jeudi 20 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de La Réunion |
| Section | Tribunal Administratif de La Réunion |
| N° Dossier | TA101-2300494 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | PARAVEMAN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 7 avril 2023 et 28 février 2024, Mme B A, représentée par Me Antoine, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 6 février 2023 par laquelle le centre hospitalier universitaire de La Réunion (CHU) a rejeté sa demande du 29 janvier 2023 de promotion avant départ à la retraite ;
2°) d'enjoindre au CHU de produire les preuves de ce qu'il lui a assuré un déroulement de carrière normal ;
3°) de condamner le CHU à lui verser une indemnité correspondante aux sommes dont elle a été privée au cours de sa carrière et au titre de sa retraite ;
4°) de mettre à la charge du CHU la somme de 3000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le contentieux a été lié par une réclamation préalable du 22 février 2024 ;
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un vice de procédure dès lors qu'elle n'a pas pu faire valoir ses observations avant l'intervention de la décision du 6 février 2023 ;
- elle est entachée d'un second vice de procédure lié au fait que sa notation de l'année 2018 lui a été attribuée sans entretien avec le notateur et par reconduction automatique de la notation de l'année précédente et qu'elle n'a pas fait l'objet d'une notation en 2016 et en 2019 ;
- elle est entachée d'erreur de droit dès lors que la notation de l'année 2019 est intervenue en méconnaissance des dispositions de l'article 65 de la loi du 9 janvier 1986 relatif à l'obligation de suivi d'un entretien professionnel annuel alors qu'elle a été suffisamment présente au cours de l'année 2019 en dépit de périodes d'absences liées à son état de santé ;
- l'absence de notation en 2019 révèle une situation de discrimination liée à son état de santé dès lors qu'il n'a pas été tenu compte de ses congés en raison de sa maladie professionnelle pour l'avancement de sa carrière ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation dès lors que des agents arrivés bien après elle dans le service, ont été promus au grade d'ouvrier principal de première classe, alors qu'elle a fait l'objet de la part de ses supérieurs hiérarchiques, à de multiples reprises, de proposition de promotion ;
- le CHU a commis une faute de nature à engager sa responsabilité en ne procédant pas à sa notation en 2019, ce qui l'a privée du bénéficie d'un déroulement normal de carrière et d'une juste retraite ;
- le préjudice de carrière se calcule par rapport à la valeur du point d'indice en 2017 dès lors qu'elle aurait dû bénéficier d'une promotion de grade dès l'année 2017.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 aout 2023, le CHU de La Réunion, représenté par Me Paraveman, conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- en l'absence de demande préalable, les conclusions indemnitaires sont irrecevables ;
- sont également irrecevables les conclusions dirigées contre une décision refusant, à titre gracieux, de lui faire bénéficier d'un avancement indépendamment du tableau d'avancement.
- les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés ;
Par une ordonnance du 1er mars 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 2 avril 2024.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Monlaü, premier conseiller,
- les conclusions de M. Sauvageot, rapporteur public,
- et les observations de Me Paraveman pour le CHU de La Réunion.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A a été recrutée en 1992, a acquis la qualité d'ouvrier professionnel à compter du 1er juillet 1996 et a été nommée ouvrière principale de deuxième classe avec effet au 1er janvier 2017. A la suite de l'établissement du tableau d'avancement au grade d'ouvrière principale de première classe au titre de l'année 2022, Mme A qui n'a pas été inscrite sur ce tableau a, sans contester le tableau d'avancement de 2022, formé par courrier du 29 janvier 2023, une demande de promotion avant son départ à la retraite qui a été rejetée par un courrier du CHU du 6 février 2023. Par sa requête, Mme A demande l'annulation du refus opposé par le CHU à sa demande de promotion et sa condamnation au paiement d'une indemnité destinée à réparer le préjudice financier subi par une absence de promotion.
Sur les conclusions à fin d'annulation ;
2. Les décisions prises dans le cadre de la juridiction gracieuse sont susceptibles d'être attaquées par la voie du recours pour excès de pouvoir devant le juge administratif qui est compétent pour en connaître. Elles ne peuvent être annulées que si elles sont entachées d'une erreur de droit, d'une erreur de fait, d'une erreur manifeste d'appréciation ou d'un détournement de pouvoir. En revanche, le moyen tiré de l'absence de motivation de la décision de rejet d'une demande gracieuse et les moyens tirés des vices de procédure dont serait entachée cette décision sont inopérants et doivent être écartés.
3. Mme A conteste la décision du 6 février 2023 au motif que la notation de l'année 2019 serait intervenue en méconnaissance des dispositions de l'article 65 de la loi du 9 janvier 1986 relatif à l'obligation de suivi d'un entretien professionnel annuel alors qu'elle a été suffisamment présente au cours de l'année 2019 en dépit de périodes d'absences liées à son état de santé. Toutefois, il ne résulte pas des motifs de la décision attaquée que celle-ci procéderait à une appréciation de sa valeur professionnelle, laquelle a été examinée lors de l'élaboration du tableau d'avancement de l'année 2022 qui est devenu définitif. Par suite, le moyen soulevé par la requérante doit être écarté.
4. A l'appui de ses conclusions, Mme A soutient qu'elle a fait l'objet d'un traitement discriminatoire en raison de son état de santé, et de ce qu'il n'a pas été tenu compte de ses congés. Toutefois, la décision attaquée repose sur des éléments objectifs, tenant notamment à ce que son dossier n'avait pas pu être retenu au titre de l'année 2022 pour une promotion de grade, qui sont étrangers à toute discrimination.
5. Enfin, pour les mêmes motifs que ceux évoqués au point 3, le moyen tiré de ce que la décision attaquée serait entachée d'erreur manifeste d'appréciation dès lors que des agents arrivés bien après elle dans le service, ont été promus au grade d'ouvrier principal de première classe, alors qu'elle a fait l'objet de la part de ses supérieurs hiérarchiques, à de multiples reprises, de proposition de promotion, est inopérant à l'égard de la décision du 6 février 2023 dont aucun motif ne procède d'une appréciation de ses mérites ou de sa valeur professionnelle.
6. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de statuer sur les fins de non-recevoir opposées en défense, les conclusions à fin d'annulation de la requête de Mme A doivent être rejetées, ainsi que par voie de conséquence ses conclusions à fin d'injonction.
Sur les conclusions indemnitaires :
7. Mme A sollicite le versement d'une indemnité correspondante aux sommes dont elle a été privée au cours de sa carrière et au titre de sa retraite à raison de l'illégalité de la décision du 6 février 2023. Toutefois, en l'absence d'illégalité de la décision du 6 février 2023, Mme A n'établit pas que le refus d'accéder à une demande gracieuse de promotion présenterait un caractère fautif et serait de nature à lui ouvrir un droit à indemnité.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la somme demandée par Mme A au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens soit mise à la charge du CHU de La Réunion, qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au centre hospitalier universitaire de La Réunion.
Délibéré après l'audience du 6 février 2025, à laquelle siégeaient :
Mme Blin, présidente,
M. Monlaü, premier conseiller,
Mme Tomi, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 février 2025.
Le rapporteur,
X. MONLAÜ
La présidente,
A. BLIN
La greffière,
S. LE CARDIET-BALOUKJY
La République mande et ordonne au préfet de La Réunion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026