jeudi 3 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de La Réunion |
| Section | Tribunal Administratif de La Réunion |
| N° Dossier | TA101-2300703 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | CHARREL ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 25 mai 2023, M. B A, représenté par Me Dugoujon, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 30 janvier 2023 par laquelle le maire de Saint-Paul a refusé le renouvellement de son contrat de travail ;
2°) d'enjoindre à la commune de Saint-Paul de le réintégrer et de lui proposer un contrat à durée indéterminée dans un délai de dix jours à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Paul une somme de 3 000 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- comptabilisant plus de 6 ans d'ancienneté sur un emploi permanent au terme de son dernier contrat à durée déterminée, il aurait dû se voir proposer un contrat à durée indéterminée conformément à l'article L.332-10 du code général de la fonction publique ;
- son droit à bénéficier d'un contrat à durée indéterminée a été méconnu ;
- la décision de non renouvellement de son contrat de travail doit être annulée et il doit être réintégré au titre d'un contrat à durée indéterminée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 janvier 2024, la commune de Saint-Paul, représentée par la SELAS Charrel et associés, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de M. A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les conclusions à fin d'annulation sont irrecevables, faute de moyens tirés de l'illégalité de la décision attaquée ;
- la durée prise en compte pour le calcul de l'ancienneté de 6 ans est erronée dès lors que seule la période au cours de laquelle il a été recruté pour pallier la vacance temporaire d'un emploi permanent, soit à compter du 1er avril 2017, doit être prise en compte et qu'à la date de la décision, la durée de ses services était inférieure à 6 ans.
Par une ordonnance du 19 juin 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 19 juillet 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Tomi, première conseillère,
- les conclusions de M. Sauvageot, rapporteur public,
- et les observations de Me Dugoujon pour M. A,
- les observations de Me Garnier substituant Me Charrel pour la commune de Saint-Paul.
Considérant ce qui suit :
1. M. A a été initialement recruté par la commune de Saint-Paul en vertu d'un contrat unique d'insertion le 1er novembre 2015, avant d'être employé par cette collectivité comme adjoint technique à compter du 1er avril 2017 en vertu de contrats à durée déterminée successifs d'un an, dont le dernier est arrivé à échéance le 31 mars 2023. A la suite de la décision de la commune de Saint Paul du 30 janvier 2023 informant M. A de la fin de son contrat, sans possibilité de renouvellement, l'intéressé a formé un recours gracieux par courriers des 1er et 20 février 2023, restés sans réponse. Par la présente requête, M. A demande au tribunal d'annuler la décision de refus de renouvellement de son contrat et d'enjoindre à la commune de Saint-Paul de le réintégrer dans le cadre d'un contrat à durée indéterminée (CDI).
2. Aux termes de l'article L. 332-10 du code général de la fonction publique : " Tout contrat établi ou renouvelé pour pourvoir un emploi permanent en application de l'article L. 332-8 avec un agent contractuel territorial qui justifie d'une durée de services publics de six ans au moins sur des fonctions relevant de la même catégorie hiérarchique est conclu pour une durée indéterminée. Pour justifier de la durée de six ans prévue à l'alinéa précédent, l'agent contractuel concerné doit avoir accompli des services auprès de la même collectivité dans des emplois occupés en application de la présente sous-section ou de l'article L332-23 () A ce titre, sont pris en compte : 1° Les services accomplis au titre de l'article L. 452-44 s'ils l'ont été auprès de la collectivité ou de l'établissement ayant ensuite recruté l'intéressé par contrat ; 2o Les services accomplis à temps non complet et à temps partiel qui sont assimilés à des services accomplis à temps complet () ". Aux termes de l'article L. 332-9 de ce code : " Les agents contractuels recrutés en application de l'article L. 332-8 sont engagés par contrat à durée déterminée d'une durée maximale de trois ans. Le contrat est renouvelable dans la limite maximale de six ans. Au terme de cette durée, la reconduction ne peut avoir lieu que par décision expresse et pour une durée indéterminée ".
3. Un agent public qui a été recruté par un contrat à durée déterminée ne bénéficie d'aucun droit au renouvellement de son contrat. Si les dispositions précitées prévoient que, dans le cas où une collectivité décide de renouveler l'engagement d'un agent territorial recruté par contrat à durée déterminée sur un emploi permanent, l'agent est réengagé au titre d'un CDI s'il justifie d'une durée de services publics de six ans au moins auprès de la même collectivité, ces dispositions ne confèrent pas à l'agent la garantie de pouvoir prétendre à un CDI au seul motif qu'il a atteint la durée de services de six ans au terme de son dernier contrat à durée déterminée.
4. En l'espèce, M. A a été recruté par six contrats successifs d'une durée de un an, à compter du 1er avril 2017, soit au cours d'une période continue de six ans, à laquelle s'ajoute une période d'emploi antérieure, dans le cadre d'un premier contrat à durée déterminée de 1 mois, du 1er décembre au 31 décembre 2016 en raison d'un accroissement temporaire d'activité et d'un second contrat à durée déterminée conclu du 1er janvier 2017 au 31 mars 2017 pour pallier la vacance temporaire d'un emploi dans l'attente du recrutement d'un fonctionnaire. Toutefois, s'il totalisait ainsi une durée égale à 6 ans au moins, au sens des dispositions de l'article L.332-10 du code général de la fonction publique, il ressort des pièces du dossier que la commune avait décidé de ne pas renouveler son engagement au-delà de cette durée. Dans ces conditions, il n'est pas fondé à soutenir que cette dernière aurait méconnu les dispositions précitées du code général de la fonction publique en ne renouvelant pas son contrat.
5. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du maire de Saint-Paul du 30 janvier 2023 l'informant du non-renouvellement de son contrat à durée déterminée. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
6. Il n'y a pas lieu de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative au profit de M. A, partie perdante dans la présente instance. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge du requérant la somme que demande la commune de Saint-Paul au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M.B A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Saint-Paul présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la commune de Saint-Paul.
Copie en sera adressée au préfet de La Réunion.
Délibéré après l'audience du 19 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Blin, présidente,
M. Monlaü, premier conseiller,
Mme Tomi, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 octobre 2024.
La rapporteure,
N. TOMI
La présidente,
A. BLIN
Le greffier,
F. IDMONT
La République mande et ordonne au préfet de La Réunion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026