vendredi 20 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de La Réunion |
| Section | Tribunal Administratif de La Réunion |
| N° Dossier | TA101-2300053 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | SCP SAIDJI ET MOREAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 19 janvier 2023, M. D C, représenté par Me Duque Azuero, avocate, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler la décision du 16 janvier 2023 par laquelle le ministre de l'intérieur et des outre-mer a rejeté sa demande d'entrée sur le territoire français au titre de l'asile et a ordonné son réacheminement vers le Sri Lanka ou tout autre pays où il sera légalement admissible ;
3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des outre-mer, sous astreinte de 300 euros par jour de retard, de l'autoriser à entrer en France et de lui délivrer un visa de régularisation dès la notification du jugement à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, à verser à son avocate, sous réserve qu'elle renonce à percevoir l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
- l'auteur des deux décisions attaquées n'a pas reçu délégation pour ce faire ni n'a mentionné sa qualité, en méconnaissance des prescriptions de l'article L. 212-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, tandis qu'il n'est pas établi que l'auteur de ces décisions ait réellement apposé sa signature, laquelle est numérisée ;
- la décision lui refusant l'entrée sur le territoire français a été prise au terme d'une procédure irrégulière, dès lors que l'audition devant l'OFPRA ne respecte pas les exigences minimales de l'entretien d'un demandeur d'asile, tenant à la compétence en langue tamoule de l'interprète et aux conditions matérielles déplorables de l'entretien et à sa confidentialité inexistante ;
- cette décision est entachée d'une erreur de droit dès lors que le ministre chargé de l'immigration est en situation de compétence liée lorsque, comme cela doit être considéré en l'espèce en l'absence de connaissance de la teneur de l'avis de l'OFPRA, celui-ci est réputé favorable ;
- elle a été prise en méconnaissance du 3° de l'article L. 351-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors que le ministre ne s'est pas borné à examiner le caractère manifestement infondé de sa demande mais s'est prononcé sur le bien-fondé de ses arguments ;
- la décision fixant le Sri Lanka comme pays de son réacheminement est insuffisamment motivée ;
- cette décision est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision de refus d'entrée sur le territoire français au titre de l'asile qui la fonde ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation personnelle au regard de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense enregistré le 19 janvier 2023, le ministre de l'intérieur et des outre-mer, représenté par Me Moreau, avocat, conclut au rejet de la requête, en faisant valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention de Genève du 28 juillet 1951 relative aux réfugiés ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Biget, premier conseiller, en application de l'article L. 352-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, pour statuer sur les litiges visés à cet article.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique, qui a eu lieu le 20 janvier 2023 à 9 heures 30 et à l'issue de laquelle l'instruction a été close :
- le rapport de M. A,
- les observations de Me Duque Azuero, représentant M. C, présent, qui se désiste des moyens tirés de l'absence de délégation de signature de l'auteure de l'acte attaqué, du défaut de communication de l'enregistrement sonore de l'entretien et de l'erreur de droit tenant à la situation de compétence liée dans laquelle le ministre se trouve au regard de l'avis réputé favorable de l'OFPRA et qui, pour le surplus, conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens ;
- le ministre de l'intérieur et des outre-mer n'étant ni présent ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. M. D C, ressortissant sri lankais né le 2 avril 2001 à Jaffna, est arrivé à La Réunion le 14 janvier 2023 par la voie maritime et a demandé à entrer en France au titre de l'asile. Il a été placé en zone d'attente et a été entendu par un agent de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) le 16 janvier 2023. Par un acte du même jour notifié le lendemain, pris au vu de l'avis émis par l'Office, le ministre de l'intérieur et des outre-mer a rejeté sa demande d'entrée en France au titre de l'asile et a ordonné son réacheminement vers le Sri Lanka ou tout autre pays où il sera légalement admissible. M. C demande au tribunal l'annulation de ces deux décisions.
Sur la demande d'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président. " En raison de l'urgence, il y a lieu d'admettre, à titre provisoire, M. C au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les moyens communs aux deux décisions contestées :
3. Aux termes de l'article R. 352-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative compétente pour refuser l'entrée à un étranger qui a demandé à bénéficier du droit d'asile est le ministre chargé de l'immigration. ".
4. En premier lieu, le requérant ne peut utilement invoquer la méconnaissance de l'article L. 212-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui n'existe pas. A supposer qu'il ait entendu se référer à l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration, aux termes du premier alinéa duquel : " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci ", un tel moyen ne saurait être accueilli en l'espèce. En effet, l'acte attaqué comporte la signature et l'indication, en caractères lisibles, des prénom et nom de son auteure et du département dont elle relève, auquel il convient d'ajouter la mention, en en-tête, de la direction générale des étrangers en France, direction de l'asile, sous-direction du droit d'asile et de la protection internationale, département de la coopération et de la dimension extérieure de l'asile, l'ensemble de ces indications permettant au requérant d'identifier sans ambiguïté l'auteur de cet acte et son service de rattachement et, par suite, de vérifier sa compétence. Dans ces conditions, quoiqu'elle ne mentionne pas précisément la qualité de son auteure, la décision en cause ne saurait être regardée comme étant entachée, au regard des dispositions précitées de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration, d'un vice substantiel de nature à l'entacher d'illégalité.
5. En second lieu, le moyen tiré de ce que la signature apposée sur l'acte l'a été sous la forme d'un fac-similé numérisé et non de manière manuscrite, ne repose sur la méconnaissance d'aucune disposition législative ou à caractère réglementaire et ne saurait, dès lors, être accueilli. En tout état de cause, le requérant ne démontre pas que cette signature soit un fac-similé numérisé et aucun élément ne permet de douter de son authenticité.
Sur le rejet de la demande d'entrée en France au titre de l'asile :
6. En premier lieu, aux termes de l'article L. 141-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque les dispositions du présent code prévoient qu'une information ou qu'une décision doit être communiquée à un étranger dans une langue qu'il comprend, cette information peut se faire soit au moyen de formulaires écrits dans cette langue, soit par l'intermédiaire d'un interprète. L'assistance de l'interprète est obligatoire si l'étranger ne parle pas le français et qu'il ne sait pas lire. / En cas de nécessité, l'assistance de l'interprète peut se faire par l'intermédiaire de moyens de télécommunication. Dans une telle hypothèse, il ne peut être fait appel qu'à un interprète inscrit sur une liste établie par le procureur de la République ou à un organisme d'interprétariat et de traduction agréé par l'administration. Le nom et les coordonnées de l'interprète ainsi que le jour et la langue utilisée sont indiqués par écrit à l'étranger. ".
7. Le requérant soutient que les dispositions de l'article L. 141-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ont été méconnues, dès lors que la seule communication du nom et du prénom de l'interprète ne permet pas de s'assurer que celle-ci pouvait justifier de sa compétence en langue tamoule et qu'aucun élément ne permet non plus de vérifier que l'interprète est inscrite sur une liste établie par le procureur de la République ou appartient à un organisme d'interprétariat et de traduction agréé par l'administration, ce qui lui fait grief dès lors que l'entretien de demande d'asile présentée à la frontière s'est déroulé dans des conditions démontrant les difficultés évidentes de compréhension rencontrées lors des échanges. Toutefois, à supposer même que l'interprète n'était pas présente sur place nonobstant la mention contraire figurant sur l'avis de l'OFPRA, il ressort des pièces du dossier que l'entretien avec l'officier de protection a été effectué avec le concours de Mme B, interprète en langue tamoule, et que M. C n'a présenté aucune observation tenant à l'existence de difficultés de compréhension ou de traduction lors de l'entretien, dont la transcription ne laisse elle-même apparaître aucune difficulté de compréhension et d'interaction avec l'interprète. Ainsi, il ne ressort pas des pièces du dossier que les conditions du recours à l'interprétariat auraient eu en l'espèce une incidence sur le sens de la décision litigieuse ou auraient privé l'intéressé d'une garantie. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées doit, en tout état de cause, être écarté.
8. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 351-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger qui se présente à la frontière demande à bénéficier du droit d'asile, il est informé sans délai, dans une langue qu'il comprend ou dont il est raisonnable de penser qu'il la comprend, de la procédure de demande d'asile et de son déroulement, de ses droits et obligations au cours de cette procédure, des conséquences que pourrait avoir le non-respect de ses obligations ou le refus de coopérer avec les autorités et des moyens dont il dispose pour l'aider à présenter sa demande () ". Aux termes de l'article
R. 351-3 du même code : " Sauf dans le cas où l'examen de la demande d'asile relève de la compétence d'un autre Etat, l'étranger est entendu par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides selon les modalités prévues par les articles R. 531-11 à R. 531-16 () ". Aux termes de cet article R. 531-16 : " L'Office français de protection des réfugiés et apatrides peut décider de procéder à l'entretien personnel en ayant recours à un moyen de communication audiovisuelle dans les cas suivants : / () 2° Lorsqu'il est retenu dans un lieu privatif de liberté ; / () L'officier de protection chargé de la conduite de l'entretien a la maîtrise des opérations. Il lui appartient de veiller au respect des droits de la personne. Il doit à tout instant pouvoir s'assurer du respect des bonnes conditions d'audition et de visionnage. Il peut mettre fin à l'entretien si ces conditions ne sont pas réunies ou si les circonstances de l'espèce l'exigent. Dans ce cas, l'entretien a lieu en présence de l'intéressé. / L'intéressé entendu par un moyen de communication audiovisuelle doit, si besoin avec l'aide d'un interprète, être informé par l'office avant le commencement de l'entretien du déroulement des opérations, notamment des modalités permettant d'assurer le respect des règles de confidentialité. ".
9. Il ressort des pièces du dossier que M. C a bénéficié, le 16 janvier 2023, d'un entretien personnel avec un officier de protection de l'OFPRA qui s'est déroulé par visioconférence, le requérant se trouvant dans la zone d'attente de l'aéroport Roland Garros à La Réunion. Si le requérant soutient que l'entretien a été interrompu à plusieurs reprises par le bruit des réacteurs d'avions sur la piste d'atterrissage, que l'insonorisation de la salle d'entretien était inexistante de sorte que l'on entendait les entretiens se déroulant dans la salle adjacente et les conversation des autres demandeurs d'asile présents dans la zone d'attente et des agents de la police aux frontières, il ressort des pièces du dossier que l'entretien a duré 27 minutes, que l'interprétariat était fluide, que l'intéressé a pu y exposer de manière suffisamment précise les éléments relatifs à sa situation personnelle afin de permettre à l'administration de procéder à l'examen de sa demande d'entrée en France au titre de l'asile prévu à l'article L. 352-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et que le compte rendu ne révèle aucune difficulté de compréhension de la part de l'intéressé nonobstant la pollution sonore consignée par son avocate dans ses observations, la non climatisation de la salle d'entretien et le port d'un bracelet comportant un numéro d'identification. Au demeurant, M. C ne fait état d'aucun élément pertinent relatif à sa situation personnelle qu'il aurait été empêché de porter à la connaissance de l'officier de protection du fait des conditions dans lesquelles l'entretien s'est déroulé et il n'apporte pas davantage d'éléments de nature à jeter un doute sur la fidélité des propos qui y sont retranscrits. Au surplus, il ne ressort pas davantage des pièces du dossier que l'officier de protection, auquel il appartient de veiller au respect des droits de la personne et de s'assurer du respect des bonnes conditions de son audition, ait estimé que ces conditions n'étaient pas réunies lors de l'entretien personnel du requérant. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des règles de confidentialité de l'entretien et du doute sérieux quant à la compréhension de ses propos doit être écarté.
10. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 352-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision de refuser l'entrée en France à un étranger qui se présente à la frontière et demande à bénéficier du droit d'asile ne peut être prise que dans les cas suivants : / () 3° La demande d'asile est manifestement infondée. / Constitue une demande d'asile manifestement infondée une demande qui, au regard des déclarations faites par l'étranger et des documents le cas échéant produits, est manifestement dénuée de pertinence au regard des conditions d'octroi de l'asile ou manifestement dépourvue de toute crédibilité en ce qui concerne le risque de persécutions ou d'atteintes graves. " Aux termes de l'article L. 352-2 du même code : " () la décision de refus d'entrée ne peut être prise qu'après consultation de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, qui rend son avis dans un délai fixé par voie réglementaire et dans le respect des garanties procédurales prévues au titre III du livre V. () / Sauf si l'accès de l'étranger au territoire français constitue une menace grave pour l'ordre public, l'avis de l'office, s'il est favorable à l'entrée en France de l'intéressé au titre de l'asile, lie le ministre chargé de l'immigration. ".
11. Le droit constitutionnel d'asile, qui a le caractère d'une liberté fondamentale, a pour corollaire le droit de solliciter le statut de réfugié. Ce droit implique que l'étranger qui sollicite la reconnaissance de la qualité de réfugié soit en principe autorisé à demeurer sur le territoire jusqu'à ce qu'il ait été statué sur sa demande. Toutefois, le ministre chargé de l'immigration peut, sur le fondement de l'article L. 352-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, rejeter la demande d'asile d'un étranger se présentant aux frontières du territoire national lorsque ses déclarations et les documents qu'il produit à leur appui, du fait notamment de leur caractère incohérent, inconsistant ou trop général, sont manifestement dépourvus de crédibilité et font apparaître comme manifestement dénuées de fondement les menaces de persécutions alléguées par l'intéressé au titre du 2° du paragraphe A de l'article 1er de la convention du 28 juillet 1951 relative au statut des réfugiés, et le risque d'atteintes graves susceptibles de lui permettre de bénéficier de la protection subsidiaire. Il suit de là que le requérant n'est pas fondé à soutenir que le ministre aurait commis une erreur de droit en étendant son appréciation au bien-fondé de son argumentation sans se borner à vérifier au terme d'une appréciation superficielle si sa demande était manifestement insusceptible de se rattacher aux critères prévus par les stipulations de l'article 1er de la convention de Genève relative au statut des réfugiés.
12. Il résulte de ce qui précède que le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision de rejet de sa demande d'entrée en France au titre de l'asile est illégale.
Sur la désignation du pays de réacheminement :
13. En premier lieu, la décision contestée vise l'article L. 333-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et mentionne que le requérant provient du Sri Lanka. Elle est ainsi suffisamment motivée en droit et en fait.
14. En deuxième lieu, il résulte de ce qui a été dit au point 12 ci-dessus que le moyen tiré par la voie de l'exception de l'illégalité de la décision de refus d'entrée en France au titre de l'asile, soulevé à l'encontre de la décision de réacheminement, doit être écarté.
15. En troisième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. ".
16. En se bornant à soutenir qu'il fait l'objet de persécutions dans son pays d'origine, que la situation politique prévalant au Sri Lanka, notamment les répressions à l'encontre de la communauté tamoule en dépit de la fin du conflit armé, risque de le soumettre à des traitements inhumains en cas de renvoi vers ce pays et que, par ailleurs, la médiatisation de sa demande d'asile l'expose à de nouvelles persécutions en cas de retour alors qu'en outre les précédents ressortissants sri lankais qui ont été réacheminés ont subi de mauvais traitements à leur retour, M. C ne démontre pas la réalité, la gravité et l'actualité des risques de traitements inhumains ou dégradants auxquels il serait personnellement exposé en cas de retour au Sri Lanka. Par suite, les moyens tirés de la violation des stipulations de l'article 3 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation de la situation personnelle du requérant doivent être écartés.
17. Il résulte de ce qui précède que le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision de désignation du pays de réacheminement est illégale.
18. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation des décisions attaquées doivent être rejetées, ainsi que les conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre des frais liés à l'instance.
DECIDE :
Article 1er : M. C est admis à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D C et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera transmise au préfet de La Réunion.
Prononcé en audience publique le 20 janvier 2023.
Le magistrat désigné,
O. A
La greffière,
J. BELENFANT
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
jb
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026