lundi 12 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de La Réunion |
| Section | Tribunal Administratif de La Réunion |
| N° Dossier | TA101-2200566 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre bis |
| Avocat requérant | SELARL ALI-MAGAMOOTOO-YEN PON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 5 mai 2022, M. B A, représenté par Me Ali, demande au tribunal :
1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler l'arrêté du 12 avril 2022 par lequel le préfet de La Réunion a refusé de lui délivrer un titre de séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai d'un mois en fixant le pays de destination ;
3°) d'enjoindre au préfet de La Réunion de lui délivrer une carte de séjour portant la mention " vie privée et familiale " sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir sous la même astreinte et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté est insuffisamment motivé ;
- il n'a pas été pris au terme d'un examen particulier de sa situation ;
En ce qui concerne la décision de refus de titre de séjour :
- elle ne pouvait être prise sans saisine préalable de la commission du titre de séjour ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation ;
- elle porte atteinte à l'intérêt supérieur de ses enfants ;
- elle a été prise en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
En ce qui concerne la décision d'éloignement :
- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour ;
- elle a été prise en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et de l'article 3 de la convention relative aux droits de l'enfant ;
En ce qui concerne la décision fixant le délai de départ volontaire et la décision fixant le pays de destination :
- elles sont illégales par voie de conséquence de l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour.
Par un mémoire en défense enregistré le 24 août 2022, le préfet de La Réunion conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 25 août 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 26 septembre 2022.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 23 mai 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention relative aux droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Caille, premier conseiller ;
- et les observations de Me Djafour, substituant Me Ali, pour M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant comorien né le 3 janvier 1979 à Koimbani (Comores), est entré à La Réunion le 30 octobre 2010 muni d'un visa de court séjour. Il a sollicité le 26 mai 2016 la délivrance d'un titre de séjour en qualité de parent d'un enfant français et demande l'annulation de l'arrêté du 12 avril 2022 par lequel le préfet de La Réunion a refusé de lui délivrer un titre de séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai d'un mois.
Sur la demande d'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle :
2. Il ressort des pièces du dossier que M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du 23 mai 2022. Ses conclusions tendant à son admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle ont ainsi perdu leur objet en cours d'instance. Par suite, il n'y a pas lieu d'y statuer.
Sur la légalité externe de l'arrêté attaqué :
3. En premier lieu, l'arrêté attaqué, qui n'avait pas à mentionner l'ensemble des circonstances de fait de l'espèce, indique les motifs de droit et de fait sur lesquels il se fonde pour chacune des décisions attaquées et notamment pour la décision de refus de délivrance d'un titre de séjour qui est ainsi suffisamment motivée.
4. En deuxième lieu, il ne ressort ni de la motivation de l'arrêté contesté ni des autres pièces du dossier que le préfet de La Réunion n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation du requérant.
Sur la légalité interne de la décision de refus de séjour :
5. En premier lieu, aux termes de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France et qui établit contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil, depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 ".
6. Il ressort des pièces du dossier que M. A est le père d'une enfant française née le 21 novembre 2015. Si le requérant établit avoir contribué à son éducation et son entretien au cours des premières années de sa vie, l'enfant et la mère de celui-ci, dont M. A est désormais séparé, vivent en métropole. Il n'est ni établi ni même soutenu que le requérant aurait rencontré sa fille depuis son départ ou qu'il aurait des contacts suivis avec elle. Pour justifier de sa contribution à son entretien depuis au moins deux ans ou depuis sa naissance, le requérant produit deux attestations établies par la mère de sa fille les 20 mars 2019 et 3 décembre 2021 qui ne font état d'aucun soutien financier et se bornent à évoquer l'absence du père de l'enfant. Par suite, le moyen tiré de la violation des dispositions précitées du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
7. En deuxième lieu, il résulte des dispositions de l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que le préfet n'est tenu de saisir la commission du titre de séjour que du cas des seuls étrangers auxquels il envisage de refuser la délivrance d'un titre de séjour de plein droit alors qu'ils remplissent les conditions requises pour l'obtenir. Ainsi qu'il vient d'être dit, M. A ne remplissait pas les conditions pour l'obtention d'un titre de séjour de plein droit à la date de la décision attaquée. Par suite, le moyen tiré du défaut de consultation de la commission du titre de séjour doit être écarté.
8. En troisième lieu, la décision de refus de titre de séjour en litige n'a ni pour objet ni pour effet de séparer le requérant de son enfant dont l'intérêt est de vivre auprès de sa mère qui l'élève depuis sa naissance. M. A ne fait au demeurant état d'aucun projet d'établissement en métropole pour se rapprocher de son enfant. Par suite, le moyen tiré de la violation des stipulations de l'article 3 de la convention relative aux droits de l'enfant doit être écarté.
9. En quatrième lieu, il ressort des pièces du dossier que M. A est entré sur le territoire français à l'âge de trente-et-un ans. S'il est le père d'une enfant française, il ne vit pas auprès d'elle et ne fait état d'aucun autre lien amical ou familial sur le territoire national. S'il se prévaut de son insertion professionnelle, il n'en établit pas la réalité en produisant quatre bulletins de paie délivrés en mai, juillet, août et septembre 2020. Enfin, la circonstance que le préfet de La Réunion n'ait statué sur sa demande de titre de séjour qu'au terme d'un délai de six ans, si elle témoigne d'un traitement anormalement long de son dossier au demeurant susceptible d'engager la responsabilité de l'Etat, il n'a pas eu pour effet de lui ouvrir un droit au séjour. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
Sur la légalité interne de l'obligation de quitter le territoire français :
10. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que le moyen tiré par la voie de l'exception de l'illégalité de la décision de refus de séjour, soulevé à l'encontre de la décision d'éloignement, doit être écarté.
11. En second lieu, les moyens tirés de ce que la mesure d'éloignement a été prise en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et de l'article 3 de la convention relative aux droits de l'enfant doivent être écartés pour les mêmes motifs que ceux déjà exposés aux points 8 et 9 du présent jugement, M. A, qui a constamment séjourné à La Réunion sous couvert d'autorisations provisoires, n'établissant ni même n'alléguant qu'il serait isolé en cas de retour dans son pays d'origine.
12. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est fondé à demander ni l'annulation de la décision portant refus de titre de séjour, ni celle de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français. Il y a lieu de rejeter, par voie de conséquence, ses conclusions tendant à l'annulation des décisions fixant le délai de départ volontaire et le pays de destination.
13. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête de M. A doivent être rejetées. Il y a lieu de rejeter également, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte ainsi que ses conclusions présentées au titre des frais de l'instance.
DECIDE :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. A tendant à son admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de La Réunion.
Délibéré après l'audience du 21 novembre 2022 à laquelle siégeaient :
- M. Bauzerand, président ;
- M. Caille, premier conseiller ;
- M. Felsenheld, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 décembre 2022.
Le rapporteur,
P.-O. CAILLE
Le président,
CH. BAUZERAND
Le greffier,
D. CAZANOVE
La République mande et ordonne au préfet de La Réunion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
P/La greffière en chef,
Le greffier,
D. CAZANOVE
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026