jeudi 4 août 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de La Réunion |
| Section | Tribunal Administratif de La Réunion |
| N° Dossier | TA101-2200889 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | CHARREL ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire en réplique enregistrés les 18 juillet et 1er août 2022, la société VNM Transports, représentée par Me Rayssac, avocat, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 551-1 du code de justice administrative :
1°) d'annuler la procédure de passation menée par la CINOR pour le lot X du marché des transports scolaires de la commune de Sainte-Suzanne ;
2°) de condamner la CINOR à lui verser une somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les règles d'information fixées par les articles R. 2181-3 et R. 2181-4 du code de la commande publique ont été méconnues ;
- l'offre de la société attributaire était anormalement basse, ou irrégulière ;
- elle est lésée par les manquements ainsi commis par la CINOR.
Par des mémoires en défense enregistrés les 28 juillet et 1er août 2022, la CINOR, représentée par Me Gaspar, avocat, conclut au rejet de la requête et à la condamnation de la société requérante à lui verser la somme de 6 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les manquements allégués ne sont pas caractérisés et sont, en tout état de cause, insusceptibles de léser le concurrent évincé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu la décision du président du tribunal désignant M. Aebischer, vice-président, en qualité de juge des référés.
Vu :
- le code de la commande publique ;
- le code des transports ;
- le code du travail ;
- le code de commerce ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Aebischer, juge des référés ;
- les observations de Me Ramsamy, substituant Me Rayssac, avocat de la société VNM Transports, qui confirme les conclusions et moyens de celle-ci ;
- les observations de Me Garnier substituant Me Gaspar, avocat de la CINOR, qui confirme les écritures en défense de celle-ci.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Une note en délibéré présentée par la société VNM Transports a été enregistrée le 4 août 2022.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 551-1 du code de justice administrative : " Le président du tribunal administratif, ou le magistrat qu'il délègue, peut être saisi en cas de manquement aux obligations de publicité et de mise en concurrence auxquelles est soumise la passation par les pouvoirs adjudicateurs de contrats administratifs ayant pour objet l'exécution de travaux, la livraison de fournitures ou la prestation de services () / Le juge est saisi avant la conclusion du contrat ". Aux termes de l'article L. 551-2 : " I - Le juge peut ordonner à l'auteur du manquement de se conformer à ses obligations et suspendre l'exécution de toute décision qui se rapporte à la passation du contrat (). Il peut, en outre, annuler les décisions qui se rapportent à la passation du contrat () ".
2. Suite à un appel public à la concurrence lancé par la CINOR en mars 2022, la société VNM s'est portés candidate pour le lot X du marché des transports scolaires de la commune de Sainte-Suzanne. Informée à l'issue de la procédure d'appel d'offres ouvert, par lettre du 8 juillet 2022, du rejet de son offre, classée en 3ème position, et de l'attribution du lot X à la société STOI, la société VNM demande au juge des référés précontractuels, par la présente requête, d'annuler la procédure menée par la CINOR.
3. En premier lieu, il résulte de l'instruction que, contrairement à ce que persiste à soutenir la société requérante, la CINOR a satisfait à ses obligations à l'égard de la communication au candidat évincé des informations auxquelles il peut prétendre en vertu, notamment, des dispositions de l'article R. 2181-3 du code de la commande publique. Car des informations suffisantes lui ont été fournies dès la lettre de rejet d'offre du 8 juillet 2022 et ont été complétées, au surplus, dans le cadre de la lettre du 25 juillet 2022, postérieure à l'introduction de la requête, par laquelle une réponse circonstanciée était apportée à la demande d'éléments supplémentaires, cette demande ayant été à juste titre non satisfaite en tant qu'elle portait sur des informations couvertes par le secret des affaires.
4. En deuxième lieu, il ne résulte pas de l'instruction, la société requérante n'ayant pas étayé ses allégations sur ce point, se bornant à attendre de la partie adverse qu'elle apporte ses propres justifications, que le prix de l'offre retenue, à savoir 1 170 781 €, soit un prix légèrement inférieur à celui de l'offre rejetée, à savoir 994 116 €, ait été fixé à un niveau anormalement bas au regard des contraintes du service à assurer et du contexte économique et social, de sorte que l'objectif de bonne exécution du marché pourrait être compromis. A cet égard, les allégations, contenues dans la lettre du candidat évincé du 15 juillet 2022, selon lesquelles, eu égard aux coûts réels de la prestation s'agissant des conducteurs et du carburant, il devrait être envisagé " un coût global au mieux à 42 600 € et au plus à 47 200 €, soit nettement supérieur à l'offre proposée par la société STOI (41 416 €) ", n'étaient que partiellement étayées et n'ont pas été explicitées à la faveur des écritures contentieuses de la société VNM. Dès lors, et sans qu'il soit besoin de diligenter une mesure d'instruction à l'effet d'obtenir de la CINOR qu'elle communique l'ensemble des éléments financiers de l'offre retenue, ainsi que les raisons l'ayant conduite à valider l'offre après mise en œuvre auprès du candidat de la procédure de vérification applicable en cas de suspicion d'offre anormalement basse, le moyen tiré de la méconnaissance des articles L. 2152-5, L .2152-6 et R. 2152-3 du code de la commande publique doit être écarté.
5. En troisième lieu et enfin, le moyen tiré de ce que l'offre de la société STOI était irrégulière ne saurait prospérer dès lors qu'il n'est pas assorti de précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé.
6. Il résulte de ce qui précède que la société VNM, en l'absence de manquement aux obligations de publicité et de mise en concurrence, n'est pas fondée à contester devant le juge des référés précontractuels la procédure de passation de marché public menée par la CINOR à l'égard du lot X du futur marché des transports scolaires de Sainte-Suzanne.
7. Il n'y a pas lieu d'accueillir la demande présentée sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative par la société requérante, partie perdante à l'instance, ni, dans les circonstances de l'espèce, de faire application de ces mêmes dispositions au profit de la CINOR.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de la société VNM Transports est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la CINOR au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la société VNM Transports et à la CINOR.
Copie en sera adressée au préfet de La Réunion.
Fait à Saint-Denis, le 4 août 2022.
Le juge des référés,
M.-A. AEBISCHER
La République mande et ordonne au préfet de La Réunion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
P/La greffière en chef,
La greffière,
S. BALOUKJY
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026