vendredi 29 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de La Réunion |
| Section | Tribunal Administratif de La Réunion |
| N° Dossier | TA101-2200933 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | HOARAU-KERACHNI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 28 juillet 2022, M. B A, représenté par Maître Kerachni, avocate, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative de suspendre l'arrêté en date du 12 juillet 2022 par lequel le maire de la commune de Saint-Pierre a interdit la mendicité sur une partie du territoire de la commune du 15 juillet au 31 août 2022.
M. A soutient que :
- l'urgence est justifiée dès lors que l'arrêté du 12 juillet 2022 a des effets graves sur la situation des personnes sans abri ;
- l'arrêté attaqué porte une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté d'aller et venir et de circulation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 juillet 2022, la commune de Saint-Pierre, représentée par Me Rapady, avocat, conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence n'est pas remplie ;
- la réalité et la matérialité de la gravité de l'atteinte à la liberté d'aller et venir n'est pas caractérisée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu la décision du président du tribunal désignant M. Borges Pinto, premier conseiller, en qualité de juge des référés.
Vu :
- la Constitution, notamment son Préambule ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience publique qui a eu lieu le 29 juillet 2022 à 10 heures, le magistrat constituant la formation de jugement compétente siégeant au tribunal administratif de La Réunion, Mme C étant greffière d'audience au tribunal administratif de la Réunion.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Paulo Borges Pinto, juge des référés,
- les observations Me Kerachni, représentant M. A qui conclut à la suspension de l'arrêté du 12 juillet 2022 par les mêmes moyens qu'elle développe et rappelle l'urgence à suspendre cet arrêté qui empêche l'accès à M. A au centre-ville durant toute la journée de peur de se voir infligé une amende ; elle précise que la preuve n'est pas établie d'une recrudescence de la délinquance et que les dégradations évoquées en défense ne sont ni actuelles ni manifestes,
- les observations de M. A qui indique occuper le domaine public de manière pacifique et digne, sans troubler l'ordre public et que l'arrêté contesté le prive de tout contact humain dans le périmètre du centre-ville,
- et les observations de Me Tamil substituant Me Rapady, représentant la commune de Saint-Pierre qui conclut au rejet de la requête par les mêmes moyens qu'il développe et rappelle que la requête ne présente pas de caractère urgent dès lors qu'elle a été présentée le 28 juillet 2022 pour un arrêté pris le 12 juillet, que l'interdiction est limitée dans le temps et l'espace et qu'elle est proportionnée compte tenu de la recrudescence des incivilités aux abords des commerces notamment ; il précise que la commune ne dispose pas d'autre solution alternative que d'interdire la mendicité en période de forte affluence en centre-ville au cours de cette période de vacances d'hiver austral alors qu'elle octroie de nombreuses aides à destination des sans-abri.
Après avoir différé la clôture de l'instruction au 29 juillet 2022 à 14 heures pour permettre à la commune de Saint-Pierre de produire des éléments complémentaires dont des plaintes qui ne lui avaient pas été transmises avant l'audience.
Des mémoires de production présentés pour la commune de Saint-Pierre ont été enregistrés le 29 juillet 2022 à 9h45 et 13h47.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ".
2. Par arrêté du 12 juillet 2022, le maire de la commune de Saint-Pierre a interdit la mendicité dans les rues et places comprises dans le périmètre du boulevard Hubert Delisle, de la rue Auguste Babet, de la rue Marius et Ary Leblond et de la rue Cayenne, du vendredi 15 juillet 2022 à 8h00 au mercredi 31 août 2022 à 18h00. Par la présente requête, M. A demande,sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de cet arrêté.
3. En vertu de l'article L. 2212-1 du code général des collectivités territoriales, le maire est chargé, sous le contrôle administratif du préfet, de la police municipale qui, selon l'article L. 2212-2 de ce code, " a pour objet d'assurer le bon ordre, la sûreté, la sécurité et la salubrité publiques ". Il résulte de ces dispositions que le maire est chargé du maintien de l'ordre dans la commune. Toutefois, il doit concilier l'accomplissement de sa mission avec le respect des libertés garanties par les lois dont la liberté fondamentale d'aller et venir.
4. S'il résulte de l'instruction que la commune de Saint-Pierre intervient auprès de publics en difficultés pour leur assurer un repas chaud et des boissons, ainsi qu'un hébergement d'urgence, il ne résulte pas des pièces produites en défense que le périmètre délimité par l'arrêté contesté fait l'objet d'une mendicité en expansion ou agressive et massive ainsi qu'il est soutenu en défense. L'arrêté litigieux a ainsi porté une atteinte grave et manifestement illégale aux libertés fondamentales que sont la liberté d'aller et venir. Les conséquences de l'application de telles dispositions sont en l'espèce constitutives d'une situation d'urgence qui justifie que le juge des référés fasse usage des pouvoirs qu'il tient de l'article L. 521-2 du code de justice administrative. La circonstance que l'interdiction contestée s'applique depuis le 15 juillet 2022 n'est pas de nature à faire disparaître cette urgence dès lors que l'arrêté du 12 juillet 2022 a vocation à produire ses effets jusqu'au 31 août 2022. Il y a donc lieu d'ordonner la suspension de l'exécution de cet arrêté.
ORDONNE :
Article 1er : L'arrêté du 12 juillet 2022 par lequel le maire de Saint-Pierre a interdit la mendicité sur le territoire de la commune est suspendu.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A et à la commune de Saint-Pierre.
Fait à Saint-Denis, le 29 juillet 2022.
Le juge des référés,
P. BORGES PINTO
La République mande et ordonne au préfet de La Réunion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
P/la greffière en chef
La greffière,
J. C
Conseil d'État — N° 516229
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.
01/06/2026
Conseil d'État — N° 515333
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de Mme A..., magistrate, qui demandait le report et l'encadrement de ses auditions par l'inspection générale de la justice (IGJ) dans le cadre d'une enquête administrative. La requérante invoquait une atteinte grave à ses droits de la défense, à sa dignité et à l'indépendance juridictionnelle. Le juge a estimé que l'audition prévue du 4 au 7 mai 2026, qui ne préjugeait pas de l'issue de l'enquête ni d'éventuelles poursuites disciplinaires, n'était pas susceptible de porter une atteinte manifestement disproportionnée à ses droits. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, la condition d'urgence n'étant pas retenue comme caractérisant une illégalité grave.
03/05/2026
Conseil d'État — N° 509298
Le Conseil d'État rejette la requête de M. A... pour défaut d'intérêt à agir, les circonstances invoquées (qualité de citoyen, d'usager ou de professionnel) n'étant pas suffisamment directes et certaines pour contester la nomination du président du conseil d'administration de l'OFII. La portée de cette décision est de rappeler la rigueur du contrôle de l'intérêt à agir en matière de nominations aux emplois publics.
09/04/2026
Conseil d'État — N° 507528
Le Conseil d'État refuse d'admettre le pourvoi de La Poste contre l'ordonnance ayant suspendu la révocation de M. B..., estimant qu'aucun moyen sérieux n'est soulevé.
09/04/2026