporteure,
N. TOMILe président,
M.-A. AEBISCHER
Le greffier,
D.CAZANOVE
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026