mardi 16 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de La Réunion |
| Section | Tribunal Administratif de La Réunion |
| N° Dossier | TA101-2300464 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | R222-13 (JU 2) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 29 mars 2023 et un mémoire enregistré le 9 novembre 2023, M. B C conteste la décision du président du conseil départemental de La Réunion du 30 janvier 2023 confirmant le refus de lui accorder la carte mobilité inclusion stationnement.
Il soutient que :
- il n'a jamais été reçu ni convoqué avant la prise de décision ;
- son état de santé dégradé justifie la délivrance de la carte de stationnement.
Par un mémoire en défense enregistré le 4 juillet 2023, le département de La Réunion conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la convocation de l'intéressé est, selon les dispositions applicables, facultative ;
- l'avantage sollicité a été refusé à bon droit.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu la décision du président du tribunal désignant M. Aebischer, vice-président, pour statuer sur les litiges mentionnés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- l'arrêté ministériel du 3 janvier 2017 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Aebischer, magistrat désigné ;
- les observations de M. C, requérant ;
- les observations de Mme D, représentant le département de La Réunion.
Considérant ce qui suit :
1. Il résulte des dispositions des articles L. 241-3, 3° et R. 241-12-1, IV du code de l'action sociale et des familles (A) que la carte " mobilité inclusion " avec mention " stationnement pour personnes handicapées " est délivrée aux personnes atteintes d'un handicap qui réduit de manière importante et durable leur capacité et leur autonomie de déplacement à pied. Il résulte de l'arrêté ministériel du 3 janvier 2017 pris pour l'application des dispositions susmentionnées que le critère de la réduction importante de la capacité et de l'autonomie de déplacement à pied est rempli dans le cas d'une personne ayant un " périmètre de marche limité et inférieur à 200 mètres ".
2. En premier lieu, il résulte des dispositions de l'article R. 241-12-1 du A que le demandeur peut être convoqué par la MDPH afin que soit évaluée sa capacité de déplacement, mais que cette convocation constitue une simple faculté pour l'équipe pluridisciplinaire en charge de l'instruction de la demande. Dès lors, la circonstance que M. C n'ait " jamais été reçu ou convoqué par les référents médicaux de la MDPH " n'est pas constitutive d'une irrégularité.
3. En second lieu, M. C se prévaut, pour contester les décisions de refus dont il a fait l'objet depuis 2022, et en dernier lieu le 30 janvier 2023, de plusieurs documents médicaux attestant de la gravité de la pathologie dont il est atteint, à savoir la maladie de Crohn, qui justifie un traitement médical spécifique, notamment à travers un protocole expérimental suivi à l'hôpital Nord de Marseille, et qui est de nature à altérer son aptitude à se déplacer. Cependant, les pièces médicales ainsi soumises au tribunal ne permettent pas d'établir l'existence d'un périmètre de marche qui serait réellement inférieur à 200 mètres. Plus généralement, il n'est pas démontré que le handicap invoqué puisse se rattacher aux conditions posées par les textes relatifs à la délivrance de la carte dite de stationnement. Dès lors, c'est à bon droit que, par ses décisions successives s'appuyant sur les conclusions du médecin de l'équipe pluridisciplinaire de la MDPH, l'autorité administrative a considéré que la situation de M. C ne permettait pas la délivrance de la carte de stationnement.
4. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. C doit être rejetée.
DECIDE :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et au département de La Réunion.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 juillet 2024.
Le magistrat désigné,
M.-A. AEBISCHER
Le greffier,
F. IDMONTLa République mande et ordonne au préfet de La Réunion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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