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AccueilJurisprudence administrativeN° TA101-2200908

Tribunal Administratif de La Réunion — Décision N° TA101-2200908

mardi 4 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de La Réunion
SectionTribunal Administratif de La Réunion
N° DossierTA101-2200908
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantLAFAY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 20 juillet et 2 août 2022, Mme C A doit être regardée comme demandant au tribunal de la décharger de l'obligation de payer la somme de 2 800 euros mise à sa charge par le titre de perception émis à son encontre le 23 juin 2022 par la région Réunion.

Elle soutient que :

- elle a bénéficié d'une réponse favorable sur sa demande de remise gracieuse ;

- elle était dans l'impossibilité de rester en Australie et de suivre des études supérieures en raison de la pandémie Covid-19 ;

- l'aide a été reversée à l'école Tafe International Western Australia qui refuse de lui rembourser ;

- elle n'est pas responsable de la situation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 26 juillet 2023, la région Réunion, représentée par Me Lafay, avocat, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la requérante une somme de 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Monlaü, premier conseiller,

- les conclusions de M. Ramin, rapporteur public,

- et les observations de Mme B, représentant la région Réunion.

Considérant ce qui suit :

1. Par la présente requête, Mme A demande au tribunal de la décharger de l'obligation de payer la somme mise à sa charge par le titre exécutoire du 23 juin 2022 en vue de recouvrer la somme de 2 800 euros qui lui avait été accordée par la région Réunion, à titre d'avance, sur l'aide financière allouée à hauteur de 4 000 euros dans le cadre du dispositif des aides individuelles à la formation " art et culture ".

2. Aux termes du paragraphe 1 du règlement du dispositif d'aides individuelles de la région Réunion : " Les axes d'intervention de la Région en matière de formation culturelle sont ainsi identifiés : favoriser la formation des jeunes aux métiers de la culture, participer à la professionnalisation des acteurs culturels, encourager la mobilité des réunionnais./ Afin d'accompagner les jeunes réunionnais désireux de s'investir dans les métiers de la culture, la région procède à l'attribution d'aides individuelles de formation, permettant la prise en charge d'une partie du montant des frais pédagogiques des formations suivies dans le domaine des arts et de culture. ". Aux termes du paragraphe 3 du même règlement, les conditions d'attribution sont fixées de la manière suivante : " Suivre une formation relevant du domaine de la culture des arts, suivre une formation d'une durée de 300 heure minimum par an, intégrer une structure (), s'engager à mener à terme le projet de formation, s'engager à suivre son année de formation à plein temps et de manière régulière, s'engager à informer la région de tout changement, abandon ou incidents non justifiés, s'engager à reverser tout ou partie de l'aide en cas d'abandon (). En cas de non-respect d'une de ces conditions, l'aide ne pourra pas être attribuée ou l'aide devra être reversée dans un délai d'un mois si un montant a déjà été versé ".

3. Il résulte de l'instruction que Mme A, qui n'a pas suivi la formation pour laquelle elle avait obtenu l'aide financière régie par les dispositions précitées, a été à juste titre assujettie à l'obligation de rembourser la somme de 2 800 euros déjà perçue à ce titre, les conditions mises à l'octroi de la subvention n'étant plus réunies à la date d'émission du titre de recette litigieux. A cet égard, la requérante ne peut utilement se prévaloir du courriel qui lui a été adressé le 22 décembre 2021 par une responsable de la direction de la culture lui annonçant qu'elle recevrait prochainement un courrier de remise de la somme due, ce document ne révélant pas l'existence d'une décision de remise de dette effectivement prise par l'autorité compétente. De même, les éléments qu'elle produit à l'effet de démontrer l'impossibilité dans laquelle elle s'est trouvée, lors de son arrivée en Australie, de concrétiser son projet d'études supérieures à l'école Tafe International Western Australia en raison de la pandémie Covid-19, sont insuffisamment circonstanciés et ne permettent pas de caractériser la force majeure.

4. Il résulte de ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander la décharge de l'obligation de payer la somme de 2 800 euros fixée par le titre de recette du 23 juin 2022.

5. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la requérante la somme demandée par la région Réunion au titre des frais que celle-ci a exposés pour sa défense.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Les conclusions de la région Réunion présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A et à la région Réunion.

Délibéré après l'audience du 18 avril 2024, à laquelle siégeaient :

- M. Aebischer, président,

- M. Monlaü premier conseiller,

- Mme Tomi, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 04 juin 2024.

Le rapporteur,Le président,

X. MONLAÜM.-A. AEBISCHER

La greffière,

S. BALOUKJY

La République mande et ordonne au préfet de La Réunion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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