samedi 29 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de La Réunion |
| Section | Tribunal Administratif de La Réunion |
| N° Dossier | TA101-2200931 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 27 juillet 2022, M. B A, représenté par Me Belliard, demande au tribunal d'annuler l'arrêté n° 2022-841/SG/SCOPP du 6 mai 2022 par lequel le préfet de La Réunion lui a ordonné la suppression de l'installation de transit, regroupement, tri ou préparation en vue de la réutilisation de métaux ou de déchets de métaux non dangereux exploitée sur les parcelles AV 2197, 2198, 2199 et 2200 sur le territoire de la commune de Sainte-Marie, ainsi que la remise en état du site.
Il soutient que l'arrêté litigieux est entaché d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article L. 511-1 du code de l'environnement, dès lors que seules les installations supérieures à une superficie de 100 m2 sont soumises aux dispositions de l'article L. 511-1, et que l'installation qu'il exploite présente une superficie inférieure à 100 m2.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 janvier 2023, le préfet de La Réunion conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que le moyen soulevé par M. A est inopérant et n'est pas fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'environnement ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Beddeleem, conseillère,
- les conclusions de M. Sauvageot, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A exerce une activité de transit, regroupement, tri ou préparation en vue de la réutilisation de métaux ou de déchets non dangereux, sur les parcelles cadastrées AV 2197, 2198, 2199 et 2200 sur la commune de Sainte-Marie. Par un rapport de visite d'inspection en date du 30 décembre 2020, rédigé suite à une visite de contrôle effectuée le 4 décembre 2020, les inspecteurs de la direction de l'environnement, de l'aménagement et du logement (DEAL) de La Réunion ont relevé que M. A exploitait illégalement une installation classée pour la protection de l'environnement relevant de la rubrique 2713. Par un arrêté du 31 mars 2021, le préfet de La Réunion a mis en demeure l'intéressé de régulariser la situation administrative de son installation de transit, regroupement, tri ou préparation en vue de la réutilisation de métaux ou de déchets de métaux non dangereux. M. A a formulé des observations sur cet arrêté par un courrier du 22 avril 2021. A la suite d'une seconde visite de contrôle effectuée le 15 septembre 2021, les inspecteurs de la DEAL de La Réunion ont établi un rapport de visite d'inspection, en date du 27 décembre 2021, relevant que l'intéressé exploitait illégalement des installations classées relevant des rubriques 2713 et 2716. Par un arrêté du 6 mai 2022, le préfet de La Réunion a ordonné à M. A la suppression de l'installation de transit, regroupement, tri ou préparation en vue de la réutilisation de métaux ou de déchets de métaux non dangereux ainsi que la remise en état du site, en application de l'article L. 171-7 du code de l'environnement. Par la présente requête, M. A demande au tribunal l'annulation de l'arrêté du 6 mai 2022.
2. Aux termes de l'article L. 511-1 du code de l'environnement : " Sont soumis aux dispositions du présent titre les usines, ateliers, dépôts, chantiers et, d'une manière générale, les installations exploitées ou détenues par toute personne physique ou morale, publique ou privée, qui peuvent présenter des dangers ou des inconvénients soit pour la commodité du voisinage, soit pour la santé, la sécurité, la salubrité publiques, soit pour l'agriculture, soit pour la protection de la nature, de l'environnement et des paysages, soit pour l'utilisation économe des sols naturels, agricoles ou forestiers, soit pour l'utilisation rationnelle de l'énergie, soit pour la conservation des sites et des monuments ainsi que des éléments du patrimoine archéologique. / (). ". Aux termes de l'article L. 511-2 du même code : " Les installations visées à l'article L. 511-1 sont définies dans la nomenclature des installations classées établie par décret en Conseil d'Etat, pris sur le rapport du ministre chargé des installations classées, après avis du Conseil supérieur de la prévention des risques technologiques. Ce décret soumet les installations à autorisation, à enregistrement ou à déclaration suivant la gravité des dangers ou des inconvénients que peut présenter leur exploitation. ". En vertu de la rubrique n°2713 de la nomenclature des installations classées pour la protection de l'environnement, les installations de transit, regroupement, tri ou préparation en vue de la réutilisation de métaux ou de déchets de métaux non dangereux sont des installations classées pour la protection de l'environnement soumises à enregistrement lorsqu'elles sont supérieures ou égales à 1 000 m2, et à déclaration lorsqu'elles sont supérieures ou égales à 100 m2 mais inférieures à 1 000 m2. Enfin, aux termes de l'article L. 171-7 du code de l'environnement : " I.- Indépendamment des poursuites pénales qui peuvent être exercées, lorsque des installations ou ouvrages sont exploités, des objets et dispositifs sont utilisés ou des travaux, opérations, activités ou aménagements sont réalisés sans avoir fait l'objet de l'autorisation, de l'enregistrement, de l'agrément, de l'homologation, de la certification ou de la déclaration requis en application du présent code, ou sans avoir tenu compte d'une opposition à déclaration, l'autorité administrative compétente met l'intéressé en demeure de régulariser sa situation dans un délai qu'elle détermine, et qui ne peut excéder une durée d'un an. () / II.- S'il n'a pas été déféré à la mise en demeure à l'expiration du délai imparti, ou si la demande d'autorisation, d'enregistrement, d'agrément, d'homologation ou de certification est rejetée, ou s'il est fait opposition à la déclaration, l'autorité administrative ordonne la fermeture ou la suppression des installations ou ouvrages, la cessation de l'utilisation ou la destruction des objets ou dispositifs, la cessation définitive des travaux, opérations, activités ou aménagements et la remise des lieux dans un état ne portant pas préjudice aux intérêts protégés par le présent code. () ".
3. Il résulte du rapport de visite de l'inspection des installations classées pour la protection de l'environnement, établi le 30 décembre 2020, que l'entreposage de déchets sur les parcelles litigieuses s'effectuait sur une surface totale supérieure à 1 000 m2. Si M. A a indiqué, dans un courrier du 22 avril 2021 adressé au préfet de La Réunion, qu'il souhaitait continuer ses activités de regroupement, tri ou préparation de réutilisation de métaux et déchets non dangereux sur une surface de moins de 100 m2, les inspecteurs ont relevé, lors de leur seconde visite d'inspection le 15 septembre 2021, que le site était jonché de déchets divers et que la surface couverte était supérieure à 1 000 m2. M. A n'apporte aucun élément permettant de remettre en cause les constats effectués par les inspecteurs de l'environnement le 15 septembre 2021. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le préfet de La Réunion aurait commis une erreur de droit et une erreur manifeste d'appréciation en lui appliquant les dispositions de l'article L. 511-1 du code de l'environnement.
4. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de La Réunion.
Délibéré après l'audience du 29 avril 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Bauzerand, président,
- M. Felsenheld, premier conseiller,
- Mme Beddeleem, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 juin 2024.
La rapporteure,
J. BEDDELEEM
Le président,
Ch. BAUZERAND
Le greffier,
D. CAZANOVE
La République mande et ordonne au préfet de La Réunion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
P/La greffière en chef,
Le greffier,
D. CAZANOVE
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