jeudi 6 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de La Réunion |
| Section | Tribunal Administratif de La Réunion |
| N° Dossier | TA101-2201361 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête enregistrée le 21 octobre 2022 sous le n° 2201361, la Sarl Meuble@Dom, demande au tribunal :
1°) à titre principal, d'annuler l'avis de saisie administrative à tiers détenteur émis le 20 septembre 2022 par le pôle de recouvrement spécialisé de la direction régionale des finances publiques de La Réunion en vue du recouvrement de la somme correspondant au montant des impositions garanties par le privilège du Trésor dont elle était redevable, et de prononcer la décharge de l'obligation de payer la somme de 49 533 euros qui en résulte ;
2°) une révision de ses dettes fiscales ;
3°) une réponse sur les aides aux règlements des charges fiscales demandées ;
4°) à titre subsidiaire, de mettre en place un échéancier et la cessation de toutes procédures en cours.
Elle soutient que :
- l'acte de saisie administrative à tiers détenteur est irrégulier dès lors qu'il ne précise pas la nature des créances, les années concernées, le détail des sommes dues.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 avril 2023, le directeur régional des finances publiques de La Réunion conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable dès lors qu'elle n'est pas signée par son auteur, qu'elle est irrecevable au sens de l'article R 200-2 du livre des procédures fiscales dès lors que les conclusions de la requête n'ont pas, à l'exception de la demande d'aide gouvernementale, étaient présentées dans la réclamation préalable initiale et que les conclusions relatives au report des échéances fiscales et de la remise des dettes fiscales ont été présentées au-delà du délai d'un an ;
- la contestation par la société requérante des aides gouvernementales, des sommes qui lui sont réclamées et de l'échéancier concernant le recouvrement de créances n'est pas fondée.
II. Par une requête enregistrée le 21 octobre 2022 sous le n° 2201369, la Sarl Meuble@Dom, demande au tribunal :
1°) à titre principal, d'annuler l'avis de saisie administrative à tiers détenteur émis le 20 septembre 2022 par le pôle de recouvrement spécialisé de la direction régionale des finances publiques de La Réunion en vue du recouvrement de la somme correspondant au montant des impositions garanties par le privilège du Trésor dont elle était redevable, et de prononcer la décharge de l'obligation de payer la somme de 49 533 euros qui en résulte ;
2°) une révision de ses dettes fiscales ;
3°) une réponse sur les aides aux règlements des charges fiscales demandées ;
4°) de lever la déclaration valant saisie d'un véhicule à moteur du 07/10/2022.
5°) à titre subsidiaire, de mettre en place un échéancier et la cessation de toutes procédures en cours.
Elle soutient que :
- l'acte de saisie administrative à tiers détenteur est irrégulier dès lors qu'il ne précise pas la nature des créances, les années concernées, le détail des sommes dues.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 avril 2023, le directeur régional des finances publiques de La Réunion conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- les conclusions concernant la levée de la saisie d'un véhicule à moteur du 07/10/2022 sont portées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaitre.
- la requête est irrecevable dès lors qu'elle n'est pas signée par son auteur, qu'elle est irrecevable au sens de l'article R 200-2 du livre des procédures fiscales dès lors que les conclusions de la requête n'ont pas, à l'exception de la demande d'aide gouvernementale, étaient présentées dans la réclamation préalable initiale et que les conclusions relatives au report des échéances fiscales et de la remise des dettes fiscales ont été présentées au-delà du délai d'un an ;
- la contestation par la société requérante des aides gouvernementales, des sommes qui lui sont réclamées et de l'échéancier concernant le recouvrement de créances n'est pas fondée.
Les parties ont été informées que, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, les conclusions en déclaration de droits visant à demander au juge administratif de procéder à la révision des sommes dues par la société Meuble@Dom, à ce qu'il apporte une réponse sur les aides aux règlements des charges fiscales demandées par la société et à ce que soit mise en place un échéancier et une demande de cessation de toutes procédures en cours sont irrecevables.
Par une ordonnance du 6 décembre 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 27 décembre 2024 à 12h00.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code des procédures civiles d'exécution ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique, à laquelle les parties n'étaient ni présentes ni représentées :
- le rapport de M. Monlaü, rapporteur ;
- et les conclusions de M. Sauvageot, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Le comptable public du pôle de recouvrement spécialisé de la direction régionale des finances publiques de La Réunion a notifié à la SARL Meuble@Dom une saisie administrative à tiers détenteur le 29 septembre 2022 en vue du recouvrement de la somme de 49 533 euros correspondant au montant des impositions garanties par le privilège du Trésor dont la société était redevable à cette date. Par une décision du 24 novembre 2022, le comptable public a partiellement rejeté l'opposition à poursuites de la société, présentée le 20 octobre 2022, qui portait sur la contestation de l'avis à tiers détenteur et comportait des demandes d'exonération de la taxe foncière, d'aides et de dégrèvement et de proposition d'échéancier. Par les présentes requêtes, la société requérante doit être regardée comme demandant au tribunal de la décharger de l'obligation de payer la somme de 49 533 euros résultant de l'avis de saisie administrative à tiers détenteur du 29 septembre 2022 et de prononcer la levée de la saisie d'un véhicule à moteur du 07 octobre 2022.
Sur la jonction :
2. Les requêtes respectivement enregistrées sous les numéros 2201361 et 2201369 présentent à juger les mêmes questions et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a dès lors lieu de les joindre pour qu'il y soit statué par un seul jugement.
Sur la radiation :
3. Les documents enregistrés sous la requête n° 2201369 constituent en réalité un mémoire complémentaire présenté par la SARL Meuble@Dom et faisant suite à sa requête enregistrée sous le numéro 2201361. Par suite, ces documents doivent être rayés du registre du greffe du tribunal et versés au dossier de la requête enregistrée sous le n° 2201361.
Sur l'exception d'incompétence de la juridiction administrative :
4. Aux termes de l'article L. 511-1 du code des procédures civiles d'exécution : " Toute personne dont la créance paraît fondée en son principe peut solliciter du juge l'autorisation de pratiquer une mesure conservatoire sur les biens de son débiteur, sans commandement préalable, si elle justifie de circonstances susceptibles d'en menacer le recouvrement. La mesure conservatoire prend la forme d'une saisie conservatoire ou d'une sûreté judiciaire. ". Aux termes de l'article L. 511-3 du même code : " L'autorisation est donnée par le juge de l'exécution. ". Aux termes de l'article R. 512-2 du même code : " La demande de mainlevée est portée devant le juge qui a autorisé la mesure. Si celle-ci a été prise sans autorisation préalable du juge, la demande est portée devant le juge de l'exécution du lieu où demeure le débiteur () ". Et aux termes de l'article R. 512-3 du même code : " Les autres contestations sont portées devant le juge de l'exécution du lieu d'exécution de la mesure. ". Il résulte de ces dispositions que les contestations relatives aux mesures conservatoires ordonnées pour leur application sont portées devant le juge judiciaire.
5. La société requérante demande la levée de la déclaration valant saisie d'un véhicule à moteur du 07 octobre 2022. Il n'appartient qu'à l'autorité judiciaire, juge de l'exécution, de se prononcer sur une telle demande. Par suite, l'administration fiscale est fondée à opposer l'exception d'incompétence de la juridiction administrative pour connaitre de telles conclusions.
Sur le surplus des conclusions :
6. Les conclusions par lesquelles la SARL Meuble@Dom demande au tribunal de procéder à la révision des sommes qu'elle doit, à ce que le juge administratif apporte une réponse sur les aides aux règlements des charges fiscales demandées par la société et à ce que soit mise en place un échéancier et une demande de cessation de toutes procédures en cours sont irrecevables par leur objet et doivent être rejetées, dès lors qu'il n'appartient pas au tribunal de statuer sur des conclusions en déclaration de droits, sauf disposition spéciale contraire.
7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requête de la SARL Meuble@Dom visées au point 6 doivent être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : Les productions enregistrées sous la requête n° 2201369 seront rayées du registre du greffe du tribunal pour être versées au dossier de la requête n° 2201361.
Article 2 : Les conclusions tendant à ce que la déclaration valant saisie d'un véhicule à moteur du 07/10/2022 soit levée, sont rejetées comme portées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la SARL Meuble@Dom et au directeur régional des finances publiques de La Réunion.
Délibéré après l'audience du 23 janvier 2025, à laquelle siégeaient :
M. Sorin, président,
M. Monlaü, premier conseiller,
Mme Tomi, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 février 2025.
Le rapporteur,
X. MONLAÜ
Le président,
T. SORIN
La greffière,
S. LE CARDIET-BALOUKJY
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°s 2201361
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026