jeudi 6 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de La Réunion |
| Section | Tribunal Administratif de La Réunion |
| N° Dossier | TA101-2300453 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | PARAVEMAN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 28 mars 2023, Mme B A, représentée par Me Enard-Bazire, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite du centre hospitalier universitaire de la Réunion (CHU) portant refus de reclassement dans le corps des aides-soignants de catégorie B, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux du 26 janvier 2023 ;
2°) d'enjoindre au CHU de La Réunion de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement ;
3°) de mettre à la charge du CHU de La Réunion une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'emploi de socio-esthéticienne correspond à un diplôme de niveau IV reconnu par le répertoire des métiers comme relevant du corps des aides-soignants de catégorie B ;
- la décision n'est pas motivée au regard des dispositions de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elle méconnaît le principe d'égalité de traitement.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 décembre 2024, le centre hospitalier universitaire de La Réunion (CHU), représenté par Me Paraveman, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la requête est irrecevable en raison de son caractère tardif dès lors que la requérante indique avoir présenté sa demande initiale le 22 juin 2022 et qu'elle n'a exercé de recours gracieux que le 26 janvier 2023 ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 10 décembre 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 3 janvier 2025.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code de la santé publique ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le décret n° 2007-1188 du 3 août 2007 ;
- le décret n° 2021-1257 du 29 septembre 2021 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Tomi,
- les conclusions de M. Sauvageot, rapporteur public
- et les observations de Me Paraveman pour le CHU de la Réunion, Mme A n'étant ni présente ni représentée.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A a été recrutée en 2010 en qualité d'agent des services hospitaliers qualifié, en vertu d'un contrat qui a été renouvelé régulièrement jusqu'à sa nomination comme stagiaire le 1er octobre 2014 suivie de sa titularisation le 1er octobre 2015 dans ce corps de catégorie C de la fonction publique hospitalière. A la suite de la création du corps des aides- soignants, relevant de la catégorie B, une demande assortie d'un avis favorable a été adressée le 24 juin 2022 à la direction des ressources humaines par le cadre de santé du service dans lequel elle était affectée. Puis par un courrier du 26 janvier 2023, adressé au directeur général du CHU, la requérante a demandé la communication des motifs de la décision implicite de refus du reclassement et a réitéré sa demande de reclassement. Par la présente requête, elle doit être regardée comme demandant l'annulation de la décision implicite par laquelle le CHU a rejeté cette dernière demande.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / () / 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir ; () ". Aux termes de l'article L. 211-5 de ce code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ".
3. En l'espèce, dans la mesure où la demande formulée le 24 juin 2022 auprès des services de la direction des ressources humaines de l'établissement émanait du cadre de santé du service d'affectation de la requérante, le silence gardé par le CHU ne peut s'analyser comme une décision de rejet implicite. Il ressort en effet des pièces du dossier que Mme A n'a personnellement et expressément demandé le bénéfice d'un reclassement dans le corps des aides-soignants que le 26 janvier 2023, par l'intermédiaire de son conseil. Si le silence gardé par le CHU pendant le délai de deux mois s'interprète comme une décision implicite de rejet, une telle décision n'entre cependant pas dans le champ de la définition de celles mentionnées au 6° de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration. Par suite, le moyen tiré de l'absence de motivation se rapportant à la demande du 24 juin 2022 doit être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes du premier alinéa de l'article L. 411-2 du code général de la fonction publique : " Les corps et cadres d'emplois de fonctionnaires sont répartis en trois catégories désignées, dans l'ordre hiérarchique décroissant, par les lettres A, B et C. Ils sont régis par des statuts particuliers à caractère national, qui fixent le classement de chaque corps ou cadre d'emplois dans l'une de ces catégories () ". D'une part, aux termes de l'article 1er du décret du 29 septembre 2021 portant statut particulier du corps des aides-soignants et des auxiliaires du puériculture de la fonction publique hospitalière : " Le corps des aides-soignants et des auxiliaires de puériculture est classé dans la catégorie B prévue à l'article 13 de la loi du 13 juillet 1983 susvisée () ". L'article 4 de ce décret dispose que : " Les aides- soignants et les auxiliaires de puériculture sont recrutés par la voie d'un concours sur titres ouvert, dans chaque établissement, aux candidats titulaires de l'un des diplômes mentionnés aux article L4391-1 et L4392-1 du code de la santé publique ". Aux termes de l'article 20 du même décret : " I. - Au 1er octobre 2021, les fonctionnaires relevant du corps régi par le décret n° 2007-1188 du 3 août 2007 susvisé et exerçant des fonctions d'aide-soignant ou d'auxiliaire de puériculture sont intégrés et reclassés dans le corps des aides-soignants et des auxiliaires de puériculture de la fonction publique hospitalière () ". D'autre part, aux termes de l'article 5 du décret du 24 décembre 2021 portant statut particulier du corps des accompagnants éducatifs et sociaux et du corps des agents des services hospitaliers qualifiés de la fonction publique hospitalière : " Les agents des services hospitaliers qualifiés sont chargés de l'entretien et de l'hygiène des locaux de soins et participent aux tâches permettant d'assurer le confort des malades. Ils effectuent également les travaux que nécessite la prophylaxie des maladies contagieuses et assurent la désinfection des locaux, des vêtements et du matériel. ".
5. Si Mme A soutient que le diplôme de socio-esthéticienne dont elle est titulaire depuis 2010 correspondrait à un diplôme de niveau IV selon la nomenclature établie par le répertoire des métiers, ce document qui ne revêt pas de caractère impératif et se borne à mentionner au titre de " correspondances statuaires éventuelles : corps des aides-soignants ", s'analyse seulement comme un outil de gestion prévisionnelle des emplois recensant les diverses professions pouvant être exercées à l'hôpital et en EHPAD et constituant ainsi un référentiel des métiers regroupés en familles de métiers. Or, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'elle serait détentrice du diplôme d'aide-soignant, ni du certificat d'aptitude aux fonctions d'aide-soignant, ni du diplôme professionnel d'aide-soignant, au sens des dispositions de l'article L. 4391-1 du code de la santé publique, visé à l'article 4 du décret du 29 septembre 2021 cité au point 4, ni que sa qualification de socio-esthéticienne, lui ouvrirait droit, en vertu d'une équivalence de titre de formation, à l'exercice des fonctions d'aide-soignant au sens des dispositions de l'article L. 4391-2 visé par l'article 4 du décret précité. Dans ces conditions, c'est sans commettre d'erreur de droit que le directeur général du CHU de La Réunion, qui n'a pas davantage méconnu le principe d'égalité de traitement, a rejeté sa demande tendant à être intégrée dans le corps de catégorie B.
6. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, les conclusions à fin d'annulation de la décision implicite de rejet de la demande de Mme A du 26 avril 2023 ainsi que les conclusions aux fins d'injonction qui en sont l'accessoire, doivent être rejetées.
Sur les frais liés aux litiges :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions présentées par Mme A au titre des frais liés au litige.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au centre hospitalier universitaire de La Réunion.
Délibéré après l'audience du 23 janvier 2025, à laquelle siégeaient :
M. Sorin, président,
M. Monlaü, premier conseiller,
Mme Tomi, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 février 2025.
La rapporteure,
N. TOMI
Le président,
T. SORIN
La greffière,
S. LE CARDIET
La République mande et ordonne au préfet de La Réunion, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026