mardi 22 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de La Réunion |
| Section | Tribunal Administratif de La Réunion |
| N° Dossier | TA101-2300005 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 3 janvier, 18 juillet et 4 décembre 2023, et les 2 et 8 avril 2024, Mme A F, représentée par Me Antoine, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler les décisions du 8 juillet 2022 et du 1er décembre 2022 de refus de reconnaître l'imputabilité au service des faits survenus le 13 avril 2021, de rejet de la qualification de la rechute constatée le 10 mai 2022 comme imputable au service et de retrait de son congé invalidité temporaire imputable au service à compter du 15 mai 2022, ensemble la décision du 1er décembre 2022 de rejet de son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au recteur de tirer toutes les conséquences sur la demande de reconnaissance de l'imputabilité au service de l'incident survenu le 13 avril 2021 et la rechute qui a suivi le 10 mai 2022, notamment en annulant le retrait du congé invalidité temporaire imputable au service provisoire ;
3°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 100 000 euros en raison du harcèlement moral qu'elle estime avoir subi ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les décisions du 8 juillet 2022 et du 1er décembre 2022 sont insuffisamment motivées ;
- elles sont fondées sur une dénaturation des faits et une erreur de qualification juridique des faits ;
- elles sont fondées sur une erreur de droit dès lors qu'elles retirent le congé pour invalidité temporaire imputable au service ;
- elle a subi, depuis son arrivée à l'école, un harcèlement moral altérant sa santé et engageant la responsabilité de l'Etat, ce qui lui cause un préjudice évalué à 100 000 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 octobre 2023, le recteur de l'académie de La Réunion conclut au rejet de la requête et fait valoir que les moyens ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Lebon,
- les conclusions de M. Sauvageot, rapporteur public,
- les observations de Me Benard, substituant Me Antoine, représentant Mme F.
Une note en délibéré présentée pour Mme F a été enregistrée le 10 octobre 2024.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A F est professeure des écoles à La Réunion depuis 2018 et exerçait à l'école Marcel Leguen aux Avirons. Le 13 avril 2021, à la suite d'un incident qui s'est produit dans sa classe, elle a été placée en arrêt de travail jusqu'au 30 avril suivant. Le 22 avril 2021, elle a déposé une déclaration d'accident de service et le 10 mai 2022, a déposé plainte contre deux de ses collègues. Le 30 juin 2022, le conseil médical a rendu un avis défavorable à la reconnaissance d'un accident imputable au service mais entre-temps, le 13 juin 2022, Mme F a déclaré une rechute. Entre-temps également, le 24 juin 2022, la rectrice a placé Mme F en congé invalidité temporaire imputable au service (CITIS) du 10 mai 2022 au 5 juillet 2022. Dans une décision du 8 juillet 2022, la rectrice a informé Mme F de son refus de reconnaître l'imputabilité au service des faits survenus le 13 avril 2021 et de ce qu'elle procédait au retrait de son CITIS provisoire à compter du 10 mai 2022. Par un recours gracieux du 31 août 2022, Mme F a demandé l'annulation de cette décision, demande réitérée le 25 novembre 2022. Par une décision du 1er décembre 2022, la rectrice a informé Mme F que l'incident du 13 avril 2021 n'ayant pas été reconnu comme imputable au service, la rechute constatée le 10 mai 2022 ne pouvait pas être considérée comme telle mais qu'un avis du conseil médical a été sollicité pour une reconnaissance des faits du 10 mai 2022 comme un nouvel accident de service. Par une décision du 1er décembre 2022, Mme F a été finalement placée, à titre provisoire, en CITIS du 10 mai 2022 au 9 mai 2023. Par la présente requête, Mme F demande l'annulation des décisions du 8 juillet 2022 et du 1er décembre 2022 ainsi que la condamnation de l'Etat à l'indemniser d'un " préjudice de santé " du fait du harcèlement moral qu'elle estime avoir subi.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la décision du 8 juillet 2022 :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent () ".
Aux termes de l'article L. 232-4 du même code : " Une décision implicite intervenue dans les cas où la décision explicite aurait dû être motivée n'est pas illégale du seul fait qu'elle n'est pas assortie de cette motivation. / Toutefois, à la demande de l'intéressé, formulée dans les délais du recours contentieux, les motifs de toute décision implicite de rejet devront lui être communiqués dans le mois suivant cette demande. Dans ce cas, le délai du recours contentieux contre ladite décision est prorogé jusqu'à l'expiration de deux mois suivant le jour où les motifs lui auront été communiqués ".
3. Il ressort des pièces du dossier que la décision du 8 juillet 2022 mentionne la loi
du 11 janvier 1984, article 34 paragraphe 2, alinéa 2 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat, notamment en ce qui concerne les accidents de travail, ainsi que le décret du 21 février 2019 relatif au CITIS dans la fonction publique de l'État. Elle se fonde sur l'avis défavorable du conseil médical du 30 juin 2022 ainsi que les critères requis pour la reconnaissance d'un accident de service et fait référence à la déclaration du 22 avril 2021 de Mme F, faisant état d'un incident survenu dans un " contexte de mise à l'écart depuis le 02 avril" puis précise qu'une entrevue avec la directrice de l'école de rattachement ne peut être considérée comme accidentelle car ces rencontres relèvent du fonctionnement habituel de l'administration. Elle se fonde également sur l'existence d'un conflit relationnel entre plusieurs membres de l'équipe pédagogique qui a entraîné une succession d'événements antérieurs à l'accident. Par suite, la décision de refus de reconnaissance de l'imputabilité au service de l'incident du 13 avril 2021 et de reconnaissance de la rechute du 13 mai 2022 comme imputable au service ainsi que portant retrait du CITIS apparaît suffisamment motivée en fait et en droit.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 822-18 du code général de la fonction publique : " Est présumé imputable au service tout accident survenu à un fonctionnaire, quelle qu'en soit la cause, dans le temps et le lieu du service, dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par le fonctionnaire de ses fonctions ou d'une activité qui en constitue le prolongement normal, en l'absence de faute personnelle ou de toute autre circonstance particulière détachant l'accident du service ". Pour l'application de ces dispositions, constitue un accident de service un évènement soudain et violent survenu à une date certaine, par le fait ou à l'occasion du service, dont il est résulté une lésion, quelle que soit la date d'apparition de celle-ci.
5. Il ressort des pièces du dossier, notamment du compte-rendu établi par la requérante et d'un des témoignages de parents d'élève que le 13 avril 2021, la directrice de l'établissement est intervenue devant la classe de Mme F au sujet des paroles rapportées par un enfant issu de la classe de sa collègue, Mme D. Si la requérante soutient que des propos excessifs ont été tenus lors de cet échange, ces propos, ainsi que le comportement de la directrice et de la collègue, aussi regrettables qu'ils soient, dès lors qu'ils ont été tenus devant les élèves, ne présentent pas un caractère de soudaineté suffisant. Il ressort du rapport d'expertise du docteur E du 2 mars 2022, produit par la requérante, que de nombreux incidents avaient déjà eu lieu depuis l'arrivée de Mme F dans l'établissement. En outre, les témoignages de parents d'élèves produits par la requérante font certes état de ses qualités et de ses compétences en tant qu'enseignante mais se rapportent à un autre incident s'étant déroulé le 6 avril 2021, à propos des consignes données à la fille de Mme D, au sujet du port du masque en période de crise sanitaire liée au Covid, ce qui a donné lieu à une altercation entre la requérante et la collègue, mère de cette élève. Par ailleurs, l'ensemble des pièces médicales produites par l'intéressée, bien que démontrant chez elle un état d'épuisement lié à une souffrance aigue au travail ainsi qu'à des troubles du sommeil antérieurs à cet incident, ne permettent pas de tenir pour établie l'existence d'un événement soudain et violent survenu à une date certaine. Par suite, Mme F n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que la rectrice a rejeté sa demande tendant à la reconnaissance de l'imputabilité au service de l'incident survenu le 13 avril 2021 et en refusant, par voie de conséquence, la reconnaissance de la rechute constatée le 10 mai 2022 comme imputable au service.
6. En dernier lieu, si la requérante soutient que le recteur a commis une erreur de droit en retirant le CITIS accordé à partir du 10 mai 2022, la décision retirée le 8 juillet 2022 est celle du 24 juin 2022 par laquelle la rectrice a placé Mme F, à titre provisoire, en CITIS du 10 mai 2022 au 5 juillet 2022. Dès lors, le moyen manque en fait et doit être écarté. Au demeurant, compte tenu de ce qui a été dit au point précédent, le retrait du CITIS, n'est pas illégal.
7. Il résulte de ce qui précède que Mme F n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 8 juillet 2022 refusant de reconnaître l'imputabilité au service des faits survenus le 13 avril 2021 et rejetant la qualification de la rechute constatée le 10 mai 2022 comme imputable au service ainsi que portant retrait de son CITIS.
En ce qui concerne la décision du 1er décembre 2022 :
8. En premier lieu, compte tenu de l'absence de reconnaissance de l'imputabilité au service des faits survenus le 13 avril 2021, la décision du 1er décembre 2022 en refusant de reconnaître la rechute comme imputable au service n'est pas insuffisamment motivée. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.
9. En deuxième lieu, pour les mêmes motifs que ceux mentionnés au point précédent, la décision n'est pas fondée sur une erreur de qualification juridique des faits.
10. En dernier lieu, si la requérante soutient que le recteur a commis une erreur de droit en retirant le CITIS accordé à partir du 10 mai 2022, comme il a été dit précédemment, la décision retirée le 8 juillet 2022 est celle du 24 juin 2022 par laquelle la rectrice a placé Mme F, à titre provisoire, en CITIS du 10 mai 2022 au 5 juillet 2022. La décision du 1er décembre 2022 rétablit le bénéfice du CITIS du 10 mai 2022 jusqu'au 9 mai 2023 dans l'attente de l'examen de sa demande de reconnaissance d'imputabilité au service des évènements du 10 mai 2022. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté.
11. Il résulte de ce qui précède que Mme F n'est pas davantage fondée à demander l'annulation de la décision du 1er décembre 2022.
12. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de Mme F doivent être rejetées. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'indemnisation :
13. Aux termes de l'article L. 133-2 du code général de la fonction publique : " Aucun agent public ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d'altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel ".
14. Il appartient à l'agent public qui soutient avoir été victime de faits constitutifs de harcèlement moral, de soumettre au juge des éléments de fait susceptibles d'en faire présumer l'existence. Il incombe à l'administration de produire, en sens contraire, une argumentation de nature à démontrer que les agissements en cause sont justifiés par des considérations étrangères à tout harcèlement. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si les agissements de harcèlement sont ou non établis, se détermine au vu de ces échanges contradictoires, qu'il peut compléter, en cas de doute, en ordonnant toute mesure d'instruction utile. Pour apprécier si des agissements dont il est allégué qu'ils sont constitutifs d'un harcèlement moral revêtent un tel caractère, le juge administratif doit tenir compte des comportements respectifs de l'agent auquel il est reproché d'avoir exercé de tels agissements et de l'agent qui estime avoir été victime d'un harcèlement moral.
15. Mme F soutient qu'elle a subi, depuis son arrivée à l'école, des agissements répétés de harcèlement moral, notamment en raison d'attaques de la part de deux collègues qui ont eu pour effet de dégrader son état de santé, ce qui est constitutif d'une faute engageant la responsabilité de l'Etat.
16. Tout d'abord, si elle soutient être arrivée à l'école avec une classe entièrement vide sans matériel, en évoquant sa collègue, Mme B, il résulte de l'instruction que cette dernière atteste du contraire en précisant qu'elle avait fourni à la requérante le matériel ainsi que les outils pédagogiques nécessaires. Mme F n'apporte aucun élément suffisamment probant de nature à établir que lui aurait été opposé un refus de mise à disposition des moyens nécessaires à son activité professionnelle ou l'existence d'une dégradation de ses conditions matérielles de travail. Ensuite, si Mme F évoque des mises à l'écart et son isolement, il résulte de ses écritures qu'elle décidait souvent de rester déjeuner dans sa classe le midi, afin, selon elle, d'éviter les tensions mais aussi, selon les témoignages produits par ses collègues, pour se reposer, en raison de ses problèmes de fatigue causés par ses troubles du sommeil et établis par les certificats médicaux produits au dossier. Enfin, si Mme F énumère plusieurs incidents impliquant des tensions, voire des insultes de la part de deux collègues, Mme D et Mme G, le récit de la plupart de ces incidents ne résulte que de ses seules déclarations et ne sont pas corroborés par des pièces du dossier, Mme F se bornant à produire des témoignages de parents d'élèves qui attestent bien de ses qualités et de ses compétences en tant qu'enseignante mais qui ne font pas référence aux incidents allégués. Il ressort des pièces du dossier que les tensions entre la requérante et deux de ses collègues, l'attitude répréhensible de celles-ci et leurs mauvaises relations de travail, pour regrettables qu'elles soient, ne laissent pas présumer, à eux seuls, l'existence d'une situation de harcèlement moral.
17. En outre, si Mme F allègue qu'elle n'a pas été soutenue par sa hiérarchie, il résulte de l'instruction, notamment du courrier du 16 avril 2021 produit par la requérante, qu'elle a bien été reçue et écoutée par l'inspectrice de l'académie au sujet de l'incident du 13 avril 2021. Il résulte également du témoignage du 18 mai 2022 de M. C, dont la requérante admet la qualité de médiateur, que des régulations et médiations ont été mises en œuvre pour permettre à chacun d'assurer l'exercice du métier dans les meilleures conditions. Enfin, les rapports d'inspection de l'inspectrice de l'éducation nationale du 25 mai 2022 et le rapport conjoint de l'inspectrice et de la conseillère technique de la rectrice du 14 novembre 2022 établi après avoir entendu les collègues, mentionnent " une équipe pédagogique, bienveillante " et qualifie la communauté éducative de très " calme ". Il résulte de ces rapports ainsi que des témoignages des collègues produits à l'appui de la défense qu'une charte de vivre ensemble ou " charte d'équipe " a été mise en place, afin d'accompagner Mme F face à ses problèmes de santé, mais aussi en raison de son anxiété face à la crise sanitaire, Mme F reconnaissant elle-même dans le procès-verbal de plainte pour harcèlement déposée le 10 mai 2022 contre deux de ses collègues qu'elle est " très à cheval sur les règles ", notamment " pour le port du masque " ce qui peut engendrer des " animosités ". Il résulte également des pièces produites par Mme F qu'elle a été reçue par le médecin de prévention le 19 mai 2022 et le 29 juin 2022, qui reconnait sa " souffrance aigue au travail ".
18. Par ailleurs, il résulte de l'instruction, notamment du courrier de l'inspectrice du 24 janvier 2022 que Mme F a eu du mal à se contenir nerveusement auprès de ses élèves et de ses collègues, que des parents d'élèves se sont plaints du comportement de l'enseignante et que certains d'entre eux ont développé des phobies scolaires. Plusieurs défaillances comme des défauts de surveillance ou de départs anticipés de l'école sont également recensés, ainsi que des visites au domicile de parents d'élèves pour recueillir des témoignages. Le rapport d'inspection du 14 novembre 2022 fait état de comportements " inadaptés et intrusifs vis-à-vis de chaque membre de l'équipe " et laissant " à penser que la conduite de l'intéressée a généré une attitude collective d'auto protection face aux nuisances individuelles que chacun peut décrire ".
19. Enfin, si Mme F produit des certificats médicaux évoquant un harcèlement, ceux-ci sont basés sur ses propres déclarations et il résulte des rapports d'expertise du docteur E, de mars et novembre 2022 ainsi que du 6 décembre 2023, que si Mme F souffre d'un " état dépressif et anxieux sévère, état anxiodépressif directement et exclusivement réactionnel à ses conditions d'exercice professionnel ", l'expertise précise que la problématique est " vécue par l'intéressée, comme une forme de "dénigrement", de ''harcèlement" et "d'agressions diverses" à son égard ". L'ensemble de ces éléments explique l'arrêté du 24 mai 2023 de changement d'affectation de Mme F à Saint-Leu, mesure prise dans l'intérêt du service mais également pour permettre à la requérante de prendre un nouveau départ, conformément aux recommandations médicales. Il résulte d'ailleurs du dernier rapport d'expertise médicale du 6 décembre 2023 qu'il est perçu " une nette amélioration de son état depuis qu'elle a été affectée dans une autre école ". Dans ces conditions, les éléments de fait présentés par Mme F ne permettent pas de présumer l'existence d'agissements répétés constitutifs d'un harcèlement moral à son encontre.
20. Il résulte de tout ce qui précède que l'administration n'a commis aucune faute de nature à engager la responsabilité de l'Etat. Par suite, les conclusions à fin d'indemnisation présentées par Mme F ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les conclusions relatives aux frais d'instance :
21. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie tenue aux dépens ou la partie perdante, la somme demandée par Mme F au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme F est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A F et au recteur de l'académie de La Réunion.
Délibéré après l'audience du 8 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Khater, présidente,
M. Le Merlus, conseiller,
Mme Lebon, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe du tribunal le 22 octobre 2024.
La rapporteure,
L. LEBON
La présidente,
A. KHATER
La greffière,
E. POINAMBALOM
La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026