mercredi 14 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de La Réunion |
| Section | Tribunal Administratif de La Réunion |
| N° Dossier | TA101-2300241 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | PARAVEMAN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 20 février 2023, Mme C B demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 23 décembre 2022 par laquelle le directeur général du centre hospitalier universitaire (CHU) de La Réunion a établi le tableau d'avancement au grade d'attaché d'administration hospitalière hors classe pour l'année 2022 ;
2°) d'annuler la décision nommant Mme D E au grade d'attaché d'administration hospitalière hors classe ;
3°) d'enjoindre au CHU de procéder à son inscription au tableau d'avancement et à sa nomination au grade d'attaché d'administration hospitalière hors classe.
Elle soutient que :
- le CHU ne démontre pas que l'auteur de la décision attaquée avait compétence pour la signer ;
- la décision est fondée sur les lignes directrices de gestion qui présentent un caractère illégal ;
- elle a été prise en méconnaissance du décret n° 2001-1207 du 19 décembre 2001 portant statut particulier du corps des attachés d'administration hospitalière, le tableau étant entaché d'une erreur de fait et d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle a subi une discrimination et des faits de harcèlement moral de la part de la direction du CHU.
Par un mémoire en défense enregistré le 12 juin 2024, le CHU de La Réunion représenté par Me Paraveman, avocate, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de Mme B une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
-le code général de la fonction publique ;
-le code de la santé publique ;
-le décret n° 2001-1207 du 19 décembre 2001 ;
-le décret n° 2019-1265 du 29 novembre 2019 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Tomi, première conseillère,
- les conclusions de M. Ramin, rapporteur public,
- et les observations de Me Paraveman, pour le CHU de La Réunion.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, attachée principale d'administration hospitalière au centre hospitalier universitaire (CHU) de La Réunion demande l'annulation de la décision du directeur général du CHU du 23 décembre 2022 portant tableau d'avancement au grade d'attaché hors classe pour l'année 2022 et de la décision par laquelle Mme E, suite à son inscription sur ledit tableau, a bénéficié d'une nomination au grade d'attaché hors classe.
2. En premier lieu, M. A, directeur des ressources humaines, a été désigné conformément à l'article D. 6143-3 du code de la santé publique par le directeur général du CHU de La Réunion comme délégataire de signature, par une décision du 21 janvier 2022, régulièrement publiée au recueil des actes administratifs de la préfecture de La Réunion, " pour tout acte, correspondance ou décision relatifs aux personnels non médicaux concernant la direction des ressources humaines ". Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision du 23 décembre 2022 ne peut qu'être écarté.
3. En deuxième lieu, si Mme B excipe de l'illégalité des lignes directrices de gestion établies par le CHU pour la période 2021 à 2024 auxquelles l'autorité administrative s'est référée pour établir le tableau d'avancement litigieux, il résulte des dispositions des articles L. 413-1 et suivants du code général de la fonction publique et du décret d'application du 29 novembre 2019 que les lignes directrices de gestion n'ont pas de caractère impératif mais constituent de simples orientations à caractère informatif. Par suite, l'exception d'illégalité ne peut qu'être écartée.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article 13-1 du décret n° 2001-1207 du 19 décembre 2019 : " I.- Peuvent être nommés au grade d'attaché hors classe, au choix, par voie d'inscription à un tableau annuel d'avancement, les attachés principaux ayant atteint au moins le 5e échelon de leur grade () ".
Il n'appartient pas au juge de l'excès de pouvoir de contrôler l'appréciation faite par l'administration quant au choix des agents inscrits au tableau d'avancement, dès lors que cette appréciation n'est pas fondée sur des faits matériellement inexacts ni entachée d'une erreur de droit ou d'une erreur manifeste d'appréciation.
5. Il ne ressort pas des pièces du dossier, contrairement à ce que soutient Mme B, que pour établir le tableau d'avancement litigieux, le directeur général du CHU aurait pris en compte, dans le cadre de son appréciation des mérites respectifs des attachés principaux promouvables, d'autres critères que celui de la valeur professionnelle et celui des acquis de l'expérience professionnelle, appréciés au regard de la diversité des parcours, des fonctions exercées ou de l'engagement professionnel. La circonstance que Mme E justifiait d'une ancienneté moindre que celle de Mme B ne faisait pas obstacle, par elle-même, à ce qu'elle soit désignée pour être inscrite prioritairement au tableau d'avancement si cela était justifié par l'appréciation comparée des mérites de l'une et de l'autre. En l'espèce, il ne ressort pas des pièces du dossier, lesquelles font apparaître que la valeur professionnelle de Mme E était appréciée très positivement, que l'autorité administrative ait commis une erreur de fait ou une erreur manifeste d'appréciation en estimant que cette candidate devait bénéficier de l'inscription au tableau d'avancement à la hors classe pour l'année 2022 et que Mme B, nonobstant sa manière de servir également très satisfaisante, ne pouvait quant à elle y figurer dès lors que l'avancement à ce grade n'était ouvert que pour un seul agent.
6. En dernier lieu les éléments produits ne permettent pas d'établir que la requérante aurait fait l'objet de discrimination, pas plus qu'ils ne laissent présumer l'existence d'une situation de harcèlement moral dont elle aurait été victime. Le détournement de pouvoir allégué n'est pas non plus établi.
7. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée en toutes ses conclusions. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative au profit du CHU.
D E C I D E:
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions du CHU de La Réunion présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B et au CHU de La Réunion.
Délibéré après l'audience du 27 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Aebischer, président,
M. Monlaü, premier conseiller,
Mme Tomi, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 14 août 2024.
La rapporteure,
N. TOMI
Le président,
M.-A. AEBISCHER
La greffière,
S. LE CARDIET-BALOUKJY
La République mande et ordonne au préfet de La Réunion en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026