vendredi 27 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de La Réunion |
| Section | Tribunal Administratif de La Réunion |
| N° Dossier | TA101-2201497 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, des pièces complémentaires et un mémoire, enregistrés les 16 novembre 2022, 17 novembre 2022 et 22 novembre 2023, M. A B, représenté par Me Dugoujon, doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 22 septembre 2022 par laquelle le directeur de la mer Sud Océan indien a retiré son permis de conduire en mer pour une durée de dix mois ;
2°) de condamner l'Etat à lui verser la somme totale de 8 542,43 euros en réparation des préjudices subis ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les procès-verbaux d'infraction contiennent des informations incorrectes et sont dénués de valeur probante ;
- la décision attaquée, en raison de son illégalité, lui a causé un préjudice patrimonial évalué à 3 542,43 euros et un préjudice extrapatrimonial à hauteur de 5 000 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 juillet 2023, le préfet de La Réunion conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- les conclusions aux fins d'annulation sont tardives, faute pour M. B d'avoir produit l'acte attaqué ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'environnement ;
- le décret n° 2007-1167 du 2 août 2007 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 18 novembre 2024 :
- le rapport de M. Duvanel, premier conseiller,
- les conclusions de M. Sauvageot, rapporteur public,
- et les observations de Me Dugoujon pour M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, titulaire d'un permis de conduire en mer côtier avec extension hauturière, délivré en 2017 et en 2019 pour l'extension, a fait l'objet de deux procès-verbaux d'infraction les 23 et 24 août 2022 pour non-respect de l'arrêté préfectoral n° 2021-1306 DDG AEM du 7 juillet 2021 portant réglementation de l'approche et de l'observation des cétacés, dans la zone de protection renforcée de la réserve naturelle marine de La Réunion. Par la présente requête, il demande l'annulation de la décision du 22 septembre 2022 par laquelle le directeur de la mer Sud Océan indien lui a retiré son permis pour une durée de dix mois et il demande également la condamnation de l'Etat à l'indemniser à hauteur de 8 542,43 euros en réparation des préjudices qu'il estime avoir subis du fait de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 6 du décret du 2 août 2007 relatif au permis de conduire et à la formation à la conduite des bateaux de plaisance à moteur : " Le permis de conduire mentionné à l'article 2 du présent décret ainsi que les titres antérieurement en vigueur de conduite des navires ou des bateaux de plaisance à moteur, sous quelque régime qu'ils aient été délivrés, peuvent être retirés temporairement ou définitivement en cas d'inobservation des règlements de police afférents à la circulation en eaux maritimes ou en eaux intérieures () ".
3. Aux termes de l'article 2 de l'arrêté préfectoral n° 2021-1306 DDG AEM du 7 juillet 2021 portant règlementation de l'approche et de l'observation des cétacés : " Le capitaine ou le chef de bord est responsable du navire, de son équipage et des passagers. Il veille au respect des mesures décrites dans les articles 3, 4 et 5 lors des activités d'approche et d'observation des cétacés. / La responsabilité personnelle du capitaine ou du chef de bord pourra être engagée en cas de non-respect des règles définies par le présent arrêté. / () ". Aux termes de l'article 4.1 de cet arrêté : " Dans le périmètre de la Réserve naturelle nationale marine de La Réunion défini par le décret n°2007-236 (), la mise à l'eau est interdite ". Aux termes de l'article 5 de cet arrêté : " L'activité d'observation des cétacés est autorisée uniquement entre 9 h et 18 h (heures locales) (). / Durant le créneau horaire où l'observation des cétacés est interdite, en présence d'un cétacé, les usagers présents sur le plan d'eau doivent : / - éloigner leur navire à plus de 300 mètres des animaux, / - veiller à ne pas déranger les cétacés par leur présence ou celle de leur navire ".
4. Il résulte du procès-verbal de constatation d'infraction n° 54/2022, dressé par un agent de la police de l'environnement, accompagné par un garde de la réserve nationale marine de La Réunion, que le 23 août 2022 à 10h30, à une centaine de mètres du rivage de la commune de Saint-Paul, une embarcation nommée " Savatapé " s'est approchée de baleines, avant qu'un individu se mette à l'eau et nage en direction des cétacés, cette scène durant une vingtaine de minutes. Il résulte du procès-verbal n° 55/2022, dressé par trois agents de la police de l'environnement, que le 24 août 2022 à 8h30, la même embarcation " Savatapé " s'est approchée d'une baleine située à plus de 150 mètres du rivage de Saint-Paul et ce pendant plusieurs minutes, avant de poursuivre sa route.
5. Si M. B soutient que ces deux procès-verbaux sont erronés, il n'apporte toutefois aucun commencement de preuve au soutien de cette allégation, alors que les rapports de la police de l'environnement font foi jusqu'à preuve du contraire, conformément aux dispositions de l'article L. 172-16 du code de l'environnement et que les procès-verbaux en litige sont chacun accompagnés d'une photographie permettant de confirmer la présence de l'embarcation à proximité immédiate des cétacés et d'une cartographie permettant de confirmer la localisation des faits au sein de la réserve naturelle nationale marine de La Réunion. Au demeurant, le livre de bord du " Savatapé ", dont M. B est le propriétaire et le capitaine, mentionne pour le 23 août 2022 l'observation d'une baleine entre 9h30 et 12h30 et pour le 24 août 2022, une observation identique entre 7h30 et 10h, soit à des périodes correspondant aux faits observés par les agents verbalisateurs. Par ailleurs, au cours de son audition libre du 22 septembre 2022 par un inspecteur de l'environnement, M. B n'a pas contesté la matérialité des faits, mais seulement le caractère selon lui disproportionné de la sanction administrative prise à son encontre. Il s'ensuit que M. B n'est pas fondé à soutenir que, en prononçant un retrait temporaire de son permis, le directeur de la mer Sud Océan indien aurait commis une erreur de fait. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir soulevée en défense, que ses conclusions aux fins d'annulation doivent être rejetées.
Sur les conclusions indemnitaires :
6. Toute illégalité fautive commise par l'administration constitue une faute susceptible d'engager sa responsabilité, pour autant qu'il en soit résulté un préjudice direct et certain.
7. Il résulte de ce qui précède, ainsi qu'il a été dit au point 5, que le directeur de la mer Sud Océan indien, en prenant la décision du 22 septembre 2022 portant retrait du permis mer de M. B pour une durée de dix mois, n'a commis aucune faute de nature à engager la responsabilité de l'Etat. Par suite, les conclusions indemnitaires de la requête ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés à l'instance :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la somme demandée par M. B au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens soit mise à la charge de l'Etat, qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre chargé de l'environnement.
Copie sera adressée au préfet de La Réunion et au directeur de la mer Sud Océan indien
Délibéré après l'audience du 18 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Bauzerand, président,
- M. Duvanel, premier conseiller,
- M. Le Merlus, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 décembre 2024.
Le rapporteur,
F. DUVANEL
Le président,
Ch. BAUZERAND
Le greffier,
D. CAZANOVE
La République mande et ordonne au préfet de La Réunion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
P/La greffière en chef,
Le greffier,
D. CAZANOVE
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026