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AccueilJurisprudence administrativeN° TA101-2300623

Tribunal Administratif de La Réunion — Décision N° TA101-2300623

jeudi 3 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de La Réunion
SectionTribunal Administratif de La Réunion
N° DossierTA101-2300623
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantRAMSAMY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 2 mai 2023 et 25 janvier 2024, Mme A D demande au tribunal d'annuler l'arrêté n°817 du 3 mars 2023 portant affectation à la sous-direction des ressources humaines-Groupement formation de Mme C B.

Elle soutient que :

- la production tardive du mémoire en défense au-delà du délai imparti par la mise en demeure ne permet pas de tenir compte de ce mémoire ;

- l'arrêté est illégal en raison de ce que l'irrégularité de la composition du conseil d'administration du SDIS fixée par une délibération du 6 juillet 2020 publiée le 23 juillet 2020 entraine l'illégalité de la nomination du président du SDIS et affecte par suite la légalité de la désignation de l'auteur de l'arrêté dont la délégation de signature est irrégulière ;

- l'arrêté est illégal du fait de l'illégalité des trois délibérations du 4 mars 2022, 20 octobre 2022 et 16 décembre 2022 relatives à la création d'une sous-direction des ressources humaines, à l'organisation de cette sous-direction et à la création, suppression et modification des emplois dont le nombre des administrateurs est de 14 et non de 15 comme exigé par le code général des collectivités territoriales et de l'illégalité de ces 3 délibérations compte tenu de l'incompétence de leur auteur résultant de son élection irrégulière ;

- les délibérations du 4 mars et 20 octobre 2022 de création et d'organisation d'une sous-direction des ressources humaines sont illégales dès lors qu'elles sont intervenues en l'absence de décrets d'application de la loi du 25 novembre 2021 ;

- la délibération du 20 octobre 2022 est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;

- la délibération du 16 décembre 2022 n'a pas procédé à la création d'un poste d'assistante de groupement de formation et elle est donc illégale ;

- l'arrêté est entaché d'un détournement de procédure, le SDIS ayant exclusivement réservé le poste vacant à un agent déjà en poste dans l'établissement ;

- l'annonce de la vacance de poste a été publiée postérieurement au recrutement de la personne retenue sur le poste.

Par un mémoire en défense enregistré le 21 février 2024, le service départemental d'incendie et de secours de La Réunion, représenté par Me Ramsamy, avocate, conclut à titre principal à l'irrecevabilité de la requête, à titre subsidiaire à son rejet et en outre à ce qu'il soit mis à la charge de la requérante la somme de 2779,75 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que :

- l'arrêté constitue une mesure d'ordre intérieur et ne fait donc pas grief ;

- la requérante ne justifie d'aucun intérêt à agir dès lors qu'en sa qualité de candidate externe, la requérante ne peut prétendre au poste litigieux qui concerne un avis de mutation d'un agent du SDIS ;

- les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés ;

- il est suggéré d'infliger à la requérante une amende pour recours abusif en application de l'article R. 741-12 du code de justice administrative.

Par une ordonnance du 27 juin 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 18 juillet 2024 à 12h.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Monlaü, premier conseiller,

- les conclusions de M. Sauvageot, rapporteur public,

- et les observations de Mme D et de Me Ramsamy pour le SDIS de La Réunion.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 3 mars 2023, le président du conseil d'administration du service départemental d'incendie et de secours (SDIS) de La Réunion a décidé d'affecter Mme C B, adjointe administrative principale de 1ere classe, à la sous-direction des ressources humaines-Groupement formation à compter du 1er mars 2023 sur l'emploi d'assistante de groupement. Par la présente requête, Mme D demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 3 mars 2023.

Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :

2. Le président du conseil d'administration du service départemental d'incendie et de secours (SDIS) de La Réunion a, par un arrêté du 3 mars 2023, décidé d'affecter Mme C B, adjointe administrative principale de 1ère classe, à la sous-direction des ressources humaines-Groupement formation à compter du 1er mars 2023, sur l'emploi d'assistante de groupement. Il ressort des pièces du dossier et notamment des motifs de l'arrêt de la cour d'appel de Saint-Denis du 20 juin 2020 que si Mme D, engagée par le SDIS sous contrat de droit privé du 1er mars 2015 au 28 octobre 2016, a été victime de discrimination et a obtenu une indemnité de 6000 euros à titre de dommages-intérêts, sa demande tendant à sa réintégration au sein des effectifs du SDIS a été rejetée. Par suite, alors même que par un arrêt du 18 janvier 2023 la Cour de cassation a partiellement cassé l'arrêt de la cour d'appel au motif qu'elle n'a pas statué sur la demande de nullité du licenciement de l'intéressée, Mme D, qui n'est pas un agent titulaire ou contractuel du SDIS, ne justifie dès lors pas d'un intérêt lui donnant qualité pour demander au juge de l'excès de pouvoir d'annuler la décision d'affectation d'un tiers qu'elle conteste. Par suite, la fin de non-recevoir opposée par le SDIS tirée du défaut d'intérêt de Mme D à contester la légalité de l'arrêté attaqué doit être accueillie.

3. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme D doit être rejetée.

Sur les frais liés au litige :

4. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge de Mme D la somme de 500 euros au titre des frais exposés par le SDIS et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme D est rejetée.

Article 2 : Mme D versera au service départemental d'incendie et de secours de La Réunion la somme de 500 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A D et au service départemental d'incendie et de secours de La Réunion.

Délibéré après l'audience du 19 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Blin, présidente,

M. Monlaü, premier conseiller,

Mme Tomi, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 octobre 2024.

Le rapporteur,

X. MONLAÜ

La présidente,

A. BLIN

Le greffier

F.IDMONT

La République mande et ordonne au préfet de La Réunion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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