jeudi 26 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de La Réunion |
| Section | Tribunal Administratif de La Réunion |
| N° Dossier | TA101-2300631 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | R222-13 (JU 2) |
| Avocat requérant | GAILLARD - SAUBERT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 2 mai 2023 et 26 juillet 2024, M. A B, représenté par Me Benoiton, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 27 février 2023 par laquelle le directeur du groupement d'intérêt public (GIP) centre sécurité requin (CSR) a prononcé à son encontre la sanction disciplinaire de blâme, ensemble la décision rejetant implicitement son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au GIP centre sécurité requin de retirer la sanction disciplinaire de son dossier administratif et disciplinaire ;
3°) de mettre à la charge du GIP centre sécurité une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle est entachée d'un vice de procédure dès lors qu'aucune enquête administrative n'a été diligentée ;
- il n'a commis aucune faute justifiant l'infliction d'un blâme de sorte que la décision est entachée d'erreur de fait ;
- la décision est intervenue en méconnaissance du principe d'impartialité ;
- elle est entachée d'un détournement de procédure.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 juillet 2023, le GIP centre sécurité requin, représenté par Me Saubert pour la SCP Gaillard-Saubert, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le décret n° 86-83 du 17 janvier 1986 relatif aux dispositions générales applicables aux agents contractuels de l'Etat ;
- le code de justice administrative.
En application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, le président du tribunal a désigné M. Monlaü, premier conseiller, pour statuer sur les litiges visés audit article.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Monlaü, premier conseiller,
- les conclusions de M. Sauvageot, rapporteur public,
- et les observations de Me Benoiton, pour M. B et Me Saubert pour le GIP centre sécurité requin.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, agent contractuel assurant les fonctions de coordinateur expertise scientifique au sein du groupement d'intérêt public centre sécurité requin depuis le 1er janvier 2021 demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 27 février 2023 par lequel le directeur du GIP centre sécurité requin a prononcé à son encontre, la sanction de blâme, ensemble la décision de rejet implicite de son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes des dispositions du 2° de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / () 2° Infligent une sanction ; () ". Et aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ". Enfin, aux termes de l'article 43-2 du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986 relatif aux dispositions générales applicables aux agents contractuels de l'Etat : " Les sanctions disciplinaires susceptibles d'être appliquées aux agents contractuels sont les suivantes : / () 2° Le blâme ; / () La décision prononçant une sanction disciplinaire doit être motivée ".
3. Il résulte de ces dispositions que l'autorité qui prononce une sanction disciplinaire a l'obligation de préciser elle-même, dans sa décision, les griefs qu'elle entend retenir à l'encontre de l'agent intéressé, de sorte que celui-ci puisse, à la seule lecture de la décision qui lui est notifiée, connaître les motifs de la sanction qui le frappe.
4. Il ressort des pièces du dossier que pour infliger à M. B, par l'arrêté attaqué du 27 février 2023, la sanction de blâme, le directeur du GIP CSR a pris en compte des faits de violences verbales et des menaces physiques, sans témoin, en relatant un incident avec un collègue de travail, sans toutefois explicitement relever à partir du dépôt de plainte du requérant auprès de la gendarmerie, d'agissements de l'intéressé qui seraient susceptibles de relever d'une faute disciplinaire. Cette sanction disciplinaire ne comporte par elle-même aucun exposé, même succinct, des faits reprochés à l'intéressé et retenus comme établis. Par suite et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, M. B est fondé à soutenir que la décision attaquée est insuffisamment motivée.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que M. B est fondé à demander l'annulation de la décision ayant infligé la sanction du blâme ainsi que l'annulation de la décision implicite de rejet de son recours gracieux.
6. Le présent jugement d'annulation implique nécessairement que la sanction soit retirée du dossier administratif du requérant. Aucun autre moyen d'annulation n'apparaît établi. Il y a lieu d'ordonner au directeur du GIP CSR de procéder à cet effacement du blâme dans le dossier de M. B.
7. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du GIP CSR une somme au titre des frais liés au litige.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du directeur du GIP CSR infligeant un blâme à M. B ainsi que la décision implicite de rejet de son recours gracieux sont annulées.
Article 2 : Il est enjoint au directeur du GIP CSR de retirer la mention du blâme dans le dossier administratif de M. B.
Article 3 : Le surplus de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au groupement d'intérêt public Centre sécurité requin (GIP CSR).
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 septembre 2024.
Le magistrat désignéLa greffière,
X. MONLAÜS. LE CARDIET-BALOUKJY
La République mande et ordonne au préfet de La Réunion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026