lundi 30 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de La Réunion |
| Section | Tribunal Administratif de La Réunion |
| N° Dossier | TA101-2200818 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 28 juin 2022, la société anonyme à responsabilité limitée (SARL) Garage AEIP, représentée par Me Akhoun, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 26 avril 2022 par lequel le préfet de La Réunion l'a mise en demeure de régulariser la situation administrative de l'installation de transit, regroupement et tri de déchets de métaux non dangereux qu'elle exploite sur la parcelle cadastrée CS 1024, sur le territoire de la commune de Saint Pierre ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté litigieux est insuffisamment motivé ;
- il a été pris en méconnaissance du principe du contradictoire, dès lors que l'administration n'a pas pris en compte son courrier d'observations du 15 juin 2022 ;
- il porte atteinte au principe de non-rétroactivité de la loi ;
- il est dépourvu de base légale et méconnaît les articles L. 171-7 et L. 511-1 du code de l'environnement ;
- le motif de l'arrêté tenant à l'absence d'enregistrement est entaché d'une erreur de fait ;
- le motif de l'arrêté tenant à l'exploitation de l'installation classée de la rubrique 2713 sur une zone agricole est entaché d'une erreur de fait ;
- il n'existe aucun péril grave de nature à justifier la suspension de l'activité ;
- la sanction prise est disproportionnée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 janvier 2023, le préfet de La Réunion conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- les moyens tirés de l'insuffisance de motivation, de la méconnaissance du contradictoire, de l'absence de péril grave de nature à justifier la suspension de l'activité et de la disproportion de la sanction sont inopérants ;
- les moyens soulevés par la SARL Garage AEIP ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'environnement ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Beddeleem, conseillère,
- les conclusions de M. Ramin, rapporteur public,
- et les observations de Mme A, représentant le préfet de La Réunion.
Considérant ce qui suit :
1. La société à responsabilité limitée (SARL) Garage AEIP exerce une activité de transit, regroupement, tri ou préparation en vue de la réutilisation de métaux ou de déchets non dangereux, relevant de la rubrique n°2713 de la nomenclature des installations classées pour la protection de l'environnement (ICPE), sur la parcelle cadastrée CS 1024 de la commune de Saint-Pierre. Elle dispose à ce titre d'une déclaration. Par un rapport d'inspection en date du 11 mars 2022, rédigé suite à une visite de contrôle effectuée le 5 janvier 2022, les inspecteurs de la direction de l'environnement, de l'aménagement et du logement (DEAL) de La Réunion ont relevé que la surface occupée par les activités relevant de la rubrique n°2713 excédait 1 000 m2, de telle sorte que l'activité relevait du régime de l'enregistrement. Par un arrêté du 26 avril 2022, le préfet de La Réunion a mis en demeure l'intéressé de régulariser la situation administrative de son installation de transit, regroupement, tri ou préparation en vue de la réutilisation de métaux ou de déchets de métaux non dangereux, en déposant dans un délai de deux mois un dossier de demande d'enregistrement complet, ou, à défaut en cessant définitivement ses activités sous le régime de l'enregistrement. Par la présente requête, la SARL Garage AEIP demande au tribunal l'annulation de l'arrêté du 26 avril 2022.
2. Aux termes de l'article L. 171-6 du code de l'environnement : " Lorsqu'un agent chargé du contrôle établit à l'adresse de l'autorité administrative compétente un rapport faisant état de faits contraires aux prescriptions applicables, en vertu du présent code, à une installation, un ouvrage, des travaux, un aménagement, une opération, un objet, un dispositif ou une activité, il en remet une copie à l'intéressé qui peut faire part de ses observations à l'autorité administrative. ". Aux termes de l'article L. 171-7 du même code, dans sa version applicable à la date de l'arrêté litigieux : " I.- Indépendamment des poursuites pénales qui peuvent être exercées, lorsque des installations ou ouvrages sont exploités, des objets et dispositifs sont utilisés ou des travaux, opérations, activités ou aménagements sont réalisés sans avoir fait l'objet de l'autorisation, de l'enregistrement, de l'agrément, de l'homologation, de la certification ou de la déclaration requis en application du présent code, ou sans avoir tenu compte d'une opposition à déclaration, l'autorité administrative compétente met l'intéressé en demeure de régulariser sa situation dans un délai qu'elle détermine, et qui ne peut excéder une durée d'un an. / () ".
3. Il résulte de ces dispositions que lorsque l'inspecteur des installations classées a constaté, selon la procédure requise par le code de l'environnement, l'inobservation de conditions légalement imposées à l'exploitant d'une installation classée, le préfet, sans procéder à une nouvelle appréciation de la violation constatée, est tenu d'édicter une mise en demeure de satisfaire à ces conditions dans un délai déterminé.
4. Aux termes de l'article L. 511-1 du code de l'environnement : " Sont soumis aux dispositions du présent titre les usines, ateliers, dépôts, chantiers et, d'une manière générale, les installations exploitées ou détenues par toute personne physique ou morale, publique ou privée, qui peuvent présenter des dangers ou des inconvénients soit pour la commodité du voisinage, soit pour la santé, la sécurité, la salubrité publiques, soit pour l'agriculture, soit pour la protection de la nature, de l'environnement et des paysages, soit pour l'utilisation économe des sols naturels, agricoles ou forestiers, soit pour l'utilisation rationnelle de l'énergie, soit pour la conservation des sites et des monuments ainsi que des éléments du patrimoine archéologique. / (). ". Aux termes de l'article L. 511-2 du même code : " Les installations visées à l'article L. 511-1 sont définies dans la nomenclature des installations classées établie par décret en Conseil d'Etat, pris sur le rapport du ministre chargé des installations classées, après avis du Conseil supérieur de la prévention des risques technologiques. Ce décret soumet les installations à autorisation, à enregistrement ou à déclaration suivant la gravité des dangers ou des inconvénients que peut présenter leur exploitation. ". En vertu de la rubrique n°2713 de la nomenclature des installations classées pour la protection de l'environnement, les installations de transit, regroupement, tri ou préparation en vue de la réutilisation de métaux ou de déchets de métaux non dangereux sont des installations classées pour la protection de l'environnement soumises à enregistrement lorsqu'elles sont supérieures ou égales à 1 000 m2 et à déclaration lorsqu'elles sont supérieures ou égales à 100 m2 mais inférieures à 1 000 m2.
5. En premier lieu, il résulte du rapport de l'inspection des installations classées pour la protection de l'environnement, établi le 11 mars 2022, que la surface occupée par les activités relevant de la rubrique n°2713, constituée à la fois par les aires d'entreposage des matériaux et par la surface affectée à leur conditionnement, était d'environ 1 770 m2. Il est constant que la SARL Garage AEIP n'a pas procédé à l'enregistrement de cette ICPE. Si la requérante fait valoir qu'un accord est intervenu avec la DEAL et que la surface d'exploitation n'est plus que de 900 m2, elle ne produit aucun élément de nature à établir l'existence de cet accord, dont la réalité est contestée par le préfet. En outre, le plan DP2 produit par la requérante, qui se borne à indiquer la surface occupée par les stocks de matériaux, mais n'indique pas la surface totale occupée par l'activité, et notamment la surface affectée au conditionnement des matériaux, ne permet pas de remettre en cause utilement le constat des inspecteurs. De même, l'audit de conformité du 3 mai 2022, postérieur à la décision litigieuse, n'indique pas la surface occupée par les activités relevant de la rubrique n°2713. Dans ces conditions, le préfet de La Réunion était tenu de mettre en demeure la requérante, sur le fondement de l'article L. 171-7, de régulariser sa situation. Par ailleurs, si la SARL Garage AEIP fait valoir que la parcelle ne contient aucun véhicule hors d'usage, ce motif n'est pas au nombre de ceux retenus dans l'arrêté. Par suite, la SARL Garage AEIP n'est pas fondée à soutenir que le motif de l'arrêté du 26 avril 2022 tenant à l'exploitation de l'ICPE n°2713 sur plus de 1 000 m2 sans disposer de l'enregistrement requis serait entaché d'une erreur de fait. Pour les mêmes motifs, elle n'est pas fondée à soutenir que l'arrêté litigieux serait dépourvu de base légale et contreviendrait aux dispositions des articles L. 171-7 et L. 511-1 du code de l'environnement.
6. En deuxième lieu, l'arrêté litigieux retient que la parcelle CS 1024 est classée en zone agricole, de telle sorte que toute demande d'exploiter ou de régularisation d'exploiter ne pourra qu'être rejetée, sauf évolution du plan local d'urbanisme de la commune de Saint-Pierre ou procédure de révision, de modification ou de mise en compatibilité. Contrairement à ce que soutient la requérante, il résulte de l'instruction que la parcelle litigieuse est effectivement située en zone agricole. Par suite, la SARL Garage AEIP n'est pas fondée à soutenir que ce motif serait entaché d'une erreur de fait.
7. En troisième lieu, dès lors que le préfet se trouvait, par application des dispositions de l'article L. 171-7 du code de l'environnement, dans une situation de compétence liée pour prononcer la mise en demeure contestée, la société requérante ne peut utilement soutenir que l'arrêté litigieux serait insuffisamment motivé. Le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
8. En quatrième lieu, la société requérante fait valoir que l'administration a méconnu le principe du contradictoire, dès lors qu'elle n'a pas tenu compte du courrier qui lui a été adressé indiquant qu'un rapport d'audit avait été produit le 3 mai 2022 et que des plans d'actions étaient menés afin de lever les non-conformités. Toutefois, ce courrier, daté du 15 juin 2022, est postérieur à la décision litigieuse, et concerne une ICPE relevant de la rubrique n°2714. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du principe du contradictoire ne peut qu'être écarté.
9. En cinquième lieu, le moyen tiré de ce que l'arrêté litigieux porte atteinte au principe de non-rétroactivité de la loi n'est pas assorti des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. Par conséquent, ce moyen ne peut qu'être écarté.
10. En sixième et dernier lieu, l'arrêté litigieux, qui se borne à édicter une mise en demeure de régulariser l'activité, n'édicte aucune mesure de suspension ni aucune sanction. Par suite, la SARL Garage AEIP ne peut utilement soutenir qu'il n'existe aucun péril grave de nature à justifier la suspension de l'activité ni que la sanction prise est disproportionnée.
11. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de la SARL Garage AEIP doit être rejetée dans toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SARL Garage AEIP est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société à responsabilité limitée Garage AEIP et au préfet de La Réunion.
Délibéré après l'audience du 16 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Bauzerand, président,
- M. Duvanel, premier conseiller,
- Mme Beddeleem, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 septembre 2024.
La rapporteure,
J. BEDDELEEM
Le président,
Ch. BAUZERAND
Le greffier,
D. CAZANOVE
La République mande et ordonne au préfet de La Réunion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
P/La greffière en chef,
Le greffier,
D. CAZANOVE
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026