jeudi 26 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de La Réunion |
| Section | Tribunal Administratif de La Réunion |
| N° Dossier | TA101-2300235 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | CARLUIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 17 février et 20 septembre 2023 et 24 mai 2024, M. A B demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 23 décembre 2022 fixant l'avancement au grade d'attaché territorial principal par voie d'ancienneté au titre de l'année 2022 ;
2°) de procéder au réexamen de sa situation en vue du nouvel établissement du tableau d'avancement annuel au grade d'attaché principal au titre de l'année 2022 et de l'inscrire à ce nouveau tableau d'avancement ;
3°) de mettre à la charge du département de La Réunion la somme de 375 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative et de le condamner aux entiers dépens.
Il soutient que :
- le département ne justifie pas de sa qualité lui donnant intérêt à agir ;
- sa requête est recevable ;
- les rubriques de son évaluation révèlent qu'il a fait l'objet de discriminations en raison de son état de santé et a été victime de harcèlement par la personne qui l'a évalué ; ses notations récentes ayant diminué, il a demandé la protection fonctionnelle ;
- le tableau d'avancement contesté est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation et d'une erreur de droit, dès lors que ses évaluations sur sa manière de servir sont bonnes, meilleures que les autres, et révèle une rupture du principe d'égalité dès lors qu'il a fait l'objet d'évaluations biaisées et discriminantes et qu'il occupe un poste de responsable depuis plusieurs années, à l'instar de certaines personnes promus au grade d'attaché principal.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 juillet 2023, le département de La Réunion, représenté par la SCP Gaillard-Saubert agissant par Me Saubert, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête de M. B est irrecevable dès lors qu'elle est dirigée contre une décision qui n'existe pas et est par suite irrecevable et qu'il n'a pas d'intérêt à agir ;
- les moyens soulevés par M. B qui ne remplit pas les conditions d'ancienneté pour être nommé au tableau d'avancement sont inopérants et infondés.
Par une ordonnance du 7 mai 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 7 juin 2024 à 12h.
Les parties ont été notamment informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de ce que le département était en situation de compétence liée pour refuser d'inscrire M. B sur le tableau d'avancement dès lors qu'il ne satisfait pas aux conditions d'ancienneté prévues par les dispositions du décret du 30 décembre 1987.
Par un mémoire du 2 septembre 2024, M. B a présenté des observations en réponse au moyen d'ordre public.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code des relations entre le public et l'administration,
- le décret n°87-1099 du 30 décembre 1987 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Monlaü,
- les conclusions de M. Sauvageot, rapporteur public,
- et les observations de Mme C pour le département de La Réunion.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, attaché territorial affecté au département de La Réunion en qualité de responsable de la cellule foncière demande, par la présente requête, l'annulation de l'arrêté du 23 décembre 2022 fixant l'avancement au grade d'attaché territorial principal par voie d'ancienneté au titre de l'année 2022.
Sur la recevabilité du mémoire en défense :
2. En vertu de l'article L. 3221-10 du code général des collectivités territoriales : " Le président du conseil général intente les actions au nom du département ".
3. M. B oppose l'irrecevabilité du mémoire en défense, en l'absence de délibération par laquelle le département de La Réunion a habilité son président à le représenter en justice. Il ne résulte pas de l'instruction que, dans la présente instance, le département ait justifié de la délégation permanente de son président à agir en justice conformément aux dispositions citées au point précédent. Par suite, M. B est fondé à demander que le mémoire en défense du département soit être écarté des débats.
Sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 23 décembre 2022 fixant l'avancement au grade d'attaché territorial principal par voie d'ancienneté au titre de l'année 2022 :
4. Aux termes de l'article L. 522-4 du code général de la fonction publique : " L'avancement de grade au sein de la fonction publique territoriale a lieu suivant l'une ou plusieurs des modalités ci-après : 1° Au choix par voie d'inscription à un tableau annuel d'avancement, établi par appréciation de la valeur professionnelle et des acquis de l'expérience professionnelle des agents. Sans renoncer à son pouvoir d'appréciation, l'autorité territoriale tient compte des lignes directrices de gestion prévues chapitre III du titre Ier du livre IV ; 2° Par voie d'inscription à un tableau annuel d'avancement, établi après une sélection par voie d'examen professionnel ; 3° Par sélection opérée exclusivement par voie de concours professionnel. Aux termes de l'article L. 522-26 du même code : " Le tableau annuel d'avancement mentionné à l'article L. 522-24 est arrêté par l'autorité territoriale dans les conditions fixées par chaque statut particulier ". Aux termes de l'article L. 522-28 du même code : " L'avancement de grade est prononcé par l'autorité territoriale parmi les fonctionnaires territoriaux inscrits sur un tableau d'avancement. Les fonctionnaires d'une collectivité ou d'un établissement ne peuvent être promus par cette collectivité ou cet établissement que dans l'ordre du tableau ". Aux termes de l'article 19 du décret du 30 décembre 1987 portant statut particulier du cadre d'emplois des attachés territoriaux : " Peuvent être nommés au grade d'attaché principal après inscription sur un tableau d'avancement dans la limite fixée à l'alinéa suivant : () 2° Les attachés qui justifient, au plus tard le 31 décembre de l'année au titre de laquelle le tableau d'avancement est établi, d'au moins sept ans de services effectifs dans un cadre d'emplois, corps ou emploi de catégorie A ou de même niveau et ont atteint le 8e échelon du grade d'attaché. ".
5. Il ressort des pièces du dossier, que M. B, attaché territorial au 5ème échelon de son grade depuis le 1er juillet 2020, affecté à la direction de l'eau-cellule foncière- pour exercer les fonctions d'opérateur foncier depuis le 24 décembre 2012, a bénéficié d'un avancement au 6ème échelon le 1er janvier 2023. A la date à laquelle l'arrêté du 23 décembre 2022 fixant le tableau annuel d'avancement au grade d'attaché territorial principal au titre de l'année 2022 a été établi, M. B, qui n'avait pas atteint le 8ème échelon du grade d'attaché, ne satisfaisait donc pas à la condition d'ancienneté exigée par les dispositions du décret du 30 décembre 1987 rappelées ci-dessus. Par suite, dès lors que le président du conseil départemental de La Réunion, en situation de compétence liée, était tenu de refuser l'inscription de l'intéressé à l'avancement au grade d'attaché principal par voie d'ancienneté, les moyens dirigés contre l'arrêté du 23 décembre 2022 fixant l'avancement au grade d'attaché territorial principal par voie d'ancienneté au titre de l'année 2022 sont inopérants.
6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requête de M. B doivent être rejetées, y compris celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au département de la Réunion.
Délibéré après l'audience du 5 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Blin, présidente,
M. Monlaü, premier conseiller,
Mme Tomi, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 septembre 2024.
Le rapporteur,
X. MONLAÜ
La présidente,
A. BLIN
La greffière,
S. LE CARDIET-BALOUKJY
La République mande et ordonne au préfet de La Réunion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026