jeudi 28 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de La Réunion |
| Section | Tribunal Administratif de La Réunion |
| N° Dossier | TA101-2200669 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | WTA-avocats (R. WEYL- F. WEYL - F. WEYL - E. TAULET) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 18 mai 2022 et 25 septembre 2023, M. B A, représenté par Me Taulet, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du ministre de l'agriculture du 25 mars 2022 portant rejet de sa demande de promotion hors classe au titre de l'année 2021 ;
2°) d'enjoindre à cette autorité, à titre principal, de procéder à son admission au grade hors classe, échelon 4 à compter du 1er septembre 2021 avec toutes les conséquences de droit et de fait, à défaut, au réexamen de sa situation et ce, sous astreinte dont le montant sera fixé par le tribunal ;
3°) à défaut, d'enjoindre à l'administration de produire les documents utiles à la situation du dernier promu à la hors classe au 1er septembre 2021, et à celle de M. C ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision est entachée d'incompétence de son auteur ;
- elle méconnaît les lignes directrices fixées par la note de service du 11 février 2021 relatives à la promotion et à la valorisation des parcours professionnels de conseillers principaux d'éducation, des professeurs de lycées professionnels agricoles, des professeurs certifiés de l'enseignement agricole dès lors qu'il avait atteint le 10ème échelon de la classe normale depuis le 8 septembre 2018, et bénéficiait d'une carrière exceptionnelle ; il fait preuve d'une valeur professionnelle exceptionnelle au regard de la moyenne des notes obtenues pour les années 2017, 2018 et 2019 ayant obtenu la note maximale ;
- en promouvant un agent placé dans la même situation que lui, pour avoir obtenu 200 points dont 150 au titre de la valeur professionnelle et 50 points pour l'ancienneté, l'administration a méconnu le principe d'égalité dès lors qu'elle ne justifie pas cette promotion par des critères objectifs ;
- la décision de ne pas l'inscrire au tableau d'avancement et de ne pas le nommer au grade hors classe est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par des mémoires en défense enregistré les 17 mai 2023, 28 décembre 2023 et 11 janvier 2024, le ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- M. A demande en réalité l'annulation du tableau d'avancement en tant qu'il n'y figure pas : les conclusions à fin d'annulation du refus de l'inscrire au tableau d'avancement sont irrecevables dès lors que le tableau présente un caractère indivisible ;
- à supposer que les conclusions tendent à l'annulation du tableau d'avancement dans son ensemble, elles sont tardives ;
- aucun des moyens invoqués n'est fondé.
Par une ordonnance du 16 octobre 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 30 octobre 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le décret n°90-90 du 24 janvier 1990 ;
- le décret n° 2005-1090 du 1er septembre 2005 ;
- l'arrêté du 15 novembre 2021 du ministre de l'agriculture et de l'alimentation fixant les taux de promotion dans les corps des personnels enseignants et d'éducation du ministère de l'agriculture et de l'alimentation pour les années 2021 et 2022 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Tomi, rapporteure ;
- les conclusions de M. Sauvageot, rapporteur public.
- les parties n'étant ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, professeur de lycée professionnel de classe normale ayant atteint le 10ème échelon, affecté au lycée agricole de Saint-Joseph depuis le 1er septembre 2000 a, par courrier du 15 décembre 2021, contesté son absence d'inscription au tableau d'avancement pour l'année 2021 publié le 7 décembre 2021. Par décision du ministre de l'agriculture du 25 mars 2022, son recours gracieux a été rejeté. Par la présente requête, M. A doit être regardé comme demandant l'annulation du tableau d'avancement pour l'année 2021 au grade hors classe en tant que son nom n'y figure pas et du rejet de son recours gracieux du 25 mars 2022.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :
2. Aux termes de l'article 19 du décret du 24 janvier 1990 relatif au statut particulier des professeurs de lycée professionnel agricole : " Les professeurs de lycée professionnel agricole peuvent être promus professeurs de lycée professionnel hors classe lorsqu'ils comptent, au 31 août de l'année au titre de laquelle le tableau d'avancement est établi, au moins deux ans d'ancienneté dans le 9e échelon de la classe normale. / Le tableau d'avancement est arrêté chaque année par le ministre chargé de l'agriculture. / Le nombre maximum de professeurs de lycée professionnel agricole pouvant être promus chaque année à la hors classe est déterminé conformément aux dispositions du décret n° 2005-1090 du 1er septembre 2005 relatif à l'avancement de grade dans les corps des administrations de l'Etat. / Les promotions sont prononcées, dans l'ordre d'inscription au tableau annuel d'avancement, par le ministre chargé de l'agriculture ". Aux termes de l'article 1er du décret du 1er septembre 2005 relatif à l'avancement de grade dans les corps des administrations de l'Etat : " I.-A compter du 1er janvier 2006, nonobstant toute disposition statutaire contraire, le nombre maximum des fonctionnaires appartenant à l'un des corps des administrations de l'Etat, à l'exclusion des corps propres des établissements publics, pouvant être promus à l'un des grades d'avancement de ce corps est déterminé par application d'un taux de promotion à l'effectif des fonctionnaires remplissant les conditions pour cet avancement de grade. Cet effectif s'apprécie au 31 décembre de l'année précédant celle au titre de laquelle sont prononcées les promotions. / II.- Le taux de promotion mentionné au I est fixé par un arrêté du ministre intéressé ". Selon l'article 1 de l'arrêté du 15 novembre 2021 fixant les taux de promotion dans les corps des personnels enseignants et d'éducation du ministère de l'agriculture et de l'alimentation pour les années 2021 et 2022 : " Les taux de promotion permettant de déterminer le nombre maximum des avancements de grade pouvant être prononcés au titre des années 2021 et 2022 dans les corps des personnels enseignants et d'éducation relevant du ministère de l'agriculture et de l'alimentation en application du décret du 1er septembre 2005 susvisé, figurent en annexe du présent arrêté ". En application de cette annexe, le taux de promotion au grade hors classe pour le corps de professeur de lycée agricole au titre des années 2021 et 2022 a été fixé à 18 % des effectifs remplissant les conditions pour cet avancement de grade au 31 décembre de l'année précédant celle au titre de laquelle sont prononcées les promotions.
3. Il résulte de ces dernières dispositions que le tableau d'avancement au grade hors classe du corps des professeurs de lycée agricole au titre de l'année 2021 comportait un nombre maximum de fonctionnaires et présentait ainsi un caractère indivisible. Par suite, M. A était seulement fondé, pour contester son absence d'inscription sur ce tableau, à demander l'annulation de l'entier tableau. Ses conclusions aux fins d'annulation dirigées contre la décision du 25 mars 2022 rejetant son recours formé à l'encontre du tableau d'avancement en tant qu'il n'y figure pas, sont irrecevables. La fin de non-recevoir opposée en défense doit dès lors être accueillie.
4. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de statuer sur l'autre fin de non-recevoir opposée en défense, la requête de M. A doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles présentées au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E:
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la ministre de l'agriculture, de la souveraineté alimentaire et de la forêt.
Délibéré après l'audience du 14 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
- Mme Blin, présidente,
- M. Monlaü, premier conseiller,
- Mme Tomi, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 novembre 2024.
La rapporteure,
N.TOMI
La présidente,
A.BLIN Le greffier ,
F.IDMONT
La République mande et ordonne à la ministre de l'agriculture, de la souveraineté alimentaire et de la forêt en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2200669
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026