jeudi 23 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de La Réunion |
| Section | Tribunal Administratif de La Réunion |
| N° Dossier | TA101-2201580 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | GAILLARD - SAUBERT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires, enregistrés le 14 décembre 2022 et les 24 et 26 janvier 2023, Mme C A, représentée par Me Marie Cacciapaglia, demande au juge des référés sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de la décision du département de La Réunion en date du 17 octobre 2022 ayant prononcé son licenciement ;
2°) d'enjoindre au président du département de La Réunion de procéder à sa réintégration dans un délai de quinze jours à compter de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge du département de La Réunion une somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition de l'urgence est remplie compte tenu de la perte de revenus entraînée par son licenciement et la situation de précarité financière dans laquelle elle se trouve, alors qu'elle ne peut prétendre aux allocations de retour à l'emploi compte tenu de son arrêt maladie ;
- il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision dont il est demandé de suspendre l'exécution dès lors qu'il n'est pas justifié de la compétence de son auteur ;
- la décision contestée est insuffisamment motivée en fait, au regard des prescriptions de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration dès lors que les faits reprochés sont dépourvus de précision et qu'il n'est fait mention d'aucun élément permettant de considérer que les conditions d'accueil ne sont plus remplies au regard de l'article L. 421-2 du code de l'action sociale et des familles et du référentiel du 18 avril 2014 ;
- elle est entachée d'un vice de procédure dès lors que le délai de quinze jours précédant la réunion de la commission consultative paritaire départementale, prévu à l'article R. 421-23 du code de l'action sociale et des familles, n'a pas été respecté, ce qui est constitutif d'une atteinte au principe général des droits de la défense ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation et a été prise en méconnaissance des dispositions des articles L. 421-6, R. 421-6, R. 421-23 et R. 421-24 du code de l'action sociale et des familles dès lors que dès le 10 octobre 2021, elle avait implicitement récupéré son agrément qui n'a été suspendu que jusqu'au 9 octobre 2021 et que, surtout, aucun élément de son dossier administratif ne permet de justifier cette décision de retrait, les faits reprochés à son compagnon n'étant pas établis et n'ayant d'ailleurs donné lieu à aucune poursuite pénale ;
- elle a été prise en méconnaissance du principe général de non-rétroactivité des actes administratifs dès lors que la décision de licenciement du 17 octobre 2022 a été prononcée avec effet rétroactif au 4 janvier 2022.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 décembre 2022, le département de La Réunion conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la condition d'urgence n'est pas remplie dès lors que seul le retrait d'agrément, et non la décision de licenciement qui en est la conséquence, a entraîné la perte de rémunération de l'intéressée, le licenciement ouvrant d'ailleurs droit aux revenus de remplacement versés par Pôle Emploi ;
- aucun des moyens soulevés par Mme A n'est de nature à créer un doute sérieux sur la légalité du licenciement qu'il était tenu de prononcer par application de l'article L. 423-8 alinéa 2 du code de l'action sociale et des familles ;
- seuls les moyens tirés de l'illégalité de la décision de retrait d'agrément sont opérants s'ils sont soulevés dans le cadre d'une exception d'illégalité ;
- en tout état de cause, la décision a été signée par une autorité ayant reçu délégation pour ce faire ;
- elle est suffisamment motivée ;
- aucun vice de procédure ne peut être retenu et à le supposer établi, il n'a pas entraîné une méconnaissance du principe des droits de la défense et n'a pas eu d'incidence sur le sens de la décision ;
- la décision était justifiée compte tenu des faits relatés par l'enfant et du rapport d'enquête administrative qui préconisait une mesure d'éloignement des enfants de cette famille d'accueil.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée sous le n°2201579 tendant à l'annulation de la décision du département de La Réunion en date du 17 octobre 2022 ayant prononcé le licenciement de Mme A.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal administratif a désigné Mme Khater, vice-présidente, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience publique qui a eu lieu le 27 janvier 2023 à 10 heures, Mme B étant greffière d'audience au tribunal administratif de La Réunion.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Khater, juge des référés ;
- les observations de Me Cacciapaglia pour Mme A qui conclut aux mêmes fins et par les mêmes moyens que la requête ;
- les observations de Me Saubert pour le département de La Réunion.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C A s'est vu délivrer le 20 juin 2012 un agrément en qualité d'assistante familiale par la présidente du conseil général de La Réunion pour une place d'accueil. Par un arrêté du 28 décembre 2018, cet agrément a été étendu à trois places d'accueil. Par une décision du 9 juin 2021, le président du conseil départemental de La Réunion a, suite à des informations préoccupantes faisant état de suspicions d'agressions sexuelles sur l'une des enfants confiés à Mme A mettant en cause le compagnon de cette dernière, suspendu cet agrément. Par une décision du 28 décembre 2021, le président du conseil départemental de La Réunion a retiré à Mme A son agrément en qualité d'assistante familiale et, par une décision du 17 octobre 2022, a prononcé son licenciement. Mme A demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de cette décision de licenciement.
Sur les conclusions à fin de suspension :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ".
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi de conclusions tendant à la suspension d'un acte administratif, d'apprécier concrètement, compte tenu des éléments fournis par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
4. Pour justifier de l'existence d'une urgence à statuer sur sa demande, Mme A se prévaut de la précarité de sa situation financière et de son surendettement induits par le licenciement dont elle demande la suspension des effets. Elle invoque l'absence de tout revenu à l'âge de cinquante-sept ans, en-dehors des indemnités journalières qu'elle perçoit au titre de son arrêt maladie qui s'élèvent à 800 euros par mois alors que ses charges s'élèvent à 3 944 euros par mois. Toutefois, la privation de toute rémunération pour Mme A ne résulte pas du licenciement dont il est demandé la suspension mais, indépendamment de cette décision, des décisions de suspension puis de retrait d'agrément précédemment prononcées depuis le mois de juin 2021, qui ont entraîné, en l'absence de service fait, le versement de rémunérations. D'ailleurs, compte tenu de cette dernière décision de retrait d'agrément, le département de La Réunion était en tout état de cause tenu de la licencier par application des dispositions de l'article L. 423-8 du code de l'action sociale et des familles. Il suit de là que la requérante n'établit pas que les effets de son licenciement par le département de La Réunion sont, à eux seuls, de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, son exécution soit suspendue.
4. Il résulte de ce qui précède que la condition d'urgence n'étant pas satisfaite, la requête présentée par Mme A ne peut qu'être rejetée en toutes ses conclusions y compris celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée Mme C A et au département de La Réunion.
Fait à Saint-Denis, le 23 mars 2023.
La juge des référés,
A. KHATER
La République mande et ordonne au préfet de La Réunion en ce qui le concerne ou à tous
commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les
parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026