jeudi 26 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de La Réunion |
| Section | Tribunal Administratif de La Réunion |
| N° Dossier | TA101-2300423 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | LAFAY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 21 mars 2023, M A, représenté par Me Betty Vaillant, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 17 février 2023, par lequel la présidente du conseil régional de La Réunion a rejeté sa demande de reconnaissance de l'imputabilité au service de la rechute survenue le 27 octobre 2021 de l'accident du 29 novembre 2017, et l'a placé en congé maladie ordinaire ;
2°) de juger que l'accident du 27 octobre 2021 est un nouvel accident de service ;
3°) de mettre à la charge du conseil régional la somme de 4 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté est entaché d'une erreur de droit en ce que l'accident du 27 octobre 2021 s'analyse en réalité comme un nouvel accident et non pas comme une rechute de l'accident survenu le 29 novembre 2017 ;
- l'accident survenu pendant le service et sur le lieu de travail est présumé être un accident de service conformément à l'article L.822-18 du code général de la fonction publique.
Par un mémoire en défense enregistré le 16 mai 2024, la région Réunion, représentée par Me Lafay, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge de M. A de la somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la région n'a pas commis d'erreur de droit en refusant de considérer que l'accident était une rechute ;
- le requérant n'a pas fait de déclaration d'accident de service dans les formes prévues par l'article 37-2 du décret du 87-602 du 30 juillet 1987 ;
- il a commis une faute personnelle exclusive de la présomption d'imputabilité au service de l'accident subi ;
- il n'appartient pas au juge administratif de se substituer à l'administration pour reconnaître le caractère d'accident imputable au service.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le décret n° 87-602 du 30 juillet 1987 ;
- le décret n° 2019-301 du 10 avril 2019 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Tomi, première conseillère,
- les conclusions de M. Sauvageot, rapporteur public,
- les parties n'étant ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Le 27 octobre 2021, M. A, adjoint technique affecté à l'établissement public local d'enseignement et de formation professionnelle agricole de saint-Joseph, a ressenti une vive douleur aux cervicales alors qu'il franchissait un ralentisseur, dans l'enceinte de l'établissement. Le 28 octobre suivant, il a adressé à l'administration un formulaire de déclaration supportant une mention manuscrite " rechute ", assorti d'un certificat médical d'arrêt de travail sur lequel la case " rechute " était cochée et faisant référence à un accident initial survenu le 29 novembre 2017. Par arrêté du 17 février 2023, la présidente du conseil régional de La Réunion a refusé de reconnaître cet évènement comme un accident imputable au service. M. A demande au tribunal d'annuler cette décision et d'enjoindre à la région de reconnaître l'imputabilité des lésions subies au service.
Sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 17 février 2023 :
2. D'une part, aux termes de l'article L. 822-21 du code général de la fonction publique : " le fonctionnaire en activité a droit à un congé pour invalidité temporaire imputable au service lorsque son incapacité temporaire de travail est consécutive à : () un accident reconnu imputable au service tel qu'il est défini () à l'article L.822-19 () ". Aux termes de l'article L .822-19 du même code : " Est reconnu imputable au service, lorsque le fonctionnaire ou ses ayants droit en apportent la preuve ou lorsque l'enquête permet à l'autorité administrative de disposer des éléments suffisants, l'accident de trajet dont est victime le fonctionnaire qui se produit sur le parcours habituel entre le lieu où s'accomplit son service et sa résidence ou son lieu de restauration et pendant la durée normale pour l'effectuer, sauf si un fait personnel du fonctionnaire ou toute autre circonstance particulière étrangère notamment aux nécessités de la vie courante est de nature à détacher l'accident du service ".
3. D'autre part, aux termes de l'article 37-2 du décret du 30 juillet 1987 relatif à l'organisation des conseils médicaux, aux conditions d'aptitude physique et au régime des congés de maladie des fonctionnaires territoriaux : " Pour obtenir un congé pour invalidité temporaire imputable au service, le fonctionnaire () adresse par tout moyen à l'autorité territoriale une déclaration d'accident de service, d'accident de trajet ou de maladie professionnelle accompagnée des pièces nécessaires pour établir ses droits. / La déclaration comporte : / 1° Un formulaire précisant les circonstances de l'accident ou de la maladie. Ce formulaire est transmis par l'autorité territoriale à l'agent qui en fait la demande, dans un délai de quarante-huit heures suivant celle-ci () / 2° Un certificat médical indiquant la nature et le siège des lésions résultant de l'accident ou de la maladie ainsi que, le cas échéant, la durée probable de l'incapacité de travail en découlant ". L'article 37-3 de ce décret prévoit que : " I. - La déclaration d'accident de service ou de trajet est adressée à l'autorité territoriale dans le délai de quinze jours à compter de la date de l'accident () ". Aux termes de l'article 37-17 du même décret : " Toute modification de l'état de santé du fonctionnaire constatée médicalement postérieurement à la date de guérison apparente ou de consolidation de la blessure qui nécessite un traitement médical peut donner lieu à un nouveau congé pour invalidité temporaire imputable au service. La rechute est déclarée dans le délai d'un mois à compter de sa constatation médicale. La déclaration est transmise dans les formes prévues à l'article 37-2 à l'autorité territoriale dont relève le fonctionnaire à la date de cette déclaration. L'autorité territoriale apprécie la demande de l'agent dans les conditions prévues au présent titre ". La rechute d'un accident de service se caractérise par la récidive ou l'aggravation subite et naturelle de l'affection initiale après sa consolidation sans intervention extérieure.
4. Il ressort des pièces du dossier, notamment du rapport d'expertise établi le 24 août 2022 par le docteur B, dont les conclusions ont été suivies par le comité médical pour émettre un avis défavorable à la reconnaissance de l'imputabilité au service de l'accident présenté comme une rechute de l'accident survenu le 29 novembre 2017, que les lésions déclarées par le requérant ne présentent pas de lien direct avec l'accident initial. Si le requérant ne conteste pas en définitive l'absence de caractérisation d'une rechute pour se prévaloir de l'existence d'un " nouvel accident imputable au service ", il ne ressort d'aucune pièce du dossier qu'il aurait formalisé auprès de son employeur une déclaration à ce titre conformément aux dispositions de l'article 37-2 du décret du 30 juillet 1987 précité. Dans ces circonstances, c'est sans commettre d'erreur de droit, ni d'appréciation que la présidente du conseil régional a refusé de reconnaître l'imputabilité de l'accident litigieux au service et placé M. A en congé maladie ordinaire.
5. Il résulte de ce qui précède M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 17 février 2023 par lequel la présidente du conseil régional a refusé de reconnaître l'accident survenu le 28 octobre 2021 imputable au service. Il y a lieu, par voie de conséquence, de rejeter ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
6. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. A la somme que demande la région Réunion au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Par ailleurs, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la région Réunion, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que M. A demande au titre des mêmes frais exposés par lui.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la région Réunion au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et à la région Réunion.
Délibéré après l'audience du 5 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Blin, présidente,
M. Monlaü, premier conseiller,
Mme Tomi, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 septembre 2024.
La rapporteure,
N. TOMI
La présidente,
A. BLIN
La greffière,
S. LE CARDIET-BALOUKJY
La République mande et ordonne au préfet de la Réunion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026