mardi 18 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de La Réunion |
| Section | Tribunal Administratif de La Réunion |
| N° Dossier | TA101-2201370 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 21 octobre 2022 et 19 mars 2023, M. B A demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 27 septembre 2022 par laquelle le préfet de La Réunion a fait droit à sa demande de renouvellement de son titre de séjour portant la mention visiteur ;
2°) d'enjoindre au préfet de La Réunion de lui délivrer, sans frais supplémentaires, un titre de séjour pour motif humanitaire ou exceptionnel, conformément à sa première demande de titre de séjour présentée le 22 décembre 2020.
Il soutient que :
- il a intérêt à agir contre la décision attaquée qui, bien qu'elle lui soit en apparence favorable, ne correspond pas à sa situation personnelle et porte atteinte à ses droits fondamentaux ;
- la décision attaquée est entachée d'incompétence ;
- elle a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière, en l'absence de saisine de la commission du titre de séjour prévue par les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors qu'il justifie résider habituellement en France depuis plus de dix ans ;
- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors qu'elle ne laisse pas de marge d'appréciation à l'autorité administrative quant à la nature du titre de séjour pouvant être délivré ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il remplit toutes les conditions requises pour obtenir un titre de séjour sur ce fondement ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
- elle méconnait le principe de la dignité humaine protégé par le premier alinéa du Préambule de la Constitution de 1946 ;
- elle méconnait le principe du développement individuel protégé par le dixième alinéa du Préambule de la Constitution de 1946 ;
- elle méconnait son droit à la vie privée protégé par le préambule de la Constitution de 1946 et par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnait le principe d'interdiction des traitements inhumains et dégradants tel que protégé par l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 février 2023, le préfet de La Réunion conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- à titre principal, la requête est irrecevable dès lors que M. A ne justifie pas d'intérêt à agir contre une décision favorable accordée suite à sa demande de renouvellement de son titre de séjour ;
- à supposer qu'il puisse être regardé comme contestant la décision du 19 avril 2021 portant refus de délivrance d'un titre de séjour pour motif humanitaire ou exceptionnelle, sa requête est tardive ;
- à titre subsidiaire, les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Le Merlus,
- les parties n'étant ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant canadien né le 4 mars 1945, a présenté, le 16 septembre 2022, une demande de renouvellement de son titre de séjour portant la mention visiteur. Par la présente requête, il demande l'annulation de la décision du 27 septembre 2022 par laquelle le préfet de La Réunion a fait droit à sa demande, en tant qu'elle lui refuse la délivrance d'un titre de séjour pour motif humanitaire ou exceptionnel.
2. Il est constant que le 16 septembre 2022, M. A a sollicité le renouvellement de son titre de séjour portant la mention " visiteur " qui lui avait été précédemment délivré le 19 avril 2021. Il ne ressort pas des pièces du dossier et n'est pas soutenu par l'intéressé, qu'à cette occasion, il aurait également demandé un changement de statut pour bénéficier d'un titre de séjour pour motif humanitaire ou exceptionnel. Dans ces conditions, comme le soutient le préfet de la Réunion en défense, M. A ne justifie pas d'un intérêt lui donnant la qualité pour demander au juge de l'excès de pouvoir d'annuler la décision du 27 septembre 2022 par laquelle il a été fait droit à sa demande de renouvellement de son titre de séjour. Par suite, les conclusions à fin d'annulation de la décision du 27 septembre 2022 sont irrecevables en raison du défaut d'intérêt à agir du requérant et ne peuvent, dès lors, qu'être rejetées.
3. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de La Réunion.
Délibéré après l'audience du 4 juin 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Khater, présidente,
M. Le Merlus, conseiller.
Mme Lebon, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe du tribunal le 18 juin 2024.
Le rapporteur,
T. LE MERLUS
La présidente,
A. KHATER
La greffière,
E. POINAMBALOM
La République mande et ordonne au préfet de La Réunion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
P/la greffière en chef
La greffière,
E. POINAMBALOM
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