mardi 9 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de La Réunion |
| Section | Tribunal Administratif de La Réunion |
| N° Dossier | TA101-2200385 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés les 15 mars et 5 avril 2022, M. B A demande au tribunal d'annuler la décision du 8 mars 2022 par laquelle le conseil départemental de La Réunion a prononcé sa révocation.
Il soutient que :
- son intégrité et ses droits ont été bafoués ;
- il n'a jamais été convoqué pour recevoir ses documents administratifs afin de pouvoir s'inscrire à Pôle Emploi ;
- il ne reconnaît pas les faits reprochés ;
- la sanction du département constitue une double peine qui s'ajoute à sa condamnation par la cour d'appel de Saint-Denis ;
- le département a falsifié ses notations.
Par un mémoire en défense enregistré le 12 août 2022, le département de La Réunion conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens invoqués par le requérant ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 7 mars 2023, le président du tribunal a prononcé la clôture de l'instruction au 21 mars 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Legrand, première conseillère,
- les conclusions de Mme Baizet, rapporteure publique,
- et les observations de Mme C, représentant le département de La Réunion.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, adjoint technique territorial d'établissement d'enseignement principal de 1ère classe, était affecté au collège Emilien Adam de Villiers à Saint-Pierre. A la suite d'une plainte pour agression sexuelle déposée par une de ses collègues, le tribunal correctionnel de Saint-Pierre l'a reconnu coupable, le 4 juillet 2019, des faits d'exhibition et d'agression sexuelles et l'a condamné à une peine de trois ans d'emprisonnement, dont deux ans avec sursis, et lui a interdit d'exercer une activité professionnelle au sein d'un établissement scolaire, peines confirmées par la cour d'appel de Saint-Denis le 2 décembre 2021. Par un arrêté du 8 mars 2022, le président du conseil départemental a prononcé à son encontre la sanction de la révocation. M. A demande l'annulation de cette sanction.
2. En premier lieu, si M. A soutient que ses droits ont été bafoués, il n'assortit pas son moyen de précisions suffisantes pour en apprécier le bien-fondé. En tout état de cause, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il aurait été privé des garanties inhérentes à la procédure ayant abouti à sa sanction disciplinaire.
3. En deuxième lieu, si M. A fait valoir que le département aurait falsifié ses notations, il ne verse aucun document à l'appui de ses allégations qui, au demeurant, apparaissent sans lien avec le présent litige.
4. En troisième lieu, si M. A se plaint de n'avoir pas reçu les documents nécessaires pour faire valoir ses droits auprès des organismes compétents, ce moyen est inopérant à l'encontre de la demande d'annulation de la révocation.
5. En quatrième lieu, si M. A se plaint de la double peine que représenterait la sanction disciplinaire après la condamnation pénale prononcée à son encontre pour les mêmes faits, aucun texte ni aucun principe ne fait obstacle à ce que les mêmes faits commis par une même personne puissent faire l'objet de poursuites différentes aux fins de sanctions de nature disciplinaire, administrative ou pénale en application de corps de règles distincts devant leurs propres ordres de juridictions.
6. En cinquième lieu, l'autorité de la chose jugée au pénal s'impose à l'administration comme au juge administratif en ce qui concerne les constatations de fait que les juges répressifs ont retenues et qui sont le support nécessaire du dispositif d'un jugement définitif.
7. Si M. A ne reconnaît pas les faits qui lui sont reprochés, sa condamnation définitive pour exhibition et agression sexuelles par la cour d'appel de Saint-Denis permet de tenir pour établis les faits qui la motivent et suffit, eu égard à leur gravité et alors qu'ils ont au surplus été commis au sein du service, à fonder légalement la décision de révocation prise en application des dispositions de l'article L.533-1 du code général de la fonction publique.
8. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 8 mars 2022 par laquelle le conseil départemental de La Réunion a prononcé sa révocation à titre de sanction disciplinaire.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au département de La Réunion.
Délibéré après l'audience du 25 avril 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Khater, président,
Mme Legrand, première conseillère,
M. Ramin, premier conseiller.
Rendu public par mise au disposition au greffe le 9 mai 2023.
La rapporteure,
I. LEGRAND
La présidente,
A. KHATER La greffière,
E. POINAMBALOM
La République mande et ordonne au préfet de La Réunion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
P/la greffière en chef
La greffière,
J. BELENFANT
ep
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