lundi 30 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de La Réunion |
| Section | Tribunal Administratif de La Réunion |
| N° Dossier | TA101-2200607 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL GERY SCHWARTZ SCHAEPMAN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 13 mai 2022, l'Association GET 974, représentée par Me De Gery, demande au tribunal :
1°) à titre principal, d'annuler la décision du 22 mars 2022 par laquelle la directrice de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités (DEETS) de La Réunion lui a infligé une amende administrative d'un montant de 16 400 euros, et, à titre subsidiaire, de réformer le montant de cette amende ;
2°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 15 000 euros en réparation des préjudices qu'elle a subis du fait de l'illégalité de cette sanction ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision litigieuse est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un vice de procédure, tiré du non-respect de la procédure contradictoire, dès lors que le rapport du 25 février 2021 établi par les inspecteurs du travail ne lui a pas été communiqué, et qu'elle n'a pas été informée de l'existence de ce rapport ; elle n'a pas pu comprendre le fondement des poursuites et des griefs engagés contre elle ; par ailleurs, la DEETS n'a pas tenu compte de l'envoi par l'association de son nouveau système de décompte des heures ;
- elle est entachée d'une erreur de droit, dès lors que la matérialité des faits n'est pas établie ;
- elle est entachée d'erreurs de fait, dès lors qu'elle indique à tort, d'une part, que l'association n'a jamais apporté la preuve de la mise en place d'un nouveau système de décompte des horaires, et, d'autre part, que les 164 salariés sont concernés par le manquement ;
- le choix de la sanction pécuniaire n'est ni justifié ni proportionné ;
- le montant de la sanction est disproportionné ;
- la sanction n'aurait dû être appliquée qu'à 126 salariés ;
- l'illégalité de la décision litigieuse lui a fait perdre une chance d'obtenir une subvention, et lui a causé un préjudice évalué à 15 000 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 février 2023, la directrice de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés
La requête a été communiquée à la ministre du travail, de l'emploi et de l'insertion, qui n'a pas présenté de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Beddeleem, conseillère,
- les conclusions de M. Ramin, rapporteur public,
- et les observations de Me de Géry, représentant l'association GET 974.
Considérant ce qui suit :
1. L'association Groupement d'Employeurs dans le Transport - GET 974, qui fournit des prestations de services dans le domaine des transports en commun et de service à la personne à La Réunion, a fait l'objet d'un contrôle par la deuxième unité de contrôle de la direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi (devenue DEETS) de La Réunion le 12 novembre 2020. Par un courrier du 17 novembre 2020, la DEETS l'a informée avoir relevé plusieurs manquements, parmi lesquels l'absence de décompte individuel de la durée du travail des salariés. L'association a formulé des observations en réponse à ce courrier le 9 décembre 2020. Par un courrier du 5 février 2021, la DEETS a indiqué à l'association qu'un planning prévisionnel ne permettait pas de remplir l'obligation de décompte individuel des horaires de travail en application des articles L. 3171-2, D. 3171-8 et L. 3171-3 du code du travail et lui a demandé de prendre les mesures nécessaires afin de se mettre en conformité avec ces dispositions. Par un courriel du 18 février 2021, l'association GET 974 a indiqué à la DEETS avoir mis en place un nouvel outil manuel de décompte et l'a informée de son intention de mettre en œuvre un outil numérique. Par un courrier du 20 avril 2021, la DEETS a adressé à l'association un projet de sanction d'un montant de 4 000 euros par salarié, pour un total de 164 salariés, du fait du manquement constaté aux articles L. 3171-2 et D. 3171-8 du code du travail. L'association a formulé des observations sur ce projet de sanction par un courrier du 17 mai 2021 et par un courriel du 23 septembre 2021. Par une décision du 22 mars 2022, la directrice de la DEETS a infligé à l'association GET 974 une sanction totale de 16 400 euros, soit 100 euros par salarié, en raison du manquement de l'association à la réglementation relative au décompte individuel de la durée du travail. Par la présente requête, l'association GET 974 demande au tribunal, à titre principal, d'annuler la décision du 22 mars 2022, à titre subsidiaire, de la minorer, ainsi que de condamner l'Etat à lui verser la somme de 15 000 euros au titre des dommages et intérêts pour réparer les préjudices qu'elle a subis du fait de l'illégalité de cette sanction.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la régularité de la sanction :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 8115-5 du code du travail : " Avant toute décision, l'autorité administrative informe par écrit la personne mise en cause de la sanction envisagée en portant à sa connaissance le manquement retenu à son encontre et en l'invitant à présenter, dans un délai fixé par décret en Conseil d'Etat, ses observations. / A l'issue de ce délai, l'autorité administrative peut, par décision motivée, prononcer l'amende et émettre le titre de perception correspondant. / () ".
3. La décision litigieuse vise les dispositions du code du travail applicables, notamment les articles L. 8115-1, L. 3171-2 et D. 3171-8. Elle indique le manquement reproché à la requérante, à savoir la méconnaissance de la réglementation relative au décompte individuel de la durée du travail, et précise à ce propos que les plannings de travail de l'association requérante ne permettent pas un décompte individuel de la durée du travail. Elle énonce également les éléments pris en compte par la DEETS pour fixer la sanction, en particulier la reconnaissance des infractions commises par l'employeur, l'affirmation de la mise en place de décomptes horaires suite au contrôle et la situation économique de l'association. Dès lors, contrairement à ce que soutient l'association requérante, la décision litigieuse mentionne avec suffisamment de précision les considérations qui en constituent le fondement et qui permettent de la contester utilement. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
4. En second lieu, aux termes de l'article L. 8113-7 du code du travail : " () / Lorsqu'il constate des infractions pour lesquelles une amende administrative est prévue au titre V du livre VII de la quatrième partie ou à l'article L. 8115-1, l'agent de contrôle de l'inspection du travail peut, lorsqu'il n'a pas dressé un procès-verbal à l'attention du procureur de la République, adresser un rapport à l'autorité administrative compétente, dans le cadre de la procédure prévue au chapitre V du présent titre. " Aux termes de l'article R. 8115-1 du même code : " Lorsqu'un agent de contrôle de l'inspection du travail constate l'un des manquements aux obligations mentionnées à la section 2 du présent chapitre, il transmet au directeur régional de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités un rapport sur le fondement duquel ce dernier peut décider de prononcer une amende administrative. ". Aux termes de l'article R. 8115-10 dudit code : " Par dérogation à l'article R. 8115-2, lorsque le directeur régional des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi décide de prononcer une amende administrative sur le fondement des articles L. 4751-1 à L. 4754-1 et L. 8115-1 à L. 8115-8, il invite l'intéressé à présenter ses observations dans un délai d'un mois. / Ce délai peut être prorogé d'un mois à la demande de l'intéressé, si les circonstances ou la complexité de la situation le justifient. ".
5. Il résulte de l'instruction qu'à la suite du contrôle du 12 novembre 2020, la DEETS, par un courrier du 17 novembre 2020, a informé l'association GET 974 des manquements qui lui étaient reprochés et l'a invitée à présenter des observations. Par un courrier du 20 avril 2021, elle l'a informée du montant de l'amende administrative qu'elle envisageait de prononcer à son encontre. L'association GET 974 a formulé des observations en réponse à chacun de ces courriers. Si elle fait valoir que le principe du contradictoire a été méconnu, dès lors que le rapport des inspecteurs du travail du 25 février 2021 ne lui a pas été communiqué, ni les dispositions précitées ni aucune autre disposition, n'imposent à l'administration de transmettre spontanément à la personne sanctionnée le rapport de l'agent de l'inspection du travail qui a réalisé le contrôle. En outre, le courrier du 20 avril 2021 informait l'association de la possibilité de demander la communication de son dossier, ce qu'elle n'a fait que postérieurement à l'édiction de la sanction litigieuse. Par ailleurs, contrairement à ce que soutient l'association, le courrier du 20 avril 2021 indiquait clairement les faits justifiant le prononcé d'une sanction, à savoir la méconnaissance des règles relatives au décompte de la durée du travail pour l'ensemble des salariés de l'association. Enfin, l'association fait valoir que, postérieurement au contrôle de l'inspection du travail, elle a mis en place des formulaires permettant d'indiquer, pour chaque salarié, le décompte effectif du temps de travail, par jour et par semaine. Par un courriel du 23 septembre 2021, l'association a transmis à la DEETS l'un de ces formulaires. Si l'association fait valoir que la DEETS n'a pas pris en compte son nouveau système de décompte des heures, la décision litigieuse vise le courriel du 23 septembre 2021 et indique avoir pris en compte l'affirmation de la mise en place de décomptes horaires à la suite du contrôle. En outre, dès lors qu'il est constant que l'association s'est bornée à envoyer un seul exemple de formulaire concernant une seule salariée, l'administration a pu, sans commettre d'erreur, indiquer dans la décision litigieuse que l'association n'apportait pas la preuve de la mise en place de décomptes horaires par la transmission de décomptes sur les mois suivants le contrôle. Dans ces conditions, il ne résulte pas de l'instruction que l'administration n'aurait pas pris en compte les éléments envoyés par l'association concernant le nouveau système de décompte des heures. Par suite, l'association GET 974, qui a été informée de la sanction envisagée à son encontre et qui a pu présenter utilement ses observations, n'est pas fondée à soutenir que le principe du contradictoire a été méconnu.
En ce qui concerne le bien-fondé de la sanction :
6. En premier lieu, aux termes de l'article L. 8115-1 du code du travail : " L'autorité administrative compétente peut, sur rapport de l'agent de contrôle de l'inspection du travail mentionné à l'article L. 8112-1, et sous réserve de l'absence de poursuites pénales, soit adresser à l'employeur un avertissement, soit prononcer à l'encontre de l'employeur une amende en cas de manquement : / () / 3° A l'article L. 3171-2 relatif à l'établissement d'un décompte de la durée de travail et aux dispositions réglementaires prises pour son application ; / () ". Aux termes de l'article L. 3171-1 de ce code : " L'employeur affiche les heures auxquelles commence et finit le travail ainsi que les heures et la durée des repos. () ". Aux termes de l'article L. 3171-2 du même code : " Lorsque tous les salariés occupés dans un service ou un atelier ne travaillent pas selon le même horaire collectif, l'employeur établit les documents nécessaires au décompte de la durée de travail, des repos compensateurs acquis et de leur prise effective, pour chacun des salariés concernés. / () ". Aux termes de l'article D. 3171-1 de ce code : " Lorsque tous les salariés d'un atelier, d'un service ou d'une équipe travaillent selon le même horaire collectif, un horaire établi selon l'heure légale indique les heures auxquelles commence et finit chaque période de travail. / () ". Aux termes de l'article D. 3171-8 dudit code : " Lorsque les salariés d'un atelier, d'un service ou d'une équipe, au sens de l'article D. 3171-7, ne travaillent pas selon le même horaire collectif de travail affiché, la durée du travail de chaque salarié concerné est décomptée selon les modalités suivantes : / 1° Quotidiennement, par enregistrement, selon tous moyens, des heures de début et de fin de chaque période de travail ou par le relevé du nombre d'heures de travail accomplies ; / 2° Chaque semaine, par récapitulation selon tous moyens du nombre d'heures de travail accomplies par chaque salarié. ".
7. Il résulte des dispositions citées au point précédent que lorsque les salariés d'un atelier, d'un service ou d'une équipe ne travaillent pas selon le même horaire collectif de travail affiché, il incombe à l'employeur de prévoir les modalités par lesquelles un décompte des heures accomplies par chaque salarié est établi quotidiennement et chaque semaine, selon un système qui doit être objectif, fiable et accessible.
8. Il résulte de l'instruction qu'à la date du contrôle de l'inspection du travail, la durée du travail était calculée selon un planning prévisionnel, indiquant les heures de prise de service et de fin de service prévues pour chaque salarié. Les salariés ne déclaraient leurs horaires de travail effectivement réalisés qu'en cas de réalisation d'heures supplémentaires. Ainsi, ce système ne permettait pas de décompter le nombre d'heures de travail effectivement accomplies quotidiennement, en méconnaissance des dispositions précitées. En outre, aucun système de récapitulation par semaine du nombre d'heures de travail accomplies n'existait. Par ailleurs, la circonstance que l'association requérante aurait ensuite mis en place un système de décompte effectif du temps de travail par jour et par semaine est sans incidence sur le bien-fondé de la sanction, dès lors que la matérialité des faits qui en sont à l'origine s'apprécie à la date du contrôle. Par suite, l'association GET 974 n'est pas fondée à soutenir que la matérialité des faits à l'origine de la sanction n'est pas établie.
9. En deuxième lieu, d'une part, ainsi qu'il a été dit au point 5, en indiquant, dans la décision litigieuse, que l'association n'avait pas apporté la preuve de la mise en place de décomptes horaires suite au contrôle " notamment par la transmission de décompte sur les mois suivants le contrôle ", l'administration n'a pas entaché sa décision d'erreur de fait sur ce point, dès lors qu'il est constant que l'association s'est bornée à envoyer un seul formulaire concernant une seule salariée.
10. D'autre part, en se bornant à soutenir que treize salariés sont en horaires fixes et non soumis à un système de décompte, l'association GET 974 n'établit pas ni même n'allègue que ces salariés étaient soumis à un horaire collectif commun qui aurait été régulièrement affiché en application de l'article D. 3171-2 précité. Par ailleurs, la seule production d'une capture d'écran du système de pointage informatique GETIC, datée du 12 mai 2022, ne permet pas d'établir que le temps de travail des agents affectés aux gares routières était soumis à un système de pointage automatique à la date du contrôle de l'inspection du travail, alors qu'il ressort au contraire des courriers échangés à la suite du contrôle que l'association reconnaissait n'avoir pas prévu de système de décompte effectif du temps de travail. Dès lors, l'association n'est pas non plus fondée à soutenir que la décision litigieuse est entachée d'une erreur de fait en ce qu'elle a appliqué la sanction aux 164 salariés de l'association.
11. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 8115-4 du code du travail : " Pour déterminer si elle prononce un avertissement ou une amende et, le cas échéant, pour fixer le montant de cette dernière, l'autorité administrative prend en compte les circonstances et la gravité du manquement, le comportement de son auteur, notamment sa bonne foi, ainsi que ses ressources et ses charges. ".
12. L'association requérante fait valoir que le choix de la sanction n'était pas justifié, dès lors que la nature même du travail intermittent des travailleurs rendait difficile l'installation d'un système de pointeuse des heures, que le manquement n'a eu aucune conséquence sur les droits des salariés qui ont été intégralement payés, qu'elle est de bonne foi et a régularisé sa situation, et qu'elle fait face à un contexte économique difficile. Toutefois, eu égard à la nature du manquement, qui concernait l'ensemble des salariés de l'association, et qui portait sur la méconnaissance de l'ensemble des prescriptions de l'articles D. 3171-8, aucun des deux décomptes imposés par cet article n'ayant été établi, le prononcé d'une sanction était justifié. Par ailleurs, il résulte de l'instruction que l'administration, qui envisageait initialement une sanction de 4 000 euros par salarié, a réduit cette sanction à 100 euros par salarié pour prendre en compte les difficultés économiques de l'association ainsi que sa bonne foi tout au long de la procédure. Enfin, il résulte des comptes de l'association au titre de l'exercice 2020 que le résultat pour cet exercice était excédentaire de 26 365 euros. Il ne résulte pas de l'instruction que le montant de la sanction serait disproportionné au regard de la situation économique de l'association. Dans ces conditions, les moyens tirés de ce que le choix de la sanction n'était pas justifié et de ce que la sanction était disproportionnée doivent être écartés.
13. En quatrième et dernier lieu, aux termes de l'article L. 8115-3 du code du travail : " Le montant maximal de l'amende est de 4 000 euros et peut être appliqué autant de fois qu'il y a de travailleurs concernés par le manquement. / () ".
14. D'une part, ainsi qu'il a été dit au point 10, l'association n'est pas fondée à soutenir que les treize salariés travaillant en horaire fixe ainsi que les quatorze salariés affectés en gare routière n'auraient pas dû être pris en compte dans l'établissement de la sanction. D'autre part, si l'association soutient que les salariés absents temporairement de l'entreprise en novembre 2020 n'auraient pas dû être pris en compte dans le calcul du montant de la sanction, il est constant que ces salariés étaient bien employés par l'association à la date du contrôle et qu'ils n'ont jamais bénéficié d'un décompte effectif de leurs horaires de travail. Ainsi, l'association n'est pas fondée à soutenir que les salariés absents temporairement de l'entreprise en novembre 2020 auraient dû être exclus du calcul du montant de la sanction. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 8115-3 du code du travail doit être écarté.
15. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'indemnisation :
16. Il résulte de ce qui a été dit aux points précédents que la décision de sanction du 22 mars 2022 n'est pas illégale. Par suite, les conclusions de l'association tendant à son indemnisation du fait de l'illégalité de la sanction ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés à l'instance :
17. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la somme demandée par la requérante au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens soit mise à la charge de l'Etat, qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de l'association GET 974 est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à l'association Groupement d'Employeurs dans le Transport - GET 974 et à la ministre du travail et de l'emploi.
Copie en sera adressée au directeur de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités de La Réunion.
Délibéré après l'audience du 16 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Bauzerand, président,
- M. Duvanel, premier conseiller,
- Mme Beddeleem, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 septembre 2024.
La rapporteure,
J. BEDDELEEM
Le président,
Ch. BAUZERAND
Le greffier,
D. CAZANOVE
La République mande et ordonne à la ministre du travail et de l'emploi, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
P/La greffière en chef,
Le greffier,
D. CAZANOVE
Conseil d'État — N° 516229
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.
01/06/2026
Conseil d'État — N° 515333
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de Mme A..., magistrate, qui demandait le report et l'encadrement de ses auditions par l'inspection générale de la justice (IGJ) dans le cadre d'une enquête administrative. La requérante invoquait une atteinte grave à ses droits de la défense, à sa dignité et à l'indépendance juridictionnelle. Le juge a estimé que l'audition prévue du 4 au 7 mai 2026, qui ne préjugeait pas de l'issue de l'enquête ni d'éventuelles poursuites disciplinaires, n'était pas susceptible de porter une atteinte manifestement disproportionnée à ses droits. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, la condition d'urgence n'étant pas retenue comme caractérisant une illégalité grave.
03/05/2026
Conseil d'État — N° 509298
Le Conseil d'État rejette la requête de M. A... pour défaut d'intérêt à agir, les circonstances invoquées (qualité de citoyen, d'usager ou de professionnel) n'étant pas suffisamment directes et certaines pour contester la nomination du président du conseil d'administration de l'OFII. La portée de cette décision est de rappeler la rigueur du contrôle de l'intérêt à agir en matière de nominations aux emplois publics.
09/04/2026
Conseil d'État — N° 507528
Le Conseil d'État refuse d'admettre le pourvoi de La Poste contre l'ordonnance ayant suspendu la révocation de M. B..., estimant qu'aucun moyen sérieux n'est soulevé.
09/04/2026