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AccueilJurisprudence administrativeN° TA101-2300050

Tribunal Administratif de La Réunion — Décision N° TA101-2300050

jeudi 3 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de La Réunion
SectionTribunal Administratif de La Réunion
N° DossierTA101-2300050
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantRAMSAMY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires enregistrés les 18 janvier 2023, 28 juillet 2023 et 25 janvier 2024, Mme A B demande au tribunal d'annuler la délibération du conseil d'administration du service départemental d'incendie et de secours (SDIS) de La Réunion en date du 26 octobre 2022 relative à l'organisation de la sous-direction des ressources humaines.

Elle soutient que :

- le premier mémoire en défense produit par le SDIS est irrecevable, en raison du défaut de mandat de représentation produit par le conseil du SDIS et de la production tardive du mémoire en défense au-delà du délai imparti par la mise en demeure ;

- sa requête n'est pas tardive ;

- la délibération contestée ne constitue pas une mesure d'ordre intérieur ;

- elle a intérêt à agir dès lors que la délibération en litige lui fait grief ;

- la délibération est illégale en raison de l'irrégularité de la composition du conseil d'administration du SDIS entre le mois de septembre 2021 et le 20 octobre 2022 fixée par une délibération du 6 juillet 2020 publiée le 23 juillet 2020 ;

- elle est irrégulière en raison de l'absence de consultation du comité technique conformément à l'article 33 de la loi du 26 janvier 1984 ;

- elle est entachée d'erreur de droit en l'absence des textes d'application de la loi Matras du 25 novembre 2021 ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation dès lors que la nécessité de créer une sous-direction des ressources humaines n'est pas justifiée.

Par un mémoire en défense et un mémoire récapitulatif enregistrés le 27 juin 2023 et le 12 juillet 2024, le service départemental d'incendie et de secours de La Réunion, représenté par Me Ramsamy, avocate, conclut à titre principal à l'irrecevabilité de la requête, à titre subsidiaire à son rejet au fond et à ce qu'il soit mis à la charge de la requérante la somme de 2779,75 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que :

- le SDIS a produit un mémoire en défense avant la clôture de l'instruction et n'est donc pas réputé avoir acquiescé aux faits ;

- la délibération constitue une mesure d'ordre intérieur et ne fait donc pas grief ;

- la requérante ne justifie d'aucun intérêt à agir ;

- sa requête est tardive ;

- les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 30 juillet 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 13 août 2024 à 12h.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Monlaü, premier conseiller,

- les conclusions de M. Sauvageot, rapporteur public,

- et les observations de Mme B et de Me Ramsamy pour le SDIS de La Réunion.

Considérant ce qui suit :

1. Par une délibération du 26 octobre 2022, le conseil d'administration du service départemental d'incendie et de secours de La Réunion a, dans le cadre de l'organisation de la sous-direction des ressources humaines, décidé de créer les groupements Administration du personnel, Expertise statutaire et action sociale, et pilotage des emplois des effectifs et des compétences et d'approuver ces groupements ainsi que l'organisation du groupement Formation. Par la présente requête, Mme B demande au tribunal d'annuler la délibération du conseil d'administration du service départemental d'incendie et de secours (SDIS) de La Réunion en date du 26 octobre 2022 relative à l'organisation de la sous-direction des ressources humaines.

Sur la recevabilité des écritures en défense :

2. En premier lieu, si Mme B oppose le défaut de production du mandat que détiendrait Me Ramsamy pour représenter le SDIS, il ne résulte d'aucune disposition du code de justice administrative que les avocats doivent justifier d'un mandat écrit afin de représenter leur client devant le tribunal administratif.

3. En second lieu, aux termes de l'article R. 612-6 du code de justice administrative : " Si, malgré une mise en demeure, la partie défenderesse n'a produit aucun mémoire, elle est réputée acquiescer aux faits exposés dans les mémoires du requérant. "

4. Il ressort des pièces du dossier que par ordonnance du 30 mai 2023, la clôture de l'instruction de la présente affaire a été fixée pour la première fois au 29 juin 2023. Le mémoire en défense produit par le SDIS le 27 juin 2023, enregistré avant la clôture, a été communiqué à Mme B et l'instruction a été rouverte par ordonnance du 29 juin 2023. Il ne résulte pas des dispositions précitées de l'article R. 612-6 du code de justice administrative que la circonstance que ce mémoire ait été produit postérieurement au délai qui avait été indiqué par le greffe du tribunal par la mise en demeure du 20 novembre 2023 impliquerait que ce dernier aurait acquiescé aux faits exposés par la requérante.

5. Il résulte de ce qui a été dit aux points 2 et 4 que Mme B, n'est pas fondée à soutenir que les écritures en défense devraient être écartées des débats.

Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :

6. La délibération du conseil d'administration du service départemental d'incendie et de secours (SDIS) de La Réunion en date du 26 octobre 2022 qui créée la sous-direction des ressources humaines au sein du SDIS est une mesure relative à l'organisation de ce service public. Il ressort des pièces du dossier et notamment des motifs de l'arrêt de la cour d'appel de Saint-Denis du 20 juin 2020 que si Mme B, engagée par le SDIS sous contrat de droit privé du 1er mars 2015 au 28 octobre 2016, a été victime de discrimination et a obtenu une indemnité de 6 000 euros à titre de dommages-intérêts, sa demande tendant à sa réintégration au sein des effectifs du SDIS a été rejetée. Par suite, alors même que par un arrêt du 18 janvier 2023 la Cour de cassation a partiellement cassé l'arrêt de la cour d'appel au motif qu'elle n'a pas statué sur la demande de nullité du licenciement de l'intéressée, Mme B, qui ne peut se prévaloir de la qualité d'agent titulaire ou contractuel du SDIS, ne justifie dès lors pas d'un intérêt suffisant pour demander l'annulation de cette délibération qui au demeurant ne porte en elle-même aucune atteinte aux droits que les agents du SDIS tiendraient de leur statut ou des prérogatives de leur corps. Par suite, la fin de non-recevoir opposée par le SDIS tirée du défaut de qualité de Mme B à contester la légalité de la délibération attaquée doit être accueillie.

7. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée.

Sur les frais liés au litige :

8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge de Mme B la somme de 500 euros au titre des frais exposés par le SDIS de La Réunion et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Mme B versera au service départemental d'incendie et de secours de La Réunion la somme de 500 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au service départemental d'incendie et de secours de La Réunion.

Délibéré après l'audience du 19 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Blin, présidente,

M. Monlaü, premier conseiller,

Mme Tomi, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 octobre 2024.

Le rapporteur,

X. MONLAÜ

La présidente,

A. BLIN

Le greffier,

F.IDMONT

La République mande et ordonne au préfet de La Réunion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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