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AccueilJurisprudence administrativeN° TA101-2201115

Tribunal Administratif de La Réunion — Décision N° TA101-2201115

vendredi 5 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de La Réunion
SectionTribunal Administratif de La Réunion
N° DossierTA101-2201115
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationR222-13 (JU 2)

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés le 9 septembre 2022 et le 25 avril 2023, M. A B demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en date du 13 février 2023 révisant le calcul de sa pension ;

2°) d'annuler le titre de pension en date du 20 février 2023 rectifiant celui en date du 12 décembre 2022 ;

3°) d'annuler l'ordre de recouvrement des sommes réclamées en application de la décision précitée.

4°) condamner l'Etat à lui verser les rappels de pension civile correspondant à l'indice 980 à compter du 1er août 2022 , augmentés des intérêts moratoires au taux légal.

5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 100 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'indice retenu pour la liquidation de sa pension est erroné et ce, en méconnaissance de l'article L. 15 du code des pensions civiles et militaires de retraite dès lors que l'indice retenu de 830 est erroné et que l'indice 980 qu'il détenait six mois avant son départ à la retraite lui était applicable compte tenu des fonctions qu'il a exercées en établissement d'enseignement qui lui ouvraient droit à une bonification indiciaire.

- la demande d'application de l'article L.15 II du code est inopérante dès lors que le ministère lui a appliqué la sur cotisation à l'indice 150.

Par des mémoires enregistrés le 21 mars et 27 juin 2023, le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens ne sont pas fondés dès lors que le requérant n'a pas sollicité l'application de l'article L. 15 II du code des pensions civiles et militaires de retraites dans le délai d'un an à compter de la date de déclassement ou de mutation.

Les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions à fin d'annulation dirigées contre la décision du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en date du 13 février 2023 l'informant des modalités de calcul de sa pension et de ce qu'un ordre de recouvrement des sommes réclamées serait mis en œuvre, dès lors que de telles conclusions ne sont pas dirigées contre un acte décisoire et ne font pas grief au requérant, d'autre part, de ce que les conclusions indemnitaires tendant à la condamnation de l'Etat au versement d'une indemnité dont le montant correspond à la revalorisation sollicitée de la pension augmentée des intérêts au taux légal, ont en réalité le même objet que les conclusions pécuniaires tendant à la révision de la pension et sont, également, irrecevables.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des pensions civiles et militaires de retraite ;

- le décret n° 88-342 du 11 avril 1988 ;

- le code de justice administrative.

En application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, le président du tribunal a désigné M. Monlaü, premier conseiller, pour statuer sur les litiges visés audit article.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Monlaü, premier conseiller,

- les conclusions de M. Ramin, rapporteur public,

Considérant ce qui suit :

1. M. B, personnel de direction de classe normale dans un établissement de 4ème catégorie, a été admis à la retraite et rendu bénéficiaire d'un titre de pension B 22025968 mentionnant un indice de liquidation 830 qui a été révisé une première fois par un titre de pension B 22 067476 mentionnant un indice de liquidation de 980, puis à la suite d'une décision du 13 février 2023, révisé une seconde fois par un titre de pension B 23 016237 du 20 février 2023 mentionnant un indice de liquidation de 960. Par la présente requête, M. B demande l'annulation de la décision du 13 février 2023 révisant le calcul de sa pension et l'informant de ce que le trop-perçu allait être recouvré ainsi que le titre de pension du 20 février 2023 modifiant celui du 12 décembre 2022 et de condamner l'Etat à lui verser les rappels de pension civile correspondant à l'indice 980 à compter du 1er août 2022.

Sur la recevabilité des conclusions :

2. En l'espèce, d'une part, les conclusions tendant à l'annulation de la décision du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en date du 13 février 2023 informant M. B des modalités de calcul de sa pension et de ce qu'un ordre de recouvrement des sommes réclamées serait mis en œuvre, ne sont pas dirigées contre un acte décisoire et dès lors qu'elles ne font pas grief et sont par suite irrecevables, d'autre part, les conclusions indemnitaires de M. B tendant à la condamnation de l'Etat à lui verser une indemnité dont le montant correspond à la revalorisation sollicitée de sa pension augmentée des intérêts au taux légal, ont en réalité le même objet que les conclusions pécuniaires tendant à la révision de sa pension et sont, également, irrecevables.

Sur le bien-fondé du titre exécutoire contesté :

3. Aux termes de l'article R. 27 du code des pensions civiles et militaires de retraite inséré au paragraphe 2 du chapitre II du titre III du livre 1er de la partie réglementaire de ce code : " L'application des dispositions du II de l'article L. 15 est subordonnée : Soit à l'occupation continue pendant quatre ans au moins d'un même emploi dont le traitement ou solde défini à l'article R. 30 est supérieur à celui qui résulterait de l'application des dispositions de l'article L. 15 ; Soit à l'occupation continue pendant deux ans au moins de l'un ou de plusieurs des emplois supérieurs visés par le décret n° 85-779 du 24 juillet 1985, des emplois de chef de service, directeur adjoint ou sous-directeur d'administration centrale ou assimilés, des emplois d'officier général classés dans les groupes hors échelle E, F et G prévus par l'arrêté du 29 août 1957. La période de quatre ou deux ans doit être entièrement comprise dans les quinze dernières années d'activité valables pour la retraite. () ". Aux termes de l'article R. 29 du même code : " Tout fonctionnaire civil ou militaire désirant bénéficier du régime qui fait l'objet du présent paragraphe doit en faire la demande, sous peine de forclusion, dans le délai d'un an prévu à l'article R. 3 ; le délai part de la date à laquelle l'emploi supérieur a cessé d'être occupé. La demande prévue à l'alinéa précédent est définitive et irrévocable. Elle entraîne l'obligation de supporter les retenues pour pension à compter du jour de la cessation des fonctions dans l'emploi dont il s'agit sur la base du traitement ou solde fixé à l'article R. 30 au titre de tous les services accomplis postérieurement à cette date, sauf dans le cas où l'intéressé occuperait un emploi plus élevé. ".

4. En l'espèce, il résulte de l'instruction que M. B a exercé les fonctions de personnel de direction de classe normale dans un établissement de 4ème catégorie, au Lyçée polyvalent Moulin Joli dans la commune de La Possession jusqu'au 1er septembre 2020 avant d'être affecté dans l'emploi de principal au collège Auguste Lacaussade à Salazie. A la suite de son admission à la retraite le 1er août 2022, un titre de pension en date du 12 décembre 2022 lui a été concédé sur la base d'un indice 980 incluant une bonification indiciaire de 150 points compte tenu de l'exercice de ses fonctions en établissement de 4ème catégorie au sens des dispositions de l'article 6 du décret n° 88-342 du 11 avril 1988. Si M. B demande à bénéficier du régime mentionné aux articles L. 15 II et R. 27 du code des pensions civiles et militaires de retraite, il est toutefois constant qu'il n'a pas demandé dans le délai d'une année suivant la date du 1er septembre 2020 à bénéficier de ce régime permettant un calcul de sa pension sur la base de l'indice 980 incluant le bénéficie de la majoration de 150 points d'indices correspondant à l'exercice de fonction dans un établissement de 4ème catégorie. En effet, le délai d'un an prévu par les dispositions précitées, dans lequel il appartenait à l'intéressé de demander à bénéficier des dispositions du II de l'article L. 15 du CPCMR, en vue d'un calcul de sa pension de retraite sur la base de l'indice 980, est arrivé à expiration le 31 août 2021 et sa première réclamation, datée du 15 juillet 2022, a été présentée après expiration de ce délai. Par suite et alors qu'est en l'espèce sans incidence sur le montant révisé de la pension accordée le 20 février 2023 la circonstance qu'un titre de pension lui a été accordé par erreur le 12 décembre 2022 sur la base d'un indice 980 dès lors que celui-ci a été retiré dans le délai de quatre mois suivant cette date, M. B n'est pas fondé à soutenir que le titre de pension du 20 février 2023 serait entaché d'erreur de droit.

5. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation du titre de pension en date du 20 février 2023 doivent être rejetées, ainsi que par voie de conséquence celles tendant au remboursement des frais exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.

Copie en sera adressée à la direction régionale des finances publiques de La Réunion.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 juillet 2024.

Le magistrat désignéLe greffier,

X. MONLAÜF. IDMONT

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

2201115

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