mardi 18 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de La Réunion |
| Section | Tribunal Administratif de La Réunion |
| N° Dossier | TA101-2200678 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces complémentaires, enregistrées les 23 mai, 17 juin 2022 et 9 janvier 2023, M. A B doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler la décision du 5 avril 2022 par laquelle l'administrateur supérieur des douanes, directeur régional de La Réunion a refusé de faire droit à sa demande tendant à la reconnaissance du centre de ses intérêts matériels et moraux à La Réunion.
Il soutient que la décision attaquée est entachée d'erreur d'appréciation dès lors que le centre de ses intérêts matériels et moraux se situe à La Réunion et non en métropole où il n'a plus aucun intérêt.
La requête a été communiquée au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, qui n'a pas produit d'observations en défense.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Le Merlus,
- les conclusions de M. Sauvageot, rapporteur public,
- les parties n'étant ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, contrôleur principal des douanes et droits indirects affecté à La Réunion a sollicité, le 28 février 2022, la reconnaissance du centre de ses intérêts matériels et moraux à La Réunion. Par une décision du 5 avril 2022, l'administrateur supérieur des douanes, directeur régional de La Réunion a refusé de faire droit à sa demande. Par la présente requête, M. B demande l'annulation de cette décision.
2. Pour déterminer la localisation du centre des intérêts matériels et moraux du fonctionnaire, il appartient à l'administration, sous le contrôle du juge, de tenir compte notamment, outre de la durée du séjour en métropole ou en outre-mer, de son lieu de naissance, du lieu où se trouvent sa résidence et celle des membres de sa famille, du lieu où le fonctionnaire est, soit propriétaire ou locataire de biens fonciers, soit titulaire de comptes bancaires, de comptes d'épargne ou de comptes postaux, ainsi que d'autres éléments d'appréciation parmi lesquels le lieu du domicile avant l'entrée dans la fonction publique de l'agent, celui où il a réalisé sa scolarité ou ses études, la volonté manifestée par l'agent à l'occasion de ses demandes de mutation et de ses affectations ou la localisation du centre des intérêts moraux et matériels de son conjoint ou partenaire au sein d'un pacte civil de solidarité. L'appréciation de la situation de fait concernant la localisation du centre des intérêts moraux et matériels d'un agent, qui peut varier dans le temps, doit être appréciée à la date à laquelle l'administration, sollicitée par l'agent, se prononce sur l'application d'une disposition législative ou règlementaire.
3. Il ressort des pièces du dossier que M. A B, né en Algérie en 1957, est affecté à La Réunion depuis le 31 décembre 2015, qu'il y vit avec son épouse, qui y travaille en tant que secrétaire médicale, dans un appartement dont ils sont locataires, qu'il y a transféré ses comptes bancaires et qu'il y est inscrit sur les listes électorales. Toutefois, il ressort également des pièces du dossier qu'il a vécu jusqu'en 2015 en métropole où il a effectué toute sa scolarité et sa carrière jusqu'à son affectation à La Réunion. Si ses parents sont décédés, il reconnaît que ses deux enfants résident toujours en métropole. En outre, la durée de son séjour sur ce territoire, de seulement six ans, est assez faible à la date de la décision contestée. Il en est de même de celui de son épouse, avec laquelle il a conclu un pacte civil de solidarité en métropole en 2015. En outre, il ne ressort d'aucune pièce du dossier et n'est pas même allégué que M. B avait, avant la date de son affectation à la Réunion à l'âge de 57 ans, des attaches personnelles sur ce territoire. Dès lors, il n'est pas fondé à soutenir que l'administrateur supérieur des douanes, directeur régional de La Réunion a inexactement apprécié sa situation en refusant de reconnaître à La Réunion le centre de ses intérêts matériels et moraux.
4. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 5 avril 2022 par laquelle le directeur régional des douanes et des droits indirects a refusé de faire droit à sa demande tendant à la reconnaissance du centre de ses intérêts matériels et moraux à La Réunion.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.
Délibéré après l'audience du 4 juin 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Khater, présidente,
M. Le Merlus, conseiller.
Mme Lebon, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe du tribunal le 18 juin 2024.
Le rapporteur,
T. LE MERLUS
La présidente,
A. KHATER
La greffière,
E. POINAMBALOM
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique de la France en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
P/la greffière en chef
La greffière,
E. POINAMBALOM
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