jeudi 26 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de La Réunion |
| Section | Tribunal Administratif de La Réunion |
| N° Dossier | TA101-2300313 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | LANDOT & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 28 février 2023 et 7 mai 2024, M. B A demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le président de la communauté d'agglomération du Sud (CASUD) a rejeté sa demande de versement de l'indemnité d'exercice de missions de préfecture (IEMP) et de l'indemnité d'administration et de technicité (IAT) reçue le 31 octobre 2022 ;
2°) d'enjoindre au président de la CASUD de lui verser l'IEMP au taux 3 et l'IAT au taux 8 à compter du 1er janvier 2018 dans un délai de 30 jours, sous astreinte de 200 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement ;
3°) de condamner la CASUD à lui verser la somme de 2 000 euros en réparation des troubles subis dans ses conditions d'existence résultant du refus de versement de ces indemnités.
Il soutient que :
- la requête est recevable ;
- exerçant ses fonctions de manière satisfaisante, il est en droit de prétendre à l'IEMP et à l'IAT prévues par les délibérations du conseil communautaire du 16 novembre 2006 et du 27 février 2009 sur la base des taux maximaux respectivement de 3 et 8 ;
- la décision attaquée est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
- l'illégalité de la décision attaquée lui a causé des troubles dans ses conditions d'existence.
Par un mémoire en défense enregistré le 22 septembre 2023, la CASUD, représentée par Me Landot, conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- les conclusions indemnitaires sont irrecevables en l'absence de demande préalable ;
- les moyens développés par le requérant à l'appui de ses conclusions à fin d'annulation et d'injonction ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
-le code général de la fonction publique ;
- la loi n°84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 97-1223 du 26 décembre 1997 ;
- le décret n° 2002-61 du 14 janvier 2002 ;
- le décret n° 2014-513 du 20 mai 2014 ;
- le décret n° 2017-829 du 5 mai 2017 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Tomi, première conseillère,
- les conclusions de M. Sauvageot, rapporteur public,
- les observations de Me Busto substituant Me Landot pour la CASUD, M. A n'étant pas présent.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, adjoint technique contractuel recruté par la communauté d'agglomération du Sud (CASUD) le 27 juin 2011, a été affecté en qualité de référent technique et administratif à la direction des transports le 15 mars 2013. Par un courrier du 22 septembre 2022 reçu le 31 octobre 2022, il a sollicité auprès de son employeur le bénéfice de l'indemnité d'exercice de missions de préfecture (IEMP) et de l'indemnité d'administration et de technicité (IAT). Par la présente requête, il demande au tribunal d'annuler la décision implicite de rejet de sa demande et d'enjoindre à la CASUD de lui verser ces indemnités sur la base des coefficients maximaux à compter du 1er janvier 2018 et de lui allouer la somme de 2 000 euros en réparation du préjudice subi.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne le droit à l'IEMP :
2. Aux termes de l'article 2 du décret n° 97-1223 du 26 décembre 1997 portant création d'une indemnité d'exercice de missions des préfectures (IEMP) : " Le montant de l'indemnité () est calculé par application à un montant de référence fixé par arrêté () d'un coefficient multiplicateur d'ajustement compris entre 0,8 et 3 ". Par ses délibérations des 16 novembre 2006 et 27 février 2009, prises sur le fondement de l'article 88 de la loi du 26 janvier 1984, le conseil communautaire de la communauté de communes du sud, à laquelle a succédé la CASUD, a rendu applicable l'IEMP à plusieurs catégories de fonctionnaires et agents non titulaires de la communauté, parmi lesquels les adjoints techniques, et a précisé que cette indemnité était modulable selon un coefficient compris entre 1 et 3 prenant en compte " la manière de servir de l'agent, appréciée notamment à travers la notation ou évaluation ", " la disponibilité et l'assiduité de l'agent ", " l'expérience professionnelle " ainsi que les fonctions, responsabilités et sujétions dévolues à l'agent.
3. Contrairement à ce que fait valoir la CASUD en défense, les dispositions des délibérations mentionnées ci-dessus relatives à l'IEMP ne sont pas devenues inapplicables du seul fait de l'entrée en vigueur du décret du 5 mai 2017 portant création au profit des fonctionnaires de l'Etat d'un " régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l'expertise et de l'engagement professionnel " (RIFSEEP), avec abrogation simultanée du décret du 26 décembre 1997 relatif à l'IEMP. En effet, il est constant que le nouveau régime indemnitaire ainsi institué n'avait pas encore, lors de la période litigieuse, été mis en œuvre par la CASUD au profit de ses agents dans le cadre d'une refonte de leurs régimes indemnitaires et que les délibérations des 16 novembre 2006 et 27 février 2009 n'ont pas été abrogées, leur application étant d'ailleurs maintenue de manière effective au bénéfice de certains agents.
4. Il ressort des pièces du dossier que M. A a fait l'objet d'une évaluation positive en 2021, l'appréciation littérale reportée sur le compte-rendu d'entretien le décrivant comme " un agent très sérieux, motivé qui maîtrise parfaitement ses missions ". Si, comme le fait observer la CASUD, il ne justifie pas d'évaluations de sa manière de servir pour les années 2018 à 2020, le requérant indique sans être contredit qu'il n'a fait l'objet d'aucun entretien d'évaluation au cours de cette période. En tout état de cause, la CASUD qui ne peut se prévaloir de sa propre carence, ne démontre pas qu'il aurait rempli ses fonctions de manière moins satisfaisante au cours de cette période, alors que sa dernière évaluation établie en 2024 confirme au contraire les appréciations favorables antérieures et mentionnent notamment que " ses compétences dépassent largement les exigences de son poste et lui permettent de viser une évolution () il est un pilier indispensable au sein de la direction des transports () ". Dans ces conditions, le refus d'attribution de l'IEMP au titre des services accomplis par l'intéressé depuis l'année 2018 est entaché d'erreur manifeste d'appréciation et doit être annulé pour ce motif.
En ce qui concerne le droit à l'IAT :
5. Aux termes de l'article 5 du décret du 14 janvier 2002 relatif à l'indemnité d'administration et de technicité (IAT) : " L'attribution individuelle de l'indemnité d'administration et de technicité est modulée pour tenir compte de la manière de servir de l'agent dans l'exercice de ses fonctions ". Par les délibérations susmentionnées des 16 novembre 2006 et 27 février 2009, l'IAT a été rendue applicable aux fonctionnaires et agents non titulaires de la communauté se rattachant à la filière technique et relevant de la catégorie C. Il a été précisé que l'IAT était modulable selon un coefficient compris entre 0 et 8, les critères de modulation étant les mêmes que ceux mis en œuvre pour l'IEMP.
6. Pour les mêmes raisons que celles exposées au point 4, il y a lieu de constater l'erreur manifeste d'appréciation commise par le président de la CASUD en refusant d'attribuer l'IAT à M. A au titre de l'exercice de ses fonctions depuis l'année 2018.
7. Il résulte de tout ce qui précède que M. A est fondé à demander l'annulation de la décision implicite, née le 31 décembre 2022, par laquelle le président de la CASUD lui a refusé le bénéfice de l'IEMP et de l'IAT à compter du 1er janvier 2018 jusqu'au 31 juillet 2021, correspondant à la mise en place du RIFSEEP au sein de la collectivité.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
8. Compte tenu de ces motifs, le présent jugement implique que la CASUD procède à un réexamen de la situation de M. A concernant les versements d'IEMP et d'IAT et la détermination du taux applicable, auxquels il peut prétendre à compter du 1er janvier 2018 jusqu'au 31 juillet 2021, date de mise en place du RIFSEEP. Il y a lieu d'enjoindre à la CASUD d'y procéder dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement, sans qu'il soit besoin de prononcer une astreinte. Eu égard à l'objet du litige, les conclusions tendant à ce que le tribunal enjoigne à la CASUD de verser ces indemnités aux coefficients maxima doivent, en revanche, être rejetées.
Sur les conclusions indemnitaires :
9. Si l'illégalité de la décision de refus de versement est constitutive d'une faute susceptible d'engager la responsabilité de la CASUD, M. A ne démontre pas la réalité des troubles qu'il aurait subis dans les conditions d'existence, qu'il allègue. Dès lors, sa demande indemnitaire ne peut qu'être rejetée, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir tirée de l'absence de demande préalable.
D E C I D E :
Article 1er : La décision implicite du 31 décembre 2022 par laquelle le président de la CASUD a refusé d'attribuer l'IEMP et l'IAT à M. A à compter du 1er janvier 2018 jusqu'au 31 juillet 2021 est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au président de la CASUD de réexaminer la situation de M. A s'agissant des versements d'IEMP et d'IAT auxquels il peut prétendre et de la fixation du taux applicable, à compter du 1er janvier 2018 et jusqu'au 31 juillet 2021, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la communauté d'agglomération du Sud (CASUD).
Délibéré après l'audience du 5 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Blin, présidente,
M. Monlaü, premier conseiller,
Mme Tomi, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 septembre 2024.
La rapporteure,
N. TOMI
La présidente,
A. BLIN La greffière,
S. LE CARDIET-BALOUKJY
La République mande et ordonne au préfet de La Réunion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026