jeudi 5 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de La Réunion |
| Section | Tribunal Administratif de La Réunion |
| N° Dossier | TA101-2300007 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 4 janvier 2023, la société Vaiti Traiteur, représentée par Me Tamil, demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
A titre principal :
1°) d'enjoindre au maire de la commune du Tampon de réexaminer sa demande d'autorisation d'ouverture de son établissement recevant du public " La soucoupe volante ", et de finaliser l'instruction de cette demande, par l'édiction d'une décision, dans un délai maximal de deux jours à compter de la notification électronique de la décision à intervenir, sous astreinte de 10 000 euros par jour de retard ;
2°) en cas de carence du maire de la commune du Tampon, d'enjoindre au préfet de La Réunion de faire usage des pouvoirs qu'il tient de l'article L. 2122-34 du code général des collectivités territoriales pour assurer sans délai l'examen effectif de sa demande d'autorisation d'ouverture de l'établissement recevant du public " La Soucoupe volante ", et de finaliser l'instruction de cette demande, par l'édiction d'une décision, dans un délai maximal de deux jours à compter de la notification électronique de la décision à intervenir, sous astreinte de 10 000 euros par jour de retard ;
3°) A tout le moins, d'ordonner toutes mesures utiles et nécessaires de nature à faire cesser l'atteinte grave et manifestement illégale commise par le maire de la commune du Tampon aux libertés d'entreprendre, de commerce et d'industrie, au droit de propriété et au principe d'égalité, au détriment de la société requérante ;
A titre subsidiaire :
1°) de suspendre l'exécution de la décision du 27 décembre 2022 par laquelle maire de la commune du Tampon a refusé d'autoriser l'ouverture de l'établissement " La soucoupe volante " ;
2°) d'enjoindre au maire de la commune du Tampon de lui délivrer sans délai une autorisation provisoire d'ouverture de son établissement " La soucoupe volante ", sous astreinte de 10 000 euros par jours de retard à compter de la notification électronique de la décision à intervenir ;
3°) A tout le moins, d'ordonner toutes mesures utiles et nécessaires de nature à faire cesser l'atteinte grave et manifestement illégale commise par le maire de la commune du Tampon aux libertés d'entreprendre, de commerce et d'industrie, au droit de propriété et au principe d'égalité, au détriment de la société requérante ;
En tout état de cause, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 5 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- à titre principal, le courrier du 27 décembre 2022 ne constitue pas la décision attendue au titre de l'exécution de l'ordonnance n° 2201597, dés lors qu'il ne comprend pas l'ensemble des visas et délais de recours, et qu'aucun exemplaire n'a été notifié au préfet de La Réunion pour l'exercice de son contrôle de légalité. En outre, ce courrier est équivoque quant à la posture finale du maire sur la demande d'ouverture qu'elle a présentée. En conséquence, en exécution de cette ordonnance, il appartient au juge des référés d'ordonner au maire de lui délivrer une autorisation provisoire d'ouverture.
- à titre subsidiaire, si le tribunal devait considérer que ce courrier constitue bien la décision attendu au titre de l'injonction prononcée dans l'ordonnance n° 2201597, et qu'elle doit s'analyser comme un refus de délivrance de l'autorisation d'ouverture demandée, il convient de suspendre les effets d'une telle mesure, dès lors que l'urgence constatée dans l'ordonnance précitée n'a pas cessé, et que ce refus porte une atteinte grave et manifestement illégale aux libertés fondamentales de la requérante, dés lors que les motifs invoqués au soutien de ce refus sont manifestement illégaux ;
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- l'ordonnance du juge des référés du 23 décembre 2022, n° 2201597 ;
- le code de justice administrative ;
Vu la décision, prise en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, par laquelle le président du Tribunal a désigné M. Sauvageot, premier conseiller, en qualité de juge des référés.
Considérant ce qui suit :
1. Par une ordonnance du 23 décembre 2022, n° 2201597, le juge des référés a enjoint au maire de la commune du Tampon de statuer sur la demande d'ouverture de l'établissement recevant du public " La soucoupe volante " présentée par la société Vaiti traiteur, avant le mardi 27 décembre 2022 à 17 heures. La même ordonnance enjoint également au maire du Tampon de notifier cette décision dans les meilleurs délais à la société Vaiti traiteur. Dans le cadre de la présente instance, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, la société Vaiti Traiteur demande, à titre principal, d'enjoindre au maire du Tampon ou au préfet de La Réunion, de lui délivrer une autorisation provisoire d'ouverture de l'établissement " La soucoupe volante ", dans un délai de deux jours à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 10 000 euros par jours de retard. A titre subsidiaire, elle demande la suspension des effets du courrier du 27 décembre 2022 par lequel le maire de la commune du Tampon a refusé de lui délivrer une autorisation d'ouverture pour le même établissement et, par voie de conséquence, qu'il soit enjoint au maire de lui délivrer une autorisation provisoire d'ouverture.
2. Aux termes de l'article L.511-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire. Il n'est pas saisi du principal et se prononce dans les meilleurs délais. " Aux termes de l'article L. 521-2 du même code : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public () aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". Aux termes des dispositions de l'article L. 521-4 du même code : " " Saisi par toute personne intéressée, le juge des référés peut, à tout moment, au vu d'un élément nouveau, modifier les mesures qu'il avait ordonnées ou y mettre fin. ". En outre, aux termes de l'article L. 522-3 du même code " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
3. En premier lieu, il résulte de l'instruction que, par courrier du 27 décembre 2022, le maire de la commune du Tampon a refusé de délivrer à la requérante une autorisation d'ouverture pour l'établissement recevant du public " La soucoupe volante ". Contrairement à ce que soutient la requérante, une telle décision réalise l'exécution complète de l'injonction prononcée dans l'ordonnance du 23 décembre 2022, n° 2201597, qui tendait seulement à ce que le maire de la commune du Tampon statue sur la demande d'ouverture de cet établissement, sans fixer le sens de la décision intervenir. Par suite, les conclusions principales de la requête, fondées sur l'inexécution de l'injonction prononcé dans l'ordonnance du 23 décembre 2022, doivent être rejetées comme manifestement mal-fondées.
4. En second lieu, par elle-même, l'édiction de cette décision de refus n'est pas de nature à entrainer une modification de l'injonction précitée, notamment dans la mesure où elle ne remet aucunement en cause son bien-fondé. Par suite, les conclusions subsidiaires de la requête doivent également être regardées comme manifestement mal-fondées au titre des dispositions de l'article L. 521-4 du code de justice administrative.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête doit être rejetée dans toutes ses conclusions, y compris celles présentées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
6. Il appartient à la requérante, si elle s'y croit fondée, de demander la suspension des effets de ce refus par une nouvelle requête présentée sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête présentée par la société Vaiti Traiteur est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la société Vaiti Traiteur, au maire du Tampon et au ministre de la transition écologique et de la Cohésion des territoires.
Copie de la présente ordonnance sera adressée au préfet de La Réunion.
Fait à Saint-Denis, le 5 janvier 2023.
Le juge des référés,
F. SAUVAGEOT
La République mande et ordonne au préfet, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
P/La greffière en chef,
Le greffier,
D. CAZANOVE
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