vendredi 26 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de La Réunion |
| Section | Tribunal Administratif de La Réunion |
| N° Dossier | TA101-2300592 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 24 avril 2023, M. A B, représenté par Me Djafour, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler la décision verbale du 22 février 2023 refusant d'enregistrer sa demande de titre de séjour et de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour ;
3°) d'enjoindre au préfet de La Réunion d'enregistrer sa demande de titre de séjour et de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour, ou, à défaut, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, dans un délai de trois jours à compter de la décision à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros à verser à son conseil au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision litigieuse a été prise par une autorité incompétente ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle méconnaît l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 octobre 2023, le préfet de La Réunion conclut au non-lieu à statuer.
Il fait valoir que, postérieurement à l'enregistrement de la requête, il a examiné la situation de M. B sur le fondement des dispositions des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par une ordonnance du 5 octobre 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 20 octobre 2023.
Un mémoire a été enregistré le 11 janvier 2024 et n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Beddeleem, conseillère, a été entendu au cours de l'audience publique, les parties n'étant ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant sri-lankais né le 11 septembre 1992 au Sri-Lanka, est entré en France le 14 décembre 2018. A la suite du rejet de sa demande d'asile, par un arrêté du 7 décembre 2021, le préfet de La Réunion lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et lui a interdit le retour sur le territoire français pendant une durée de deux ans. Par une décision verbale du 22 février 2023, l'agent au guichet de la préfecture a refusé d'enregistrer sa demande de titre de séjour. Par un arrêté du 6 septembre 2023, le préfet de La Réunion a obligé M. B à quitter le territoire français. Par la présente requête, M. B demande l'annulation de la décision verbale du 22 février 2023 refusant d'enregistrer sa demande de titre de séjour.
Sur l'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président ".
3. En l'espèce, il y a lieu d'admettre, à titre provisoire, M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin de non-lieu à statuer :
4. Dans son arrêté du 6 septembre 2023, postérieur à l'enregistrement de la présente requête, le préfet de La Réunion a examiné si M. B pouvait prétendre à la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dans ces conditions, sa demande, qui tendait à l'enregistrement de sa demande de titre de séjour sur le fondement des articles L. 423-23 et L. 435-1, doit être regardée comme ayant été satisfaite. Dès lors, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation et d'injonction de la présente requête.
Sur les frais de justice :
5. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme demandée par M. B au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1 : M. B est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation et d'injonction de la requête de M. B.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Djafour et au préfet de La Réunion.
Délibéré après l'audience du 26 mars 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Bauzerand, président,
- M. Felsenheld, premier conseiller,
- Mme Beddeleem, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 avril 2024.
La rapporteure,
J. BEDDELEEM
Le président,
Ch. BAUZERANDLe greffier,
D. CAZANOVE
La République mande et ordonne au préfet de la Réunion ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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