jeudi 22 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de La Réunion |
| Section | Tribunal Administratif de La Réunion |
| N° Dossier | TA101-2300801 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 18 juin 2023, M. et Mme B sollicite le juge des référés aux fins de contestation de la décision du conseil de classe prononçant le triplement de leur enfant C et de pouvoir leur permettre de déposer un dossier de recours devant la commission d'appel.
Ils soutiennent que :
- leur enfant a poursuivi sa scolarité sans bénéficier d'une aide appropriée notamment d'un projet PPRE ;
- le collège ne leur a pas accordé un entretien, ni permis de constituer un dossier devant la commission d'appel.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 511-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire () ". Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 dudit code : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. " et aux termes de l'article L. 521-3 : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". L'article L. 522-3 dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ". Enfin, selon l'article R. 522-1 du même code : " () / A peine d'irrecevabilité, les conclusions tendant à la suspension d'une décision administrative ou de certains de ses effets doivent être présentées par requête distincte de la requête à fin d'annulation ou de réformation et accompagnées d'une copie de cette dernière ".
2. Les demandes présentées devant le juge des référés statuant en urgence sont régies par les articles L. 521-1, L. 521-2 et L. 521-3 du code de justice administrative et sont instruites et jugées selon des règles différentes, suivant qu'elles s'appuient sur l'un ou l'autre de ces articles. Il appartient ainsi au requérant de préciser la procédure de référé sur le fondement de laquelle il présente sa requête sous peine d'irrecevabilité de la demande. Les époux B se sont bornés lors du dépôt de leur requête par le biais de l'application télérecours citoyen de cocher la case référé sans autre précision et indiquent en conclusion de leur requête qu'ils sollicitent le tribunal "examiner leur affaire et prendre toues mesures nécessaires pour garantir que notre demande de recours à la commission d'appel soit correctement traitée par le collège Levavasseur ", sans préciser les dispositions du code de justice administrative sur le fondement desquelles ils entendent présenter leur demande, notamment dans le corps de la requête. A cet égard, les intéressés ne demandent pas la suspension de l'exécution d'une décision administrative. En tout état de cause, à la date de la présente ordonnance, les intéressés n'ont pas introduit de requête au fond distincte de leur requête en référé. Ils ne se prévalent pas davantage d'une atteinte grave et manifestement illégale à une quelconque liberté fondamentale. Enfin, eu égard aux termes de leur requête, les requérants pourraient être regardé éventuellement comme demandant au juge des référés d'ordonner des mesures utiles sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative. Toutefois, à considérer que les époux B aient entendus présenter une demande tendant à ce que le tribunal leur permettent de présenter un dossier en commission départementale d'appel, outre qu'il n'appartient pas au tribunal de se prononcer sur les mérites d'un élève et de contrôler l'appréciation souveraine portée sur ces mérites par un conseil de classe, il revient aux parents qui sont en désaccord avec les propositions du conseil de classe de saisir la commission départementale d'appel en vertu des dispositions de l'article D. 331-35 du code de l'éducation, dans les termes et les délais ouverts par ces dispositions. Or, si les pièces dossier font ressortir que les parents du jeune C se sont opposés à la décision du conseil de classe, il ne résulte pas de l'instruction que les parents du jeune C aient expressément déposé un dossier devant la commission départementale d'appel.
3. Il résulte de ce qui précède qu'en l'état de l'instruction, que la requête époux B ne peut être que rejetée en toutes ses conclusions selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code précité.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de Mme et M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme D et M. A B.
Fait à Saint-Denis le 22 juin 2023.
Le président du tribunal,
Juge des référés
G. CORNEVAUXLa République mande et ordonne au préfet de La Réunion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
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