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AccueilJurisprudence administrativeN° TA101-2201619

Tribunal Administratif de La Réunion — Décision N° TA101-2201619

mercredi 26 juillet 2023

JuridictionTribunal Administratif de La Réunion
SectionTribunal Administratif de La Réunion
N° DossierTA101-2201619
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation1ère chambre bis

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 27 décembre 2022, M. A C B, représenté par Me Belliard, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 7 octobre 2022 par lequel le préfet de La Réunion a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai d'un mois, a désigné le pays de destination et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;

2°) d'enjoindre au même préfet de lui délivrer un titre de séjour mention " étudiant " dans un délai de deux mois ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à Me Belliard en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 sous réserve qu'il renonce à percevoir la part contributive de l'Etat versée au titre de l'aide juridictionnelle.

Il soutient que l'arrêté méconnaît l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Par un mémoire en défense, enregistré le 16 mai 2023, le préfet de La Réunion conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.

Par une décision du 28 novembre 2022 le bureau d'aide juridictionnelle a admis M. B à l'aide juridictionnelle totale.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;

- le décret n° 91-1266 du 19 décembre 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Felsenheld a été entendu au cours de l'audience publique, les parties n'étant ni présentes ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. M. A C B, ressortissant comorien né le 6 avril 1992 à Memboidjou-Mitsamiouli (Comores), a sollicité le renouvellement de son titre de séjour mention " étudiant ". Par un arrêté du 7 octobre 2022, le préfet de La Réunion a refusé de lui délivrer le titre sollicité, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai d'un mois, a désigné le pays de destination et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an. Par la présente requête, le requérant demande au tribunal l'annulation de ces décisions.

2. Aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "étudiant" d'une durée inférieure ou égale à un an. / () ". Il résulte de ces dispositions que le renouvellement de la carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " est subordonné, notamment, à la justification par son titulaire de la réalité et du sérieux des études qu'il déclare accomplir.

3. Il ressort des pièces du dossier que M. B est entré à La Réunion en octobre 2020 munie d'un visa de long séjour mention " étudiant " puis s'est vu délivrer un titre de séjour mention " étudiant " valable du 22 octobre 2021 au 21 octobre 2022. Inscrit en licence 2 " économie gestion " pour l'année 2020/2021, M. B a obtenu la moyenne générale de 3,77/20 à la première session et de 6,27/20 à la seconde session. Réinscrit dans cette même licence 2 pour l'année 2021/2022, le requérant a obtenu la moyenne générale de 8,47/20 au premier semestre et celle de 6,69/20 au second semestre. A l'appui de sa demande de renouvellement de titre de séjour M. B s'est prévalu d'une troisième inscription consécutive en licence 2 " économie gestion ". Toutefois, en dépit de l'arrivée tardive de M. B à La Réunion, en octobre 2020, le pénalisant dans ses résultats du premier semestre de l'année 2020/2021, le requérant ne présente pas une progression suffisante dans ses résultats universitaires. A cet égard, si le requérant a validé huit " unités d'enseignement " (UE) sur dix-neuf au cours de ses deux années de scolarité, il n'a validé aucun semestre et présente des résultats en baisse entre 2020/2021 et 2021/2022 sur sept des onze UE lui restant à valider. Ainsi, malgré son assiduité aux examens, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le préfet a entaché sa décision d'une erreur d'appréciation en retenant l'absence de caractère réel et sérieux de ses études.

4. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du préfet de La Réunion du 7 octobre 2022. Par voie de conséquence les conclusions à fin d'injonction et de frais de justice doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C B et au préfet de La Réunion.

Copie sera adressée au ministre de l'intérieur en application de l'article R. 751-8 du code de justice administrative

Délibéré après l'audience du 26 juin 2023, à laquelle siégeaient :

M. Bauzerand, président,

M. Caille, premier conseiller,

M. Felsenheld, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 juillet 2023

Le rapporteur,

R. FELSENHELD Le président,

Ch. BAUZERAND

Le greffier,

D. CAZANOVE

La République mande et ordonne au préfet de La Réunion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

P/La greffière en chef,

Le greffier,

D. CAZANOVE

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