mercredi 14 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de La Réunion |
| Section | Tribunal Administratif de La Réunion |
| N° Dossier | TA101-2200568 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | DUGOUJON & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 5 mai 2022 et 23 février 2023, M. B A, représenté par Me Dugoujon, avocat, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 10 mars 2022 par laquelle le maire de Saint-Benoît a refusé d'accéder à sa demande de réaffectation sur un poste correspondant à son cadre d'emplois ;
2°) d'enjoindre au maire, sous astreinte, de le réaffecter sur un poste correspondant à son cadre d'emplois ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Benoît une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le poste d'agent local de médiation sociale qui lui a été attribué en septembre 2021 ne correspond pas à son cadre d'emplois ;
- la décision n'a pas été prise à sa demande et ne répond pas à l'intérêt du service.
Par des mémoires en défense enregistrés les 13 décembre 2022 et 13 février 2024, la commune de Saint-Benoît conclut au rejet de la requête.
Elle soutient qu'aucun des moyens soulevés par M. A n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n°2006-1691 du 22 décembre 2006 ;
- le décret n°2006-1693 du 22 décembre 2006 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Monlaü, premier conseiller,
- les conclusions de M. Ramin, rapporteur public,
- et les observations de Me Dugoujon, avocat de M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, qui a été recruté en 2013 par la commune de Saint-Benoît pour exercer les fonctions de responsable du service de gardiennage, a été titularisé en qualité d'adjoint technique territorial le 15 janvier 2019. Il a été affecté le 13 septembre 2021 sur un poste d'agent local de médiation sociale (ALMS). Par un courrier adressé au maire le 23 décembre 2021, il a sollicité sa réaffectation sur un poste correspondant à son statut d'adjoint technique territorial. Sa demande a été rejetée par une décision du 10 mars 2022 dont il demande l'annulation.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 3 du décret du 22 décembre 2006 portant statut particulier du cadre d'emplois des adjoints techniques territoriaux : " Les adjoints techniques territoriaux sont chargés de tâches techniques d'exécution. / Ils exercent leurs fonctions dans les domaines du bâtiment, des travaux publics, de la voirie et des réseaux divers, des espaces naturels et des espaces verts, de la mécanique et de l'électromécanique, de la restauration, de l'environnement et de l'hygiène, de la logistique et de la sécurité, de la communication et du spectacle, de l'artisanat d'art () ". Aux termes de l'article 4 de ce décret : " I. - Les agents relevant du grade d'adjoint technique territorial sont appelés à exécuter des travaux techniques ou ouvriers () ". Par ailleurs, aux termes de l'article 3 du décret du 22 décembre 2006 portant statut particulier du cadre d'emplois des adjoints territoriaux d'animation : " Les membres du présent cadre d'emplois interviennent dans le secteur périscolaire et dans les domaines de l'animation des quartiers, de la médiation sociale, du développement rural, de la politique du développement social urbain et de l'organisation d'activités de loisirs. Ils peuvent intervenir au sein de structures d'accueil ou d'hébergement. / () Dans le domaine de la médiation sociale, les adjoints territoriaux d'animation peuvent participer, sous la responsabilité d'un animateur territorial ou d'un agent de catégorie A et en collaboration avec les agents des services intervenant dans ce domaine, aux actions de prévention des conflits ou de rétablissement du dialogue entre les personnes et les institutions dans les espaces publics ou ouverts au public ".
3. Il ressort des pièces du dossier que M. A exerçait, avant sa réaffectation de septembre 2021, des fonctions, conformes à son statut d'adjoint technique territorial, de responsable du service de gardiennage qui englobaient, selon la fiche de poste afférente à cet emploi, un ensemble de tâches à caractère technique dans les domaines du bâtiment, des travaux publics, de la voirie et des réseaux divers, des espaces naturels et des espaces verts, de la mécanique et de l'électromécanique, de la restauration, de l'environnement et de l'hygiène, de la logistique et de la sécurité, de la communication et du spectacle, et de l'artisanat d'art. L'examen de la fiche de poste établie à l'égard de l'emploi d'agent local de médiation sociale sur lequel M. A a été affecté le 13 septembre 2021 révèle que l'agent concerné se voit confier des actions de médiation auprès des élèves afin de contribuer à renforcer la cohésion sociale autour de l'établissement scolaire, à conduire une médiation préventive par une présence dans les espaces publics, à contribuer à lutter contre les incivilités, à réguler les conflits par le dialogue, à faciliter les liens entre les usagers dans les espaces publics et à orienter et faciliter l'accès des usagers aux services publics. Les fonctions ainsi définies sont sans correspondance avec celles qui incombent normalement à un adjoint technique territorial en vertu des dispositions précitées du statut particulier de ce cadre d'emplois. Par suite, M. A est fondé à soutenir que la décision du 10 mars 2022 par laquelle le maire de Saint-Benoît, en rejetant sa demande d'une nouvelle affectation conforme à son statut d'adjoint technique, a maintenu son affectation sur un poste d'ALMS qui était manifestement inapproprié au regard de ses droits statutaires, est entachée d'illégalité.
4. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que la décision du maire de Saint-Benoît du 10 mars 2022 doit être annulée.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
5. Eu égard à ses motifs, le présent jugement implique que le maire de Saint-Benoît procède à un réexamen de la situation de M. A afin que lui soit donnée une affectation conforme à son statut d'adjoint technique territorial. Il y a lieu de prononcer une injonction en ce sens, sans qu'il soit besoin, en l'espèce d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
6. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la commune de Saint-Benoît une somme de 1 500 euros à verser à M. A en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du maire de Saint-Benoît du 10 mars 2022 refusant de réaffecter M. A sur un poste conforme à son statut d'adjoint technique territorial est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au maire de Saint-Benoît de procéder à un nouvel examen de la situation de M. A dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : La commune de Saint-Benoît versera à M. A la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la commune de Saint-Benoît.
Copie en sera adressée au préfet de La Réunion.
Délibéré après l'audience du 27 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Aebischer, président,
M. Monlaü, premier conseiller,
Mme Tomi, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2024.
Le rapporteur,
X. MONLAÜ
Le président,
M.-A. AEBISCHER
La greffière,
S. LE CARDIET-BALOUKJY
La République mande et ordonne au préfet de La Réunion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026